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Moyen-Orient - Éclairage

L’attaque israélienne a montré les limites du Jihad islamique à Gaza

La flambée de violence pourrait toutefois mener à une concurrence plus prononcée entre l’organisation pro-iranienne et le Hamas.

L’attaque israélienne a montré les limites du Jihad islamique à Gaza

Un combattant du Jihad islamique à Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 8 août 2022. Ibraheem Abu Mustafa/Reuters

La dernière flambée de violence qui a eu lieu la semaine dernière à Gaza entre Israël et le Jihad islamique n’augure rien de bon pour celui-ci, qui semble avoir reçu une raclée. Ce mouvement palestinien radical proche de l’Iran a d’abord perdu deux de ses principaux chefs militaires : Tayssir el-Jabiri, le commandant en chef pour le nord de Gaza, et Khaled Mansour, le chef des opérations militaires pour le sud du territoire, ont tous deux été éliminés par Israël lors des affrontements durant le week-end. Oded Basiok, le chef de la direction des opérations de l’armée israélienne, a ainsi estimé que « la haute direction de l’aile militaire du Jihad islamique à Gaza a été neutralisée ». L’État hébreu a par ailleurs arrêté près de 40 membres du mouvement en Cisjordanie.Au-delà des prises de position verbales qui soutiennent la cause palestinienne dans la région, seul Téhéran a explicitement annoncé son soutien indéfectible au mouvement radical. Le Jihad islamique est intimement lié à Téhéran, idéologiquement et financièrement.

« Il y a une relation organique entre le mouvement palestinien et la République islamique », estime Sakr Abou Fakher, chercheur au Centre d’études palestiniennes et au Centre arabe de recherche. Le général Hossein Salami, chef des gardiens de la révolution, l’armée idéologique iranienne, a ainsi affirmé que les Palestiniens n’étaient « pas seuls » dans leur lutte contre Israël, se référant indirectement à la position esseulée du Jihad islamique. Et c’est justement l’Iran qui semble être la véritable cible de cette flambée de violence. Israël affirme que les relations entre le groupe et Téhéran se sont renforcées ces dernières années. La République islamique est déjà bien établie aux frontières israéliennes, au Liban, en Syrie et même à Gaza. « Il y a cependant une peur réelle israélienne concernant une présence iranienne en Cisjordanie », estime M. Abou Fakher. Selon lui, « l’opération visait à couper l’herbe sous le pied des organisations soutenues par l’Iran en Cisjordanie occupée », où la frontière entre le territoire palestinien et l’État hébreu est poreuse. Bassam Saadi, responsable du Jihad islamique arrêté la semaine dernière, œuvrait d’arrache-pied en Cisjordanie sous les ordres de la direction du mouvement. « Le chef du jihad islamique (Ziad el-Nakhala) est à Téhéran au moment où nous parlons », a de ce fait relevé vendredi le Premier ministre israélien Yaïr Lapid, alors que son armée bombardait Gaza.

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Depuis fin mars, les forces de sécurité israéliennes mènent des opérations quasi quotidiennes en Cisjordanie à la suite d’une série d’attaques perpétrées par des Palestiniens et des Arabes israéliens en Israël et en Cisjordanie, dans lesquelles 19 personnes ont perdu la vie. La dernière poussée de violence a suivi l’arrestation par les forces de sécurité israéliennes de deux personnes suspectées d’activités terroristes à Jénine le lundi 1er août, dont Bassam Saadi. Le Jihad islamique a dénoncé une agression et annoncé une mobilisation générale. Mardi dernier, l’armée israélienne a ordonné la fermeture de plusieurs routes le long de la frontière avec la bande de Gaza, craignant des attaques depuis l’enclave, et le barrage d’Erez a été fermé. Le 5, l’armée israélienne a lancé une opération présentée comme « préventive ». Le conflit a fait au moins 44 morts et 360 blessés, dont près de la moitié sont des civils. De l’autre coté, trois personnes ont été blessées en Israël par les tirs de roquettes palestiniennes. L’escalade a toutefois été contenue, aucune des parties ne voulant qu’elle s’amplifie.

Capacités militaires réduites

La rapidité avec laquelle l’opération a été menée a par ailleurs mis la lumière sur les limites des capacités militaires du Jihad islamique en comparaison avec le Hamas. Lors du dernier conflit en 2021, celui-ci a lancé près de 4 000 missiles sur le territoire israélien en onze jours, contre 600 pour le Jihad islamique pendant trois jours le week-end dernier. « La dissuasion à travers les barrages de missiles a ainsi montré ses limites en général et donné un résultat médiocre avec le Jihad islamique », estime Sakr Abou Fakher. La plupart des roquettes ont été interceptées par le système de défense aérien « Dôme de fer », qui, selon l’armée israélienne, a détruit 97 % des engins tirés. « C’est l’efficacité des renseignements israéliens qui pose le plus de problèmes pour le Jihad.

