Un réseau vétuste et des tarifs datant des années 1990. Photo M. A.
Après avoir fait le point sur la situation du secteur de l’électricité vendredi, suite à une réunion consacrée justement à ce secteur, le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau Walid Fayad est revenu à la charge durant le week-end écoulé en accordant une interview à un média koweïtien. Il a ainsi précisé que le Premier ministre Nagib Mikati a déjà contacté le président de la Chambre Nabih Berry ainsi que le ministre sortant des Finances Youssef Khalil afin d’examiner une augmentation des tarifs de l’électricité. Celles-ci sont en effet figées depuis les années 1990 et ont été calculées en fonction d’un baril de pétrole à 20 dollars, alors que depuis quelques mois, il tourne autour des 100 dollars, constituant alors de grandes pertes pour Électricité du Liban.
Cette hausse des tarifs n’est pas uniquement nécessaire pour les finances de l’État, mais elle est également l’une des conditions préalables fixées par la Banque mondiale pour assurer le financement d’un approvisionnement du Liban en électricité en provenance de Jordanie et en gaz venant d’Égypte. Vendredi, le ministre avait précisé que l’augmentation des tarifs avait déjà été approuvée par EDL et le ministère de l’Énergie. La BM a également imposé une autre condition : le lancement des procédures de nomination de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité. La semaine dernière, Walid Fayad avait précisé avoir établi « une structure pour son organisation » et s’est déclaré « prêt à lancer le processus de candidature » pour en désigner les membres.
Dans son interview, le ministre a rappelé que le gouvernement est en discussions avec le Koweït pour importer du carburant de ce pays. C’est aussi le cas avec l’Algérie, et ces accords devraient ressembler à celui en vigueur avec l’Irak, qui a été renouvelé en août pour une année supplémentaire.
Tout comme vendredi, il a confirmé que les autorités s’apprêtaient à envoyer en Iran une délégation officielle composée entre autres de représentants du ministère de l’Énergie et d’EDL afin de mieux évaluer la possibilité que ce pays fasse un don de fuel au Liban, et les quantités et critères qui seraient envisagés. Il a de plus précisé qu’il s’était réuni avec l’ambassadeur d’Iran Mojtabaï Amani dans ce but.
En crise économique depuis trois ans, le Liban subit de plus des pénuries de courant, le pays n’étant plus en mesure d’assurer les liquidités nécessaires afin d’importer du carburant pour produire de l’électricité.




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18 h 35, le 12 septembre 2022