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Politique - Décryptage

La nouvelle équation de Nasrallah : les droits du Liban ou la guerre

Mercredi soir, le secrétaire général du Hezbollah a prononcé un discours d’une violence voulue, dont les échos sont parvenus jusqu’aux oreilles du président américain qui se trouvait à Jérusalem et du président russe qui s’apprête à se rendre à Téhéran. C’est d’ailleurs l’une des rares fois, pour ne pas dire la seule, où Hassan Nasrallah évoque aussi clairement la possibilité d’un affrontement militaire, tout en répétant à plusieurs reprises que ses propos ne s’inscrivent pas dans le cadre de la guerre psychologique qu’il mène généralement contre les Israéliens. Il a même estimé que l’on cherche actuellement à affamer les Libanais et à les faire s’entre-tuer pour un bout de pain. Mais « entre mourir de faim et mourir au combat », il a affirmé avoir choisi la seconde option. En disant cela, le leader chiite a l’air de certifier que le déclenchement d’une nouvelle guerre avec les Israéliens est pratiquement inéluctable tant que le plan d’affamer les Libanais se poursuivra. En même temps, le secrétaire général du Hezbollah a expliqué que la guerre, si elle est déclenchée, tournera à l’avantage du Liban car « la résistance a de nombreux éléments de force, et le Liban de l’été 2022 n’est pas celui de l’été 2006 », en référence au conflit militaire de 33 jours en juillet 2006. Ceux qui connaissent Hassan Nasrallah affirment que ce dernier n’aurait pas tenu de tels propos s’il ne s’était pas assuré auparavant que les forces du Hezbollah sont prêtes à mener la bataille et disposent de grands moyens. Pour ceux-là, l’objectif de l’envoi des trois drones le samedi 2 juillet dans le périmètre du champ gazier de Karish était de faire en sorte qu’ils soient interceptés pour provoquer une réaction de la part des Israéliens. Mais il s’agit de vieux modèles, selon les proches du parti, alors que le Hezbollah en possède d’autres bien plus performants.

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Le chef du parti chiite a donc été clair : le Hezbollah est prêt à mener la guerre en toute connaissance de cause. Il ne s’agit donc plus du contexte de juillet 2006, lorsque le 12 juillet ses combattants avaient capturé deux soldats israéliens pour pouvoir les échanger avec des prisonniers libanais et palestiniens dans les geôles israéliennes, et que l’opération avait dégénéré en guerre. Cette fois, c’est lui qui veut provoquer la guerre parce que, selon lui, « ceux qui affament le Liban ne lui laissent plus d’autre choix ». Il a même donné un délai de deux mois, jusqu’en septembre, lorsque, selon les déclarations officielles israéliennes, la nouvelle plateforme pétrolière et gazière proche de la zone contestée à Karish sera en mesure d’extraire le gaz qui sera vendu à l’Europe. Pour Hassan Nasrallah, l’équation est donc la suivante : d’ici à septembre, soit le Liban pourra lui aussi commencer à prospecter pour pouvoir extraire son gaz et son pétrole, soit les Israéliens seront empêchés de le faire par tous les moyens, y compris la guerre.

Depuis que le chef du Hezbollah a lancé cette équation, les réactions n’ont cessé de se multiplier, notamment dans les médias israéliens. Mais les avis sont partagés sur le fait de prévoir ou non une nouvelle guerre. De même, des voix palestiniennes, notamment du Hamas et du Jihad islamique, ont appuyé la position de leader pro-iranien, laissant entendre que ces organisations pourraient participer à toute guerre entre le Hezbollah et l’État hébreu.

Dans les milieux officiels libanais, la discrétion est de mise afin de maintenir le flou avant la visite annoncée avant la fin du mois du médiateur américain dans les négociations indirectes libano-israéliennes sur la frontière maritime, Amos Hochstein. Mais la tendance générale dans ces milieux est de croire que la guerre reste l’option ultime. Autrement dit, elle n’est pas inéluctable et il faudrait donner une chance aux négociations. En fait, le secrétaire général du Hezbollah a certes clairement évoqué la possibilité d’une guerre en affirmant qu’il s’agit d’une probabilité réaliste, mais en même temps, il a dépassé la question des lignes (1, 23 ou 29) qui font l’objet d’un grand débat au Liban, en lui préférant le concept de « droits ». Il faut donc, selon lui, que le Liban puisse profiter de ses droits dans les ressources maritimes, pour que les Israéliens puissent commencer à extraire le gaz de Karish. Dans l’optique libanaise, il s’agit d’une équation équitable dont la concrétisation n’est pas impossible dans le contexte actuel, et alors que le gaz est devenu un produit particulièrement demandé depuis la guerre en Ukraine et les difficultés d’obtenir le gaz russe. S’il est vrai que le gaz israélien, et celui du Moyen-Orient en général, ne suffit pas à lui seul à compenser l’absence de gaz russe en Europe, il reste important dans les circonstances actuelles. De plus, le calme dans la région est nécessaire pour pouvoir acheminer le gaz vers le Vieux Continent. Pour toutes ces raisons, le déclenchement d’une guerre peut avoir des répercussions dramatiques pour plusieurs parties.

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Hassan Nasrallah connaît parfaitement ces données, et selon des parties proches du Hezbollah, il a parlé en toute conscience des risques qu’il prend, mais il a en même temps ouvert la voie à une éventuelle entente équitable et profonde qui pourrait être le début d’une longue trêve dans la région. Il s’agit, selon ces mêmes parties, d’une chance réelle, car le monde, et le Liban en particulier, en a besoin. Puisque, selon le leader chiite, le pays n’a plus d’autre possibilité pour sortir de la terrible crise actuelle que d’exploiter ses ressources pétrolières et gazières. Même si le Liban est en retard dans ce domaine, le fait même que les compagnies commencent les travaux de prospection pourrait rétablir la confiance des investisseurs étrangers. Selon les parties proches du Hezbollah, en lançant ses menaces qui vont, comme il l’a dit, « au-delà, bien au-delà de Karish », Hassan Nasrallah a peut-être donné un coup de pouce aux négociations. Les deux prochains mois seront donc décisifs pour l’avenir du Liban.

Mercredi soir, le secrétaire général du Hezbollah a prononcé un discours d’une violence voulue, dont les échos sont parvenus jusqu’aux oreilles du président américain qui se trouvait à Jérusalem et du président russe qui s’apprête à se rendre à Téhéran. C’est d’ailleurs l’une des rares fois, pour ne pas dire la seule, où Hassan Nasrallah évoque aussi clairement la possibilité d’un affrontement militaire, tout en répétant à plusieurs reprises que ses propos ne s’inscrivent pas dans le cadre de la guerre psychologique qu’il mène généralement contre les Israéliens. Il a même estimé que l’on cherche actuellement à affamer les Libanais et à les faire s’entre-tuer pour un bout de pain. Mais « entre mourir de faim et mourir au combat », il a affirmé avoir choisi la seconde option....
commentaires (9)

Le Hezbollah sait très bien que les négociation vont aboutir et donc il n'aura plus raison d’être. Alors comme il l'a fait vers la fin des années 90, il prétend hausser le ton pour imposer par après ses armes en faisant croire au peuple que le résultat c'est grâce a ses menaces et sa prétendue force. De 82 a la fin des années 90, le Hezbollah n'a jamais tiré une seule cartouche vers Israël, il ne l'a fait que lorsque Israël a déclaré vouloir retirer ses troupes du Liban. Alors la couleuvre, du Goliath qui va enfin pourfendre David, qu'il l'a fasse avaler a d'autres. Si pour une raison ou pour une autre, les négociations foirent, ce sera a cause du Liban, vu qu'il n'a jamais soumis un dossier complet et n’arrête pas de changer sa position. Nous nous retrouverons avec le monde entier sur le dos et la destruction qui s'ensuivra sera dévastatrice pour le Pays et en particulier pour les Chiites puisque cette fois je vois mal les autres composantes du pays le soutenir dans cette folle démarche. Si les occidentaux ont besoin du gaz et du pétrole de la région, il faut aussi se dire que les capitaux investis sont colossaux pour laisser un neutron libre comme le Hezbollah les menacer pour un oui ou pour un non. Il y aura suffisamment de faucons, en occident, pour convaincre tout le monde de leur taper dessus et en finir. Le Hezbollah sent que la paix est proche et qu'a ce jour il n'a rien obtenu politiquement, bien au contraire. Pour lui une guerre c'est mieux que la potence.

Pierre Christo Hadjigeorgiou

09 h 58, le 18 juillet 2022

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Commentaires (9)

  • Le Hezbollah sait très bien que les négociation vont aboutir et donc il n'aura plus raison d’être. Alors comme il l'a fait vers la fin des années 90, il prétend hausser le ton pour imposer par après ses armes en faisant croire au peuple que le résultat c'est grâce a ses menaces et sa prétendue force. De 82 a la fin des années 90, le Hezbollah n'a jamais tiré une seule cartouche vers Israël, il ne l'a fait que lorsque Israël a déclaré vouloir retirer ses troupes du Liban. Alors la couleuvre, du Goliath qui va enfin pourfendre David, qu'il l'a fasse avaler a d'autres. Si pour une raison ou pour une autre, les négociations foirent, ce sera a cause du Liban, vu qu'il n'a jamais soumis un dossier complet et n’arrête pas de changer sa position. Nous nous retrouverons avec le monde entier sur le dos et la destruction qui s'ensuivra sera dévastatrice pour le Pays et en particulier pour les Chiites puisque cette fois je vois mal les autres composantes du pays le soutenir dans cette folle démarche. Si les occidentaux ont besoin du gaz et du pétrole de la région, il faut aussi se dire que les capitaux investis sont colossaux pour laisser un neutron libre comme le Hezbollah les menacer pour un oui ou pour un non. Il y aura suffisamment de faucons, en occident, pour convaincre tout le monde de leur taper dessus et en finir. Le Hezbollah sent que la paix est proche et qu'a ce jour il n'a rien obtenu politiquement, bien au contraire. Pour lui une guerre c'est mieux que la potence.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    09 h 58, le 18 juillet 2022

  • Quelle tristesse le Liban n’existe plus ??

