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Politique - Décryptage

Deux défis après les élections législatives

Deux défis après les élections législatives

Le Premier ministre Nagib Mikati. Photo Dalati et Nohra

Lundi 16 mai, le Liban s’éveillera sur un nouveau paysage politique. Quels que soient les résultats détaillés des élections législatives qui doivent se dérouler la veille, ils devraient exprimer les poids respectifs des forces politiques pour les quatre prochaines années. Selon différentes sources qui suivent de près le processus électoral, toutes les composantes devraient être représentées au sein du Parlement, les partis politiques et les forces du changement, le Hezbollah et ses alliés, ainsi que les parties qui composaient la coalition du 14 Mars. Mais le poids de chaque force sera tributaire du nombre de sièges qu’elle aura obtenu, ainsi que des alliances qui se noueront au sein du Parlement et qui devraient déterminer la tendance générale, qu’elle se dirige vers un clivage politique clair ou qu’elle reflète une certaine confusion avec des ententes ou des conflits selon les dossiers.

La plupart des parties interrogées estiment ainsi que le nouveau Parlement devrait être multiple, avec une majorité hésitante et une multitude de minorités. Ce qui devrait rendre difficile la détermination des vainqueurs et des vaincus, ainsi que la tendance générale du pays pour les prochaines années. D’emblée, le nouveau Parlement devrait faire face à deux défis : l’élection de son président et la désignation d’un nouveau Premier ministre, suivie des consultations parlementaires que ce dernier devrait effectuer. Dans le premier défi, le Parlement risque de se retrouver devant un nouveau cas de figure, avec un candidat appuyé par les députés chiites (qu’Amal et le Hezbollah obtiennent la totalité des 27 sièges chiites du Parlement, ou seulement 25 ou 26 d’entre eux), mais qui risque de ne pas obtenir des voix chrétiennes, ni même celles des forces du changement. En principe, dans leur écrasante majorité, les députés chiites du nouveau Parlement devraient voter pour Nabih Berry comme président de la Chambre. Mais ce dernier ne devrait pas obtenir les voix du bloc du Courant patriotique libre ni celles des Forces libanaises, et probablement pas non plus celles du parti Kataëb ni celles de la plupart des forces dites du changement. Cela le priverait d’une couverture chrétienne confortable, avec les seules voix des Marada et de certains chrétiens indépendants. Ce qui devrait poser un problème de consensus, sachant que depuis 1992, date de sa première élection à la tête du Parlement, M. Berry avait lui-même lancé l’idée du consensus intercommunautaire, bénéficiant pendant des années d’un réseau d’alliances dans toutes les communautés qui lui permettaient d’imposer cette logique. Des sources proches du tandem chiite Amal-Hezbollah considèrent pourtant que ce problème sera surmonté grâce à l’habileté politique de Berry et à sa parfaite connaissance des rouages du système libanais.

Mikati président du prochain gouvernement ?
Le second défi du nouveau Parlement consistera dans la désignation d’un nouveau Premier ministre, qui sera chargé de former le gouvernement qui devra rester en place jusqu’au 31 octobre, date de l’expiration du mandat de Michel Aoun. Si un nouveau président entre en fonctions le 1er novembre et s’installe à Baabda, le gouvernement sera alors forcément démissionnaire. C’est justement pour cette raison que certains observateurs politiques estiment qu’il y a une forte probabilité que le Liban n’ait pas de nouveau gouvernement jusqu’à l’élection présidentielle, d’autant que le cabinet qui pourrait être formé ne devrait pas prendre d’importantes décisions puisqu’il aura une durée de vie limitée dans une période transitoire. Ce scénario est rejeté par d’autres observateurs qui estiment que dans le contexte actuel, le Liban ne peut pas se permettre de rester sans gouvernement en fonctions, alors que la crise économique risque de s’aggraver et que de nombreuses échéances attendent le pays, dont le lancement effectif des négociations avec le Fonds monétaire international. Les partisans de ce scénario rappellent que le gouvernement actuel a reporté tout prise de décision dans de nombreux dossiers vitaux pour les Libanais pour éviter les répercussions sur le cours des élections. Mais une fois celles-ci terminées, il faudra mettre les bouchées doubles, car la situation ne peut plus attendre.

Le scénario qui circule consisterait donc à désigner de nouveau Nagib Mikati pour former le nouveau gouvernement dans le cadre des consultations obligatoires après l’entrée en fonctions du nouveau Parlement à partir du 21 mai. Ce dernier formerait rapidement une équipe qui ressemblerait fortement à l’actuelle, avec juste quelques modifications inspirées par les résultats des législatives. Les partisans de ce scénario expliquent que l’actuel gouvernement Mikati a rempli la mission qui lui avait été confiée : organiser les élections législatives, mettre en train les négociations avec le FMI et préparer un plan de « sauvetage » électrique, en attendant les démarches concrètes qui devraient être décidées à la lumière des législatives. Le gouvernement Mikati a donc su avancer entre les mines électorales et politiques. L’expérience pourrait donc être rééditée pour les prochains mois, en attendant les grands changements qui devraient commencer avec l’élection présidentielle. Pour ceux qui doutent de la tenue de cette dernière élection, les partisans de la thèse d’un nouveau gouvernement rapidement formé affirment que tout le monde a beaucoup douté de la tenue des législatives à la date prévue. Il aurait pu y avoir une multitude de raisons pour les reporter s’il y avait une décision en ce sens. Or, en dépit des embûches, des divisions et du paysage politique confus, elles devraient avoir lieu dimanche. C’est donc le signe que l’élection présidentielle devrait suivre avant l’expiration de l’actuel mandat. Sinon, le pays plongera dans un chaos qui ne profiterait à personne.


Lundi 16 mai, le Liban s’éveillera sur un nouveau paysage politique. Quels que soient les résultats détaillés des élections législatives qui doivent se dérouler la veille, ils devraient exprimer les poids respectifs des forces politiques pour les quatre prochaines années. Selon différentes sources qui suivent de près le processus électoral, toutes les composantes devraient être...

commentaires (1)

le 3 eme defi ? OUST lui-meme, les cerfs/suiveurs /disciples de la moumanaa-et donc ses idoles.

Gaby SIOUFI

16 h 11, le 13 mai 2022

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Commentaires (1)

  • le 3 eme defi ? OUST lui-meme, les cerfs/suiveurs /disciples de la moumanaa-et donc ses idoles.

    Gaby SIOUFI

    16 h 11, le 13 mai 2022

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