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Mikati s'entretient avec les groupes parlementaires, plusieurs formations boycottent le cabinet

Le Hezbollah critiquent les députés qui refusent de prendre part au gouvernement et appelle à la "coopération".

Mikati s'entretient avec les groupes parlementaires, plusieurs formations boycottent le cabinet

Le Premier ministre désigné Nagib Mikati (g) s'entretenant avec le président du Parlement, Nabih Berry, le 27 juin 2022 au siège de l'Assemblée, place de l'Etoile. Photo Flickr/Parlement libanais

Le Premier ministre libanais, Nagib Mikati, a tenu lundi, entre 13h30 et 18h30, des réunions successives avec les différents blocs parlementaires et députés indépendants, pour des consultations non contraignantes, place de l'Étoile à Beyrouth. Ces consultations, préliminaires aux tractations pour la formation du cabinet, se poursuivront jusqu'à mardi, M. Mikati ayant été chargé de former un nouveau gouvernement pour succéder à son équipe actuelle, chargée d'expédier les affaires courantes depuis le 22 mai suite aux élections législatives.

Les Forces libanaises, le Parti socialiste progressiste, les Kataëb, les députés de la contestation populaire, ainsi que le bloc de Michel Moawad, ont fait savoir à l'issue de leurs entretiens aujourd'hui avec M. Mikati qu'ils boycotteront le nouveau gouvernement.

Les consultations ont commencé avec des réunions entre le Premier ministre désigné et le chef du Parlement, Nabih Berry, ainsi que le vice-président de la Chambre, Elias Bou Saab.

M. Berry n'a pas fait de déclaration. Après son entretien avec le Premier ministre désigné, le vice-président de la Chambre Elias Bou Saab a, lui, appelé à la "formation rapide d'un gouvernement", sans qu'il n'y ait "d'obstruction". Rappelant le fait que certains bords politiques ont déjà annoncé qu'ils ne participeraient pas au gouvernement, M. Bou Saab a estimé que "chacun prend la décision qu'il souhaite. Qu'on veuille y participer ou non, chacun souhaite la formation d'un nouveau gouvernement". Il a également assuré qu'il ne briguait pas de portefeuille, au vu de son poste à l'Assemblée.

Boycott

Quant au groupe parlementaire des Forces libanaises, il a annoncé boycotter le nouveau cabinet. "Nous ne participerons au gouvernement car les conditions que nous demandons ne peuvent pas être réunies, trois mois avant la fin du mandat" du président de la République Michel Aoun en octobre, a affirmé le député Georges Adwan. "Nous espérons que le Parlement passera rapidement à l'échéance présidentielle", a-t-il ajouté.

"Nous ne participerons évidemment pas à un gouvernement de quote-parts ni d'+unité nationale+", a pour sa part déclaré la députée Halimé Kaakour, au nom des treize députés de la contestation, qui s'expriment ensemble mais n'ont pas formé un groupe parlementaire commun doté d'un nom.

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Représentant les huit députés du groupe Rassemblement démocratique, Taymour Joumblatt a, lui aussi, annoncé que son groupe ne participera pas au gouvernement, "mais aidera à sa formation". "Nous avons souhaité le succès au Premier ministre désigné dans sa mission de formation du gouvernement", a déclaré le leader du groupe joumblattiste, qui avait nommé Nawaf Salam lors des consultations parlementaires contraignantes de la semaine dernière.

Le chef du parti Kataëb Samy Gemayel ainsi que le député Michel Moawad ont eux aussi annoncé qu'ils boycottaient le cabinet. "Nous ne participerons pas à un gouvernement de quotes-parts", a indiqué le chef des Kataëb. De son côté, le député Michel Moawad a dénoncé les gouvernements d'"union nationale", estimant que cela "perpétue le blocage".

L'appel du Hezbollah

A l'opposé de ces formations, le groupe du Hezbollah a critiqué ceux qui boycottent le gouvernement, et a appelé à la "coopération". "La résolution de la crise nécessite la coopération de tout le monde", a déclaré le chef du groupe parlementaire de la Fidélité à la Résistance, Mohammad Raad. "Nous n'avons pas abordé la question de la forme du gouvernement mais avons souligné la nécessité qu'il soit actif", a-t-il ajouté.

Au nom du groupe parlementaire dit du "Développement et de la libération", du mouvement Amal dirigé par M. Berry, le député Ali Hassan Khalil a pour sa part souligné la "nécessité de former un gouvernement au plus vite", déclarant que son parti "n'a pas défini la forme que devrait prendre le futur cabinet". "M. Mikati connaît les équilibres actuels. Tout ce qui nous importe, c'est que le gouvernement soit efficace". Passant en revue les différentes missions dont sera chargée la future équipe ministérielle, il a notamment appelé les différentes parties à résoudre, "loin des polémiques", la crise de l'électricité, chronique dans le pays mais qui s'est aggravée ces dernières années sur fond d'effondrement financier. Le sujet de l'électricité cause régulièrement des tensions entre le mouvement Amal et le Courant patriotique libre (CPL, aouniste), qui s'accusent mutuellement de faire capoter les plans préparés par les ministres successifs de l'Energie. Ce ministère est dirigé par des membres ou proches du CPL depuis 2008. Et lors de la dernière réunion du cabinet précédent, le sujet avait provoqué des remous entre le ministre sortant de l'Energie Walid Fayad et Nagib Mikati. Lors d'un échange avec des journalistes, M. Khalil s'est abstenu de répondre à une question concernant le ministère des Finances, que le tandem chiite Amal et Hezbollah souhaite habituellement garder dans le giron chiite.

