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Nos lecteurs ont la parole

Le sabre ou la guillotine

Les élections législatives sont presque là, sans qu’on sache vraiment si elles auront lieu. Comme il est de coutume au pays du Cèdre, on se doit de distinguer le local de l’international. Sur les plans international et régional, de grands changements sont advenus, qui auraient certainement des répercussions sur les alliances locales.

D’abord, le président français et son équipe semblent s’être lassés du dossier libanais. Il faut dire qu’il y a de quoi, surtout avec l’approche de la présidentielle française. La position française « postélection » n’est pas encore claire pour formuler des anticipations qui n’ont actuellement pas de valeur. La France continuera-t-elle à s’investir ardemment au Liban sans s’appuyer sur des partenariats fiables et sans garantie de réussite ?

En parallèle, l’administration américaine de Joe Biden a bien démontré son incapacité à gérer les deux dossiers libanais et syrien, sans parler de la débâcle afghane. Ce n’est pas par pur hasard qu’on laisse ces deux pays s’effriter et s’effondrer économiquement. Le cas syrien diffère en ce sens que la Syrie a toujours été un fief russe. Le président Assad est toujours à la tête du pays et gère sa politique intérieure avec les pleins pouvoirs traditionnels du président. C’est loin d’être le cas au Liban, avec un multipartisme monstrueux qui crible le système tout entier.

L’influence iranienne au Liban n’a pas besoin de dissertation. Évidemment qu’elle occupe une place centrale. Celle de la Turquie d’Erdogan s’estompe, un pays qui va au plus mal économiquement.

Les influences et alliances des pays du Golfe restent profondes, surtout celle de l’Arabie saoudite, bien qu’on change de camp selon les donnes.

Comment se traduiront ces influences dans les urnes n’est pas sans risque d’explosion sécuritaire au Liban. N’oublions pas que pratiquement tous les partis politiques sont toujours protégés par leurs milices, prêtes à intervenir à tout moment. Militants armés dotés de leur centre de contrôle... C’est peut-être le vif du sujet. Le Libanais est célèbre pour la vendetta. Mais des crimes majeurs commis au fil des siècles sont restés impunis.

Pour se rafraîchir la mémoire, Kamal Joumblatt, Bachir Gemayel, Tony Frangié, René Moawad, Dany Chamoun, Rachid Karamé, Salim el-Laouzi (et j’en oublie) furent assassinés avant l’homme fort de l’après-Taëf, M. Rafic Hariri.

Les meurtres qui ont suivi l’année 2005, et qui continuent, requièrent un discours exceptionnel et indépendant.

Mais ce qu’on veut absolument oublier, ce sont les massacres et « crimes contre l’humanité » qui ont eu lieu pendant la période 1975-1990 : le « samedi noir », la Quarantaine, Damour, Tall el-Zaatar, Nabaa, Sabra, Chatila, les massacres du Chouf et du Mont-

Liban, la « guerre des camps » (il est estimé que pendant l’été 1982, 21 mille résidents au Liban ont perdu la vie).

Ceux qui ont commis tous ces bains de sang sont célèbres. En peu de temps, ils deviennent des stars. La culture du meurtre va vite s’imposer.

Plus on apprend à tuer, plus vite se fera l’ascension au statut d’« héroïque ». Avant qu’il ne soit trop tard, nous devons réfléchir à quel Liban on veut appartenir.

Et pour compléter le tableau, on impose aux Libanais un véritable génocide financier. Qui mérite le sabre de Saladin, le glaive de Richard Cœur de Lion ou la guillotine de Robespierre ?


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Les élections législatives sont presque là, sans qu’on sache vraiment si elles auront lieu. Comme il est de coutume au pays du Cèdre, on se doit de distinguer le local de l’international. Sur les plans international et régional, de grands changements sont advenus, qui auraient certainement des répercussions sur les alliances locales. D’abord, le président français et son équipe semblent s’être lassés du dossier libanais. Il faut dire qu’il y a de quoi, surtout avec l’approche de la présidentielle française. La position française « postélection » n’est pas encore claire pour formuler des anticipations qui n’ont actuellement pas de valeur. La France continuera-t-elle à s’investir ardemment au Liban sans s’appuyer sur des partenariats fiables et sans garantie de réussite ? En parallèle,...
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