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Politique - Liban

Aoun déterminé en fin de mandat à continuer d’œuvrer pour les réformes

Devant le corps diplomatique accrédité au Liban, le président critique l'aide versée par certains Etats directement à des ONG, dans la foulée de l'explosion au port de Beyrouth.

Aoun déterminé en fin de mandat à continuer d’œuvrer pour les réformes

Le président libanais, Michel Aoun, lors d'un discours tenu devant le corps diplomatique accrédité au Liban, le 20 janvier 2022 au palais de Baabda. Photo Dalati et Nohra

Le chef de l'Etat, Michel Aoun, a affirmé jeudi au corps diplomatique accrédité au Liban qu'il restait déterminé, en fin de mandat, à "œuvrer pour les réformes" réclamées par la communauté internationale pour aider le pays à sortir de sa grave crise. Le président a profité de son discours donné traditionnellement en début d'année pour critiquer certains pays qui ont envoyé des aides à des ONG et non au gouvernement libanais, dans la foulée de la double explosion meurtrière au port de Beyrouth le 4 août 2020. M. Aoun a en outre formulé une nouvelle critique implicite à son allié chiite, le Hezbollah, qui bloquait avec le mouvement Amal le gouvernement de Nagib Mikati depuis le 12 octobre, avant de décider de revenir, sous certaines conditions, au sein du cabinet.

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M. Aoun a également assuré que les élections législatives, programmées pour le 15 mai, se tiendront en temps voulu, afin que les Libanais s'expriment de façon "libre et transparente" sur leurs choix nationaux, à l'heure où la communauté internationale presse pour que le scrutin ait lieu, dans la mesure où il s'agirait d'un premier pas sur la voie du changement. Il a enfin assuré que le Liban ne souhaitait pas s'ingérer dans les affaires internes des pays arabes, alors qu'une grave crise diplomatique se poursuit entre Beyrouth et plusieurs monarchies du Golfe, à leur tête l'Arabie saoudite, au sujet du Hezbollah. Il a toutefois appelé ces pays à ne pas s'ingérer en retour dans les affaires libanaises.

"La période qui reste de mon mandat"

"Je suis déterminé, en coopération avec le Parlement et le gouvernement, pour la période qui reste de mon mandat, à continuer d'œuvrer malgré tous les obstacles, pour aboutir aux réformes auxquelles je me suis engagé et que vos pays respectifs ont proposé, notamment l'adoption d’un plan de redressement financier et économique que le gouvernement libanais approuvera dans les semaines à venir lors du prochain Conseil des ministres", a promis le président Aoun. Ce Conseil des ministres doit se tenir en principe la semaine prochaine.

Critique au Hezbollah

Le gouvernement, censé enclencher le processus de réformes structurelles, a été bloqué pendant trois mois par le Hezbollah et le mouvement Amal, sur fond de divergences autour de l'enquête menée par le juge Tarek Bitar, sur la double explosion meurtrière du 4 août 2020 au port de Beyrouth (que M. Aoun n'a évoqué à aucun moment de son discours, alors qu'elle piétine à cause de nombreuses interférences politiques). Samedi dernier, le duo chiite a créé la surprise en annonçant qu'il accepte de revenir à la table du gouvernement, à condition que les réunions soient consacrées à l'approbation du projet de budget et aux discussions sur le plan de redressement économique ainsi que d'autres questions à caractère social. Une position qui met dans l'embarras aussi bien le chef de l’État que le Premier ministre, qui y ont vu un empiétement sur leurs prérogatives, notamment pour ce qui est de l'ordre du jour des séances gouvernementales. M. Mikati a déclaré dans une interview accordée à L'Orient-Le Jour qu'il lui revient d'établir l'agenda du Conseil des ministres, dans une critique cinglante au Hezbollah et à Amal.

En attendant, le chef de l’État a lancé une pique au tandem chiite, dont son allié de longue date le Hezbollah, qualifiant d'"injustifiable" le "long blocage" de l'action du gouvernement.

Les législatives

Sur un autre registre, Michel Aoun a rappelé que "parallèlement à la mise en place des réformes souhaitées, se tiendront au printemps prochain des élections législatives qui auront lieu en temps voulu" (soit en mai) . "Ce droit constitutionnel et démocratique permet aux Libanais de s'exprimer librement pour choisir leurs représentants", a estimé le président libanais.