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Les Israéliens ont prouvé qu’ils peuvent trouver et éliminer ceux qu’ils veulent », ajoute l’expert. L’élimination des deux chefs militaires est certes « un coup dur, mais comme c’est une organisation bien hiérarchisée, les remplaçants seront vite trouvés », poursuit-il. Cet épisode a montré que sur le plan militaire, le Hamas reste la force militaire la plus puissante à Gaza, qu’il contrôle depuis 2007. Le Jihad a démontré sa capacité d’agir de manière autonome sans l’autorisation de son grand frère, qui ne s’est pas joint aux combats. C’est une organisation strictement militaire qui n’a pas les mêmes calculs que les autres forces palestiniennes et qui n’est pas impliquée dans la vie politique. « Il ne s’intéresse pas aux syndicats ou aux élections estudiantines comme c’est le cas du Fateh ou du Hamas », indique M. Abou Fakher. Bien qu’embarrassé à plus d’un niveau, le Hamas a pourtant tenté de ne pas marginaliser le Jihad islamique. Les mouvements palestiniens ont réussi à garder un équilibre minimum entre eux sur la base d’une volonté de ne pas provoquer plus d’escalade. Toutefois, « il était évident que ce n’était pas le combat du Hamas. Une telle action déstabiliserait son pouvoir à Gaza, déjà abhorré à cause de la chape de plomb qu’il fait régner sur le territoire », précise l’expert. S’il paraît isolé sur le plan politique, le Jihad islamique pourrait marquer des points sur le plan populaire. À moyen terme, il pourrait créer une concurrence de plus en plus prononcée avec le mouvement radical qui contrôle Gaza, et c’est là le pari principal d’Israël : déstabiliser le Hamas dans son fief.


La dernière flambée de violence qui a eu lieu la semaine dernière à Gaza entre Israël et le Jihad islamique n’augure rien de bon pour celui-ci, qui semble avoir reçu une raclée. Ce mouvement palestinien radical proche de l’Iran a d’abord perdu deux de ses principaux chefs militaires : Tayssir el-Jabiri, le commandant en chef pour le nord de Gaza, et Khaled Mansour, le chef des...

commentaires (3)

"Le système de défense aérien « Dôme de fer », qui, selon l’armée israélienne, a détruit 97 % des engins tirés". Envoyez la vaseline, Hassouna en aura besoin pour ses missiles !!! Sont ouvertes les donations !!! « C’est l’efficacité des renseignements israéliens qui pose le plus de problèmes pour le Djihad". Idem pour le Hezbollah qui n’arrête pas de trouver dans ses rangs des espions a la solde d’Israël. Je lui souhaite bonne chance car si Israël reçoit le feu vert, Hassouna a intérêt a s’être préparé a fuir. Il l'est a coup sur puisqu'il fréquente le spécialiste en la matière Michel Aoun! Reste a savoir s'il le fera en pyjama ou, encore plus fort, en petite culotte.

Pierre Hadjigeorgiou

14 h 59, le 09 août 2022

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Commentaires (3)

  • "Le système de défense aérien « Dôme de fer », qui, selon l’armée israélienne, a détruit 97 % des engins tirés". Envoyez la vaseline, Hassouna en aura besoin pour ses missiles !!! Sont ouvertes les donations !!! « C’est l’efficacité des renseignements israéliens qui pose le plus de problèmes pour le Djihad". Idem pour le Hezbollah qui n’arrête pas de trouver dans ses rangs des espions a la solde d’Israël. Je lui souhaite bonne chance car si Israël reçoit le feu vert, Hassouna a intérêt a s’être préparé a fuir. Il l'est a coup sur puisqu'il fréquente le spécialiste en la matière Michel Aoun! Reste a savoir s'il le fera en pyjama ou, encore plus fort, en petite culotte.

    Pierre Hadjigeorgiou

    14 h 59, le 09 août 2022

  • En bref, ils les ont déboussolé puisqu'ils ont perdu les responsables du Nord et du Sud. Blagues a part si quelqu'un ne suis pas de prés les événements et veut apprendre de quoi il s'agit, a lire l'OLJ il perdrait la boule. Un article prétend qu’Israël a décapité le Jihad et l'a affaibli, de l'autre, Hassan Nasrallah déclare une victoire, je suppose divine de surcroît. Il est clair qu'il prend ses désirs pour réalités. Des fous furieux comme lui n'ont jamais rien apporté de bon. Une chose est sure, le temps des choses sérieuses se rapproche et je vois mal Hassouna échapper.

    Pierre Hadjigeorgiou

    14 h 27, le 09 août 2022

  • Les Israéliens ont prouvé qu’ils peuvent trouver et éliminer ceux qu’ils veulent », Si on comprend bien ils ne veulent pas éliminer celui qui est à leur portée et qui pointe le doigt en leur direction en leur rappelant ses 100000 mille combattants et les missiles qui vont avec? Ceci explique cela, il fait leur affaire en anéantissant notre pays sans grands frais, d’où son inaction tout en prétextant le contraire. Pas même un pétard mouillé n’a été envoyé par lui pour soutenir ses alliés tués et anéantis à Gaza. Est ce un aveu de sa qualité d’agent double comme son comportement le montre ou est ce qu’il sait de quoi il retourne si jamais il ose mettre ses menaces à exécution?

    Sissi zayyat

    11 h 09, le 09 août 2022

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