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Nos Lecteurs ont la Parole

Les élections législatives 2022 : espoirs et possibilités


Le Liban en évolution, certes. Le Liban doit avancer vers la démocratie et sortir de l’ochlocratie (régime dans lequel la foule impose sa volonté, foule manipulable ou passionnelle, règne de la médiocrité où les personnes décident pour leurs propres intérêts). Dans l’ochlocratie il y a décomposition de la loi et des mœurs, une lutte quotidienne entre les individus et le règne de la force. C’est le stade « prépolitique » qui doit évoluer vers un État responsable. Notre pays est noyé dans ce stade ultime de la dégénérescence du pouvoir. L’espoir dans les nouveaux députés est de construire une conscience collective pour un vrai régime démocratique. Ce régime souhaité est tout à fait possible avec la séparation des pouvoirs, le suffrage universel honnête, le respect des lois et des libertés sous toutes ses formes. Un régime démocratique qui implique des représentants supposés rationnels pour faire aboutir des projets constructifs pour le bien et l’avancement de la société. Une organisation de la cité, une responsabilisation, une coopération et une cohabitation constructive d’un État. La plupart des politiques ont trompé le peuple à tous les niveaux, individuellement et collectivement. Nos politiciens suivent la réflexion de Joseph Goebbels : à force de répétitions et une bonne connaissance du psychisme humain on peut prouver qu’un carré est en fait un cercle. « Carré » et « cercle » sont de simples mots qu’on façonne jusqu’à rendre méconnaissables les idées qu’ils véhiculent. En plus des mensonges, le peuple subissait de façon harassante les fanfaronnades des politiciens, leurs critiques stériles, leur manque de responsabilité et leur manque d’honnêteté. La tempête des élections se calme. Les gagnants se félicitent et avancent des promesses et des engagements. Mais ceux qui sont là depuis 20 ou 30 ans répètent les mêmes projets qu’il faut réaliser. Qu’ont-ils fait les décennies passées ? Les perdants trouvent des explications à leur échec. Certes, il y a beaucoup de critiques provenant du comité libanais de surveillance des élections, de l’Association pour la démocratie des élections (LADE) et la mission d’observateurs de l’Union européenne. De plus, toutes les sommes d’argent qui ont circulé pour l’achat des voix et personne n’a rien vu ni entendu. Et bien sûr, aucun candidat ne le reconnaît. Mais reconnaissons les efforts des ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères, des magistrats, de l’armée et tous les organismes militaires et civils qui ont travaillé à l’organisation et au déroulement du scrutin.

Les possibilités à attendre, c’est du petit groupe d’élus faisant ses premiers pas à la chambre des députés. Ils savent que c’est un théâtre qui a été pollué dans sa gestion et son fonctionnement avec un casting vicié. Le gouvernement effaré par la force des armes écarte les problèmes épineux et discute de sujets très précis (décider du changement de l’heure l’été et l’hiver, et déclarer le jour de fêtes des différentes communautés). Quant aux discussions avec le Fonds monétaire ça traîne jusqu’à l’arrivée d’un nouveau gouvernement. Il prend acte d’un compte rendu qui décrit la misère du peuple et attend les secours qui viennent difficilement. D’ailleurs, l’économie mondiale traverse une période de turbulences avec des remous boursiers qui n’en sont que le reflet.

Les nouveaux députés doivent affronter tous les problèmes et les poser sans peur ni retenue. Les problèmes politiques, la pauvreté, le désarroi des jeunes Libanais, la santé, l’école, l’université, l’administration, les problèmes des Syriens, des Palestiniens, les problèmes de décentralisation, les problèmes de non-alignement, ces sujets seront discutés à l’intérieur du pays et avec les puissances amies. Sinon c’est une grande déception pour tous et une honte qui nous couvrira. L’élection aura été un nouveau mensonge et on dira : on a fait tout ça pour ça, c’est-à-dire comme ont fait les autres députés du passé. Discuter et animer l’économie du pays. Il faut rappeler à tous la réplique de Bill Clinton et de son directeur de campagne à George Bush : « It’s the economy, stupid. »

À tous les nouveaux députés sachez que l’utopie est le rêve nécessaire et la réalité le défi permanent. Vous pouvez rassembler les restes de la république et faire rebâtir un Liban plus vivable, espéré et possible. Votre audace votre sincérité vous aideront à agir et à réussir.

Psychiatre psychanalyste

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Le Liban en évolution, certes. Le Liban doit avancer vers la démocratie et sortir de l’ochlocratie (régime dans lequel la foule impose sa volonté, foule manipulable ou passionnelle, règne de la médiocrité où les personnes décident pour leurs propres intérêts). Dans l’ochlocratie il y a décomposition de la loi et des mœurs, une lutte quotidienne entre les individus et le règne...

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