    Eleni Caridopoulou

    18 h 51, le 16 juillet 2022

  • Qu'il nous foutte la paix et qu'il aille s'enterrer dans son terrier ... nous avons soupé de ses réthoriques à la con qui ne servent nullement l'intérêt des Libanais mais uniquement celle de ces chefs barbus...

    Zeidan

    12 h 58, le 16 juillet 2022

  • Dites, chère Madame, celui qui occupe constamment vos pensées de journaliste...depuis qu'il dirige son parti divin...ses membres, miliciens et autres moutons-suiveurs dociles...mangent-ils à leur faim, ont-ils l'électricité et l'eau chez eux ? Et les fusées et engins destructeurs qu'il possède par milliers et dont il se vante si souvent...nourrissent-ils ses partisans ? - Irène Saïd

    Irene Said

    11 h 39, le 16 juillet 2022

  • Il est quand même bizarre qu’un journal sérieux comme l’OLJ donne une tribune à Mme Haddad. Ses analyses sont partiales et acquises d’emblée au camp du président et de ses alliés, dont le parti de dieu. Essayer de rendre intelligibles et patriotiques les paroles d’un exilé sous-terre dont le parti viole impunément la souveraineté libanaise, qui essaye de mettre la justice à ses ordres, qui se proclame ouvertement aux ordres d’un pays mis au ban de la communauté internationale, dont le drapeau porte une kalashnikov comme symbole….. Mon fils de 14 ans a rapidement compris que toutes ces gesticulations étaient en réaction à la visite de Biden. Madame Haddad, essaye de trouver des justifications et une logique là où il n’y en a pas, au lieu, en vraie journaliste, de prendre du recul et de questionner les motivations de nos leaders, de les soumettre à la contradiction et de toujours mettre la vérité au dessus de tout. Que fait-elle encore à l’OLJ? Est-ce le prix à payer pour que le journal reste « indépendant » et ne se fasse pas attaquer par les caciques de Aoun et Bassil?

    AFL

    10 h 14, le 16 juillet 2022

  • je pardonne a scarlett h son manuqe de courage ! normal lorsqu'on est amoureuse des aounistes - tous tant qu'ils sont - & du guerrier en puissance qui sait, ne sait pas ou ne saura jamais... elle voulait plutot ecrire : la nouvelle equation de Khamenai : les droits de l'Iran a la guerre

    Gaby SIOUFI

    10 h 10, le 16 juillet 2022

  • En effet Mme Haddad, une guerre entre le Hezbollah et Israël en 2022 ne sera pas du tout comme celle de 2006 car Israël détruira toutes les infrastructures encore debout comme toutes les centrales électriques, les stations d’eau potable, les ponts, ce qui reste du port puisque d’autres ont déjà détruit une grande partie, l’aéroport… il ne restera plus rien au Liban. Ainsi le rêve du Hezbollah et de ses alliés sera exaucé, à savoir la destruction physique du Liban après avoir détruit ses institutions. Alors Mme Haddad, nous libanais de toutes confessions libres et non soumis à des pays étrangers, vous disons NON NON ET NON. Vos amis et vous même allez faire joujou ailleurs et foutez nous la paix

    Lecteur excédé par la censure

    08 h 32, le 16 juillet 2022

  • Il veut la guerre donc. Lui il est à l’abri sous terre, il a du couranr électrique, il a du pain et un service médical à sa disposition. Et les Libanais alors ? Pas d’hopitaux pour accueillir des blessés, pas d’argent, pas de courant. Rien . Il pense gagner une guerre contre un Etat nucléaire disposant de la plus forte armée de la région ? Tout celà pour améliorer les pourparlers avec l’Iran ? Que le Liban et les Libanais en paient le prix ne lui fait ni chaud ni froid. Honte à ceux qui l’ont appuyé.

    Goraieb Nada

    07 h 40, le 16 juillet 2022

  • Et dire qu’il y a des I*** qui croient à ca !! Papapa soit on est aveugle ou on ne veut pas voire … que tout ce remue ménage est strictement dédié à la visite de Biden et surtout pour leur rapeller que l’Iran est partout au MO

    Bery tus

    07 h 02, le 16 juillet 2022

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