Critiques aux pays donateurs

Mais c'est au sujet de certains pays donateurs venus à la rescousse du Liban au lendemain du 4 août 2020 que des critiques notables du président Aoun ont été formulées. "Je voudrais attirer votre attention sur le fait que certains ont outrepassé le devoir de coordination avec les institutions de l'État libanais pour traiter directement avec des associations et des groupements, qui se sont multipliés après l'explosion au port et qui utilisent ces soutiens matériel et humanitaire à des fins politiques, employant des slogans ambigus, alors que le Liban est aux portes des élections législatives. Ceci m'incite à rappeler que la prudence doit rester de mise et qu’il est important de privilégier les institutions étatiques et les organisations de l'Onu", a estimé M. Aoun. 

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Messages aux pays arabes

Sur le plan diplomatique, M. Aoun a pris le soin d'adresser des messages positifs aux pays arabes, notamment les monarchies du Golfe - et en particulier à l'Arabie Saoudite, après la récente brouille diplomatique avec ces pays suscitée par des propos polémiques de l'ex-ministre de l'Information, Georges Cordahi, sur le rôle de Riyad dans le conflit du Yémen. A ce sujet, Michel Aoun a déclaré: " Le Liban n’a nullement la vocation ni le désir d’être utilisé pour nuire à la souveraineté, à la sécurité et à la stabilité de vos pays. Il ne souhaite aucune ingérence dans vos affaires intérieures, en particulier celles des pays arabes frères qui l'ont toujours soutenu, notamment dans les circonstances difficiles qu’il traverse aujourd’hui". "Nous espérons que certains pays adoptent ce même principe, s’abstenant d’utiliser la scène libanaise pour régler les différends et les conflits régionaux (...)", a-t-il toutefois souligné.

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S'attardant enfin sur le dossier des négociations portant sur le tracé de la frontière maritime avec Israël sur fond d'exploitation d'hydrocarbures offshores, Michel Aoun a "renouvelé la volonté du Liban de négocier la délimitation de cette frontière "de manière à préserver ses droits dans la zone économique exclusive, conformément aux dispositions des lois et traités internationaux pertinents". Pour le moment, la poursuite des négociations - un processus parrainé par l'Onu et les États-Unis, attendrait  la visite à Beyrouth du négociateur américain Amos Hochstein. Début octobre, Israël avait affirmé être prêt à faire de nouveaux efforts pour résoudre son différend avec le Liban sur la délimitation de leurs eaux territoriales en Méditerranée, tout en soulignant ne pas accepter que Beyrouth "dicte" les termes des pourparlers.

L'appel du nonce apostolique

Au début de la réunion, le doyen des ambassadeurs au Liban, le nonce apostolique Mgr Joseph Spiteri, a prononcé une allocution dans laquelle il s'est joint à l'appel de la communauté internationale en faveur de réformes dans la perspective de la relance du pays. "Nous savons tous que la communauté internationale continue d’adjurer les autorités libanaises de mettre en œuvre de nombreuses réformes (...). La paralysie des réunions du cabinet de l’actuel gouvernement nous préoccupe fortement. Nous félicitons Son Excellence Nagib Mikati d’avoir relevé le défi que représente cette mission et lui souhaitons de reprendre avec succès l’indispensable activité du gouvernement", a-t-il dit. "La communauté internationale insiste également sur la nécessité d’organiser des élections libres, équitables et transparentes. Aucun parti politique ne devrait craindre de présenter son programme et ses candidats aux citoyens, lesquels sont appelés à exprimer leur verdict souverain. En effet, il est du devoir et du droit des citoyens de se prononcer librement en votant pour choisir ceux qui siégeront au Parlement", a conclu Mgr Spiteri.