Pour leur part, six députés du Akkar (Liban-Nord I), de Minié et Denniyé (Liban-Nord II), tous apparentés au courant du Futur de Saad Hariri et regroupés au sein du bloc "Modération nationale", ont réclamé d'être représentés au sein du nouveau cabinet.

Le député Tony Frangié a affirmé, au nom du Bloc national indépendant, vouloir d'abord consulter le plan de redressement du gouvernement en vue de décider de lui octroyer ou pas sa confiance et d'y participer. Il a également indiqué que la participation des députés au futur cabinet dépendra aussi de la forme de celui-ci.

Quant au député indépendant Ghassan Skaff (Békaa-Ouest-Rachaya), il a estimé que le cabinet actuel était "celui du temps perdu", affirmant qu'un gouvernement "ambitieux" devra attendre la fin du mandat du président Aoun.

S'exprimant au nom des Ahbache, le député Adnane Traboulsi a, lui, appelé M. Mikati, à ce que son équipe ministérielle soit un véritable cabinet de sauvetage qui fera rapidement sortir le pays des crises qui l'étouffent". Il n'a toutefois pas précisé si sa formation participera ou non au gouvernement.

Enfin, le député Imad el-Hout, de la Jamaa islamiya, a espéré que M. Mikati mettra sur pied "un gouvernement de mission", doté de "ministres ayant de l'expérience et des compétences", afin qu'il poursuive les négociations avec le Fonds monétaire international.

Le CES invité aux consultations
Avant même la nomination de M. Mikati jeudi dernier, plusieurs acteurs politiques avaient posé leurs conditions quant à la composition de la future équipe, qui devra être ensuite soumise à un vote de confiance du Parlement. Le chef du gouvernement désigné, qui n'a obtenu que 54 voix sur 128 députés, doit composer entre une logique de renouveau souhaitée par nombre de Libanais et les desiderata des uns et des autres. Il envisagerait, pour accélérer le processus de formation, de remanier son équipe actuelle chargée de l'expédition des affaires courantes, en gardant certains ministres et en en remplaçant d'autres, comme celui de l'Economie, Amine Salam, celui des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, un proche du chef de l'Etat Michel Aoun, ou Walid Fayad.

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Selon le quotidien libanais al-Joumhouriya, les consultations doivent impliquer les 128 députés de la Chambre, mais aussi le Conseil économique et social (CES), une instance consultative rattachée au Conseil des ministres et dont la mission consiste à servir de canal de discussion entre le secteur privé et le gouvernement. Dimanche soir, le député Michel Douaihy, élu de la contestation au Liban-Nord, a indiqué "ne pas avoir nommé Nagib Mikati et ne rien avoir à dire à un homme impliqué dans la destruction du Liban, comme d'autres dans la classe dirigeante", a-t-il écrit dans un message posté sur son compte Twitter. 

Empêtré dans une crise économique sans précédent depuis 2019, le Liban pourrait également, selon nombre d'observateurs, pâtir d'une crise politique, avec une vacance gouvernementale mais aussi présidentielle, si les différentes forces politiques ne parviennent pas à se mettre d'accord sur le nom d'un successeur à Michel Aoun, dont le mandat prend fin en octobre prochain.


Le Premier ministre libanais, Nagib Mikati, a tenu lundi, entre 13h30 et 18h30, des réunions successives avec les différents blocs parlementaires et députés indépendants, pour des consultations non contraignantes, place de l'Étoile à Beyrouth. Ces consultations, préliminaires aux tractations pour la formation du cabinet, se poursuivront jusqu'à mardi, M. Mikati ayant été chargé de...

commentaires (4)

IL Y MANQUE LE TROISIEME DARTA-GNAN.

OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION.

12 h 17, le 28 juin 2022

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Commentaires (4)

  • IL Y MANQUE LE TROISIEME DARTA-GNAN.

    OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION.

    12 h 17, le 28 juin 2022

  • et l'on dit de nos fiers deputes qu'ils n'ont aucun sens de l'humour ? 6 deputes issus/apparentes a saad hariri reclament etre representes au gouv ! pour d'autres droles, c'est maintenant qu'ils realisent qu'au Liban, un gouv d'union national est nefaste . 14 ans apres l'accord criminel de Doha !

    Gaby SIOUFI

    08 h 49, le 28 juin 2022

  • Les Forces libanaises, le Parti socialiste progressiste, les Kataëb, les députés de la contestation populaire, ainsi que le bloc de Michel Moawad boycotteront le gouvernement ,,, et ils auront bien raison, puisque celui-ci ser, comme les précédents, dominé par le Hezbollah et ses vassaux. Y participer serait s'en faire complice..

    Yves Prevost

    06 h 43, le 28 juin 2022

  • Avec le départ prochain de Michel Aoun, j'espère que tous ses amis vont composer le prochain gouvernement afin que le pays poursuive dans le progrès. Je suis bien content que l'opposition et les Kataeb seront absents car ces bons à rien ne veulent qu'une chose, du changement, alors que tout va très bien au Liban. Ce sont les médias qui créent les problèmes, tout le monde est content et profite de la vie comme à la belle époque! J'espère qu'on donnera le ministère de la justice, l'éducation et de la culture au Hezbollah, l'intérieur et les finances à Amal, la fonction publique, les affaires étrangères et l'énergie au CPL.

    Georges Olivier

    22 h 03, le 27 juin 2022

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