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Campus - DURABILITÉ

Les étudiants libanais s’engagent pour les Objectifs de développement durable de l’ONU

Trois équipes universitaires libanaises vont bénéficier d’une incubation chez Berytech pour développer des applications en lien avec les Objectifs de développement durable des Nations unies.

Les étudiants libanais s’engagent pour les Objectifs de développement durable de l’ONU

Les représentantes des équipes gagnantes. De gauche à droite : Sara el- Koussa (1er prix), Dima Ismail (2e prix) et Aseel Derbieh (3e prix). Photo GCNL

322 étudiants en provenance de plusieurs universités libanaises, l’Université américaine de Beyrouth (AUB), l’Université libano-américaine (LAU), l’Université internationale du Liban (LIU), l’Université Saint-Joseph (USJ), l’Université de Balamand (UOB) et l’Université moderne pour les affaires et la science (MUBS), ont participé à la première édition du programme SDG Brain Lab organisé par le réseau du Pacte mondial des Nations Unies au Liban (GCNL). Cet accélérateur d’une durée de 7 mois a pour objectif de donner aux jeunes libanais âgés de 18 à 24 ans les moyens de proposer des solutions entrepreneuriales innovantes pour contrer les défis sociaux, économiques et environnementaux les plus urgents, et devenir ainsi des acteurs de changement. « Si nous voulons que la future génération s’engage en faveur du développement durable, nous devons commencer à sensibiliser les jeunes sur ce sujet. L’idée de ce programme est de connecter les étudiants à l’écosystème et de les mettre en contact avec les acteurs majeurs de ce domaine », explique Deenah Fakhoury, directrice exécutive de GCNL. Et d’ajouter : « Par ailleurs, nous avons travaillé avec le secteur privé afin d’offrir des opportunités de stage aux étudiants. Nous avons également développé une ligue d’ambassadeurs afin qu’ils mettent en place des activités dans les universités. » Répartis en différents groupes, les participants à ce programme « ont identifié des problèmes en lien avec les Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU auxquels le Liban fait face et ont essayé d’y remédier en proposant des solutions digitales », explique Dima Ismail, l’une des participantes et cofondatrice de l’application Tarkiz. Durant ce processus, les jeunes ont été encadrés par 123 experts issus de différents secteurs. Au terme du programme, trois équipes participantes se sont distinguées, remportant des prix monétaires ainsi qu’un accompagnement chez Berytech pour le financement de leurs applications.

Relief365, une application pour les patients atteints de cancer

Unique en son genre dans la région, l’application Relief365 (Soulagement 365) a remporté le premier prix, récoltant une enveloppe de 5 000 dollars destinée à la faire passer de l’étape conceptuelle à sa concrétisation. Créée par Sara el-Koussa, Maissoun Kassem, John Chwah, Rosette Hasse, Rheya al-Feghali et Joy Khalil, cette application, qui porte sur l’ODD 3 (Bonne santé et bien-être), est facile à utiliser et inclusive. Elle permet aux patients souffrant d’un cancer de discuter à tout moment avec une infirmière spécialisée en oncologie ou d’autres professionnels de la santé et donc de mieux gérer leurs symptômes. Cette application, accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, permet également aux utilisateurs de trouver leurs médicaments et de les commander. « Ma mère est morte d’un cancer. Lorsqu’elle a été diagnostiquée, nous nous sommes sentis perdus, surtout au début : quoi faire face aux symptômes, quel médecin contacter, à quoi nous attendre... J’ai voulu faire quelque chose pour aider les gens qui passent par la même situation », confie Sara el-Koussa, l’une des cofondatrices. Sa coéquipière Maissoun Kassem indique : « Chacun d’entre nous connaît quelqu’un qui est passé par là. Selon un rapport de l’OMS datant de mars 2021, le Liban a connu 28 764 cas de cancer durant les 5 dernières années, dont 6 438 décès en 2020 uniquement. Beaucoup de gens vivent ces difficultés tous les jours. Notre application va leur permettre d’être assistés à n’importe quel moment, leur dire s’ils ont besoin d’hospitalisation ou non, leur proposer une liste de médecins disponibles qui répondent à leurs besoins et même leur fournir un support psychologique. »

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Tarkiz, une application pour les enfants souffrant de trouble déficit de l’attention

Le deuxième projet lauréat, intitulé Tarkiz (concentration) porte sur l’ODD 4 (Éducation de qualité). Les cofondatrices ont proposé une application conçue pour les enfants âgés de 4 à 9 ans atteints du trouble déficit de l’attention (ADHD). Elle vise à stimuler leur mémoire et à renforcer leurs compétences de concentration. L’équipe, formée de Niveen Younis, Dima Ismail, Sara Hdaife, Yasmine Seifeldine eissy, a choisi de travailler sur les enfants à besoins spécifiques afin de sensibiliser le public sur ce sujet. « J’avais une déficience auditive quand j’étais petite. Cela a causé mon exclusion de l’école. J’ai dû changer d’établissement scolaire pour me sentir mieux. Le système de soutien ainsi obtenu et le support de ma famille m’ont beaucoup aidée. La société exerce trop de pression sur les personnes ayant des besoins particuliers. Nous, nous voulons leur faire sentir qu’ils sont partout à leur place », confie Niveen Younis. « Notre application consiste en un accompagnement numérique scolaire et social aux enfants atteints de ADHD, à leurs parents et à la communauté scolaire », souligne Yasmine Seifeldine.Tarkiz comprend différents niveaux de difficulté. Les petits utilisateurs sont évalués à travers des jeux et reçoivent un badge après le passage de chaque niveau. « Ils vont jouer 10 mini-jeux qui renforcent la mémoire : se rappeler des formes, des couleurs et des objets par exemple. Après chaque niveau, les parents reçoivent une évaluation afin qu’ils puissent suivre le progrès de leur enfant », explique Dima Ismail. L’application comporte également un forum où les utilisateurs peuvent échanger et partager leurs expériences. Disponible en anglais et en arabe, Tarkiz comprend également des ressources téléchargeables gratuitement et qui peuvent être utilisées hors ligne vu les fréquentes coupures d’internet au Liban.

The future is female, pour promouvoir la santé sexuelle et reproductive des femmes

Le troisième prix a été décerné à Hiba Bahmad, Aseel Derbieh, Haïfa Jammaz, Reem Timani et Nancy Abou Ibrahim qui ont proposé The future is female (L’avenir est féminin), une application qui offre aux jeunes libanaises âgées de 14 à 18 ans un accès privé, abordable et anonyme à des informations, produits et services relatifs à la santé sexuelle et reproductive. « La santé sexuelle est un tabou dans notre société, alors que c’est important de mettre la lumière dessus. C’est un vrai besoin chez les jeunes », estime Aseel Derbieh. « L’internet n’est pas suffisant pour se renseigner et certaines jeunes femmes ne savent pas à qui s’adresser, surtout si elles ne sont pas mariées », indique quant à elle Hiba Bahmad. « Elles ne peuvent parfois même pas demander à leurs parents. » L’application met les utilisatrices en contact avec des spécialistes, des sages-femmes, des assistantes sociales, des gynécologues et des médecins, qu’elles pourront consulter d’une manière anonyme si elles le désirent. Les jeunes peuvent discuter par téléphonie, vidéo conférence ou alors par écrit en gardant l’anonymat. Elles peuvent également se faire livrer des produits des pharmacies en toute discrétion. « Nous allons organiser des groupes de discussion dans les campus pour demander aux jeunes femmes ce qu’elles attendraient d’une telle application, demander leur avis et faire en sorte qu’elles n’aient pas peur de la télécharger et de l’utiliser », ajoute Aseel Derbieh.

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