J’essaye à chaque fois de t’écrire cette lettre, mais je n’arrive pas à rassembler mes idées, étouffées par la double explosion au port de Beyrouth, qui a brûlé nos cœurs fragiles. Mon Liban, même si tu es en mauvais état, je sais que tu es malade et que tu souffres inévitablement d’un mal qui met du temps à guérir. Les graines de ta jeunesse ne sont pas envoyées ailleurs pour se faner, mais au contraire, pour germer en un cèdre majestueux qui vit en chacun de nous, Libanais, Libanaises. Nous sommes les graines qui poussent dans le champ des pays lointains et chacun de nous est cet arbre solide qui représente fièrement le cœur de notre pays, dans ses plaines, ses rochers, ses montagnes. Pour tes yeux qui ont souffert pendant des années, pour les larmes de tes pierres qui ont coulé sur des terres sacrées, pour le sang de ceux qui ont fait la guerre, je t’écris cette lettre pour te remercier de m’avoir fait naître ici, au sein de ta culture, de ton histoire, de tes poètes, de ce qui a constitué une bonne éducation. Tu es et tu resteras ma maison, la mère qui m’a dorlotée, qui a su me donner l’amour, la culture, la passion.
À toi, mon Liban.
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef