Le Palais de justice de Beyrouth. Photo d'archives ANI
Les magistrats ont finalement réagi à la polémique. "Il est impossible d'organiser le travail des juges et des employés du secteur judiciaire sans leur assurer un salaire adéquat", ont justifié le Conseil supérieur de la magistrature, le Conseil d’État et la Cour des comptes lundi, après une réévaluation du salaire des juges qui leur permet de retirer leur argent au taux de 8.000 livres libanaises pour un dollar contre 1.500 LL dans le reste du secteur public.
Le cabinet sortant du Premier ministre désigné Nagib Mikati a toutefois suspendu cette augmentation salariale lundi, soulignant "la nécessité de traiter à égalité les fonctionnaires".
Dans un communiqué conjoint, les trois organismes dénoncent la "dégradation" de leurs conditions de travail et affirment que "cette solution est provisoire", alors que la polémique enfle sur ce sujet au Liban. Depuis près d'un mois, les fonctionnaires sont en grève et certains protestent contre cette réévaluation du salaire des juges, qu'ils perçoivent comme une injustice. Certains médias avaient rapporté que les députés libanais bénéficiaient également d'une telle réévaluation de leur salaire, ce que le vice-président de la Chambre Élias Bou Saab a démenti lundi.
Effondrement des salaires et inaction des autorités
Après avoir rappelé que le pouvoir judiciaire est le troisième pouvoir consacré par la Constitution, le texte du CSM, du Conseil d’État et de la Cour des comptes ajoute que ce pouvoir "a continué d'exercer son travail en dépit des circonstances difficiles" que traverse le Liban.
"La monnaie nationale s'est effondrée, et avec elle le salaire des juges qui a atteint jusqu'à 5% de sa valeur environ", dénoncent les trois instances. Elles pointent du doigt également "le recul des aides hospitalières, médicales et éducatives" perçues par le corps judiciaire, ainsi que "la dégradation des conditions de travail au sein des palais de justice et des tribunaux, avec les coupures d'eau et d'électricité".
En cause également, "l'absence de toute prestation accordée par l'État aux juges", ainsi que l'inaction des pouvoirs Exécutif et Législatif pour "trouver de réelles solutions adaptées", dénoncent les trois organismes. "Il est impossible d'organiser le travail des juges et des employés du secteur judiciaire sans leur assurer un salaire adéquat", concluent-ils.
Même chose pour les députés ? "C'est faux", répond Bou Saab
Alors que des médias avaient récemment rapporté que les députés libanais bénéficiaient également d'une telle réévaluation de leur salaire, le vice-président du Parlement Élias Bou Saab a affirmé lundi que "les députés perçoivent leur salaire au taux de 1.500 livres pour un dollar, comme le reste des fonctionnaires".
"Nous avons entendu des informations selon lesquelles les députés percevraient leur salaire au même taux que les juges, ce qui est faux", a-t-il asséné après une réunion du bureau de la Chambre présidée par Nabih Berry, chef du Législatif. "Le Parlement est attaché à l'égalité" entre tous les fonctionnaires, a-t-il poursuivi, "à commencer par les députés" concernant toute réévaluation des appointements.
Sur ce sujet, le ministre de la Justice Henri Khoury avait affirmé à L'Orient-Le Jour il y a quelques jours que la polémique autour de ces rémunérations n'avait pas lieu d’être. Il avait estimé que "la remise à niveau des salaires est essentielle pour que les magistrats puissent continuer à rendre justice sans se soucier d’assurer leurs besoins les plus élémentaires".




On devrait changer le nom de ces institutions chères au cœur des libanais qui n’y croient plus et remplacer le mot palais en poulailler. Poulailler de justice, poulailler présidentiel etc… de qui on se moque? Nous n’avons plus de palais c’était à l’époque où des grands hommes les occupaient et non des mauviettes vendus.
11 h 07, le 19 juillet 2022