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Quand l'ambassadeur du Liban à Paris prend à partie des activistes LGBTQ+

Rami Adwan regrette, pour sa part, que les activistes libanais aient rejeté ses appels au dialogue.

Quand l'ambassadeur du Liban à Paris prend à partie des activistes LGBTQ+

Des affiches aux couleurs de l'arc-en-ciel, symbole des LGBTQ+, aux portes de l'ambassade du Liban en France. Photo fournie à L'OLJ.

Des activistes libanais en train de coller des affiches aux couleurs de l'arc-en-ciel, symbole des LGBTQ+, sur les murs de l'ambassade du Liban en France lundi soir, ont fait sortir l'ambassadeur libanais Rami Adwan de ses gonds selon une vidéo de l'incident circulant sur les réseaux sociaux. Alors que les activistes accusent la chancellerie de représenter la classe politique libanaise, l'ambassadeur rétorque, dans un premier temps, que cette affirmation est fausse et que l'ambassade représente les Libanais, dont les activistes. "Toi tu te trompes quand tu penses que l'ambassade représente la classe dirigeante et pas toi jeune homme", lance le diplomate, visiblement énervé. Et quand un activiste lui demande alors de dénoncer les différentes attaques qui ont eu lieu, au Liban ces derniers jours, contre la communauté LGBTQ+, M. Adwan répond que l'ambassade n'a pas à s'exprimer sur le fait qu'elle est pour ou contre. Puis la situation dérape quand l'ambassadeur accuse un activiste "de pourrir" l'ambassade via le collage de tracts. Puis il ajoute : "tu es un homme pourri, tu ne sais pas parler aux gens".

"C'est le refus de dialoguer qui m'a vexé, l'ambassade fait beaucoup d'efforts pour ressembler à sa communauté et être la plus ouverte possible, c'est un peu vexant", s'est défendu, mardi, M. Adwan contacté par L'Orient-Le Jour.

L'algarade entre l'ambassadeur et les Libanais est intervenue quelques jours après que le ministère libanais de l'Intérieur a appelé à empêcher les activités de la communauté LGBTQ+ qui célèbre le mois des fiertés, dans un contexte de menaces et d'intimidations.

Au 42 Villa Copernic, dans le 16e arrondissement de Paris, les murs ont été placardés d'affiches colorées lundi soir. "Les responsables de l'explosion du port de Beyrouth ne sont pas sanctionnés, mais l'homosexualité est sanctionnée", peut-on lire, ou encore : "Un prêtre pédophile est protégé au Liban, mais l'homosexualité est sanctionnée". Ce soir-là, quand il entre à l'ambassade, qui lui sert aussi de résidence, M. Adwan retire les affiches. Il aperçoit alors des Libanais dans le café en face en train de le filmer.

"Coup de pub, réaction pourrie"

À plusieurs reprises, Rami Adwan demandera aux jeunes Libanais de s'entretenir avec lui à l'ambassade. Chose qu'ils refuseront. "Refuser le dialogue est une réaction pourrie, répète M. Adwan à L'OLJ. Je comprends parfaitement que ces jeunes aient voulu exprimer un ras-le-bol, mais ce n'est pas pas une raison pour agir comme des gens pourris". Il dénonce un "coup de pub" et une "façon pourrie de chercher le buzz médiatique" affirmant qu'on "ne fait pas évoluer la société en placardant les murs, mais en traversant ses murs". "La communauté LGBTQ+ doit taper à la porte de l'ambassade et s'exprimer pour qu'on puisse faire passer le message clairement au Liban", ajoute-t-il assurant que "le dialogue peut faire avancer toutes les causes notamment les libertés". "Il ne faut pas avoir une démarche révolutionnaire mais une démarche constructive", conclut-il, indiquant qu'il doit recevoir dans les jours qui viennent une délégation de la communauté LGBTQ+ et qu'il "veille au respect des libertés de toutes les personnes".

"Ca ne sert à rien"

Contacté par L'OLJ, un des activistes, qui a souhaité préserver son anonymat, affirme que cette action était "symbolique"."Pourquoi aller à l’ambassade ? demande-t-il. L'ambassadeur dit qu’il est à l’écoute, mais ce n'est pas le cas. Dès qu'on le contredit, il attaque !". Selon l'activiste, qui s'est déjà entretenu avec M. Adwan par le passé sur d'autres sujets, "ça ne sert à rien de lui parler ". "Il y a deux ans, nous avons discuté avec lui, et pendant deux heures il n’a pas arrêté de nous crier dessus et de nous couper la parole", assure-t-il.

L'activiste accuse aussi M. Adwan, qui a été le directeur du cabinet du chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères, de ne pas représenter les Libanais à l’étranger mais plutôt les partisans du CPL."Je ne suis pas proche du CPL en particulier, je suis proche de tout le monde", se défend l'ambassadeur.

Dans un communiqué publié dimanche, le parti présidé par M. Bassil a dénoncé les attaques contre la communauté LGBTQ+ et réitéré son engagement à "protéger les droits des individus et les libertés individuelles". Mais l'activiste rappelle que "plusieurs députés du CPL ne soutiennent pas les droits des LGBTQ+". Pour M. Adwan "la politique n'a rien à voir avec les libertés". "Ce n'est pas une revendication politique, c'est une revendication sociétale", assure-t-il.



Des activistes libanais en train de coller des affiches aux couleurs de l'arc-en-ciel, symbole des LGBTQ+, sur les murs de l'ambassade du Liban en France lundi soir, ont fait sortir l'ambassadeur libanais Rami Adwan de ses gonds selon une vidéo de l'incident circulant sur les réseaux sociaux. Alors que les activistes accusent la chancellerie de représenter la classe politique libanaise,...