Le chef de l'Etat, Michel Aoun, a affirmé jeudi au corps diplomatique accrédité au Liban qu'il restait déterminé, en fin de mandat, à "œuvrer pour les réformes" réclamées par la communauté internationale pour aider le pays à sortir de sa grave crise. Le président a profité de son discours donné traditionnellement en début d'année pour critiquer certains pays qui ont envoyé des...

commentaires (23)

Lui et son poulain sont sur une autre planète

DJACK

17 h 39, le 22 janvier 2022

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Commentaires (23)

  • Lui et son poulain sont sur une autre planète

    DJACK

    17 h 39, le 22 janvier 2022

  • J'adore la section "Critique aux pays donateur", ou il fustige contre les pays donateur. Môsieur l'usurpateur de Baabda est OUTRÉ, que ce n'est pas le gouvernement qui reçoit les "donations"! Oui Monsieur l'usurpateur nous avons vu comment les députés, ministres, présent et passé ont bien "Géré" ces donations. 3 Sesterces pour moi, 1 sesterce pour le Liban. Et puis non 4 sesterces pour moi et rien au Liban !

    Marwan Takchi

    18 h 48, le 21 janvier 2022

  • Il n’est pas normal il veut que l’aide internationale aille au gouvernement et non aux ONG. Comme ça l’argent ira aux Ali Baba , c’est fou

    Eleni Caridopoulou

    12 h 35, le 21 janvier 2022

  • oh ce qu'il est drole le titre -sujet de cet article ! cette declaration a du faire souire plus d'un !

    Gaby SIOUFI

    10 h 54, le 21 janvier 2022

  • Michel Aoun au pouvoir = désastre. En 1988 - 1990 comme en 2026 - 2022.

    Youssef Najjar

    09 h 06, le 21 janvier 2022

  • Arrêtez de vous agiter ainsi et d’avoir l’injure aussi facile. Vous l’aurez bientôt votre président que deux Rolex et une liasse de dollars lui feront signer n’importe quel bout de papier qu’on lui présentera. C’est vrai que le fardeau de la dignité est lourd à porter

    Henoud Wassim

    07 h 29, le 21 janvier 2022

  • Bien sur que les aides internationales (en "fresh") doivent passer par les organes de l'etat. Sinon, comment voulez-vous que la canaille politichienne releve ses commissions ????

    Michel Trad

    00 h 03, le 21 janvier 2022

  • Faut il en rire ou en pleurer à la lecture de ce discours pour le moins ridicule sinon pitoyable. Monsieur le président, il serait plus digne pour vous de démissionner plutôt que de continuer à vous donner en spectacle

    Liberté de penser et d’écrire

    21 h 04, le 20 janvier 2022

  • Il doit se réformer d’abord! Mais à son âge très avancé, c’est la sénilité qui règne ainsi que les emprises malsaines.

    Wow

    20 h 12, le 20 janvier 2022

  • Au mieux il pourra sucrer les fraises ...

    Zeidan

    19 h 52, le 20 janvier 2022

  • CONTINUER..... A OEUVRER...... POUR LES REFORMES. - A SON AGE L,OUBLI DELIBERE OU PAR FAUTE DE MEMOIRE EST PARDONNE. MAIS STOP ! VAUT MIEUX PRENDRE SA RETRAITE.

    L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION

    18 h 56, le 20 janvier 2022

  • Il ne faut jamais ignorer son passé.Aoun s'est servi du blocage tout le long de cette carrière non politique. Il critique ceux qui se félicitaient de son parcours de confrontation avec une majeure partie des acteurs politiques du pays. Dans ce même discours, il attaque la communauté internationale pour avoir communiqué avec des ong, oubliant la pourriture au niveau de certains ministères à cause de certains ministres et certains fonctionnaires baignants dans la corruption, qui auraient fauché toute l'aide rendue aux sinistrés.

    Esber

    18 h 09, le 20 janvier 2022

  • Pour rappel: ONG = Organisation NON Gouvernementale

    Emmanuel Durand

    17 h 55, le 20 janvier 2022

  • "Le président a profité de son discours (...)pour critiquer certains pays qui ont envoyé des aides à des ONG et non au gouvernement libanais" Il était pourtant logique pour les donateurs de traiter avec des ONG sûres plutôt qu'avec l'État. Il semble tout de même préférable que l'argent aille où on en a besoin plutôt que dans la poche de tel ou tel ministre. Ce n'est pas évident ? Par ailleurs, il est un peu étonnant qu'il parle de "poursuivre " les réformes. On ne peut "poursuivre " que ce que l'on a déjà commencé.

    Yves Prevost

    16 h 08, le 20 janvier 2022

  • On a attendu les réformes pendant tout votre mandat, et rien de rien. Maintenant vous voulez continuer à œuvrer après votre mandat ?? C’est bon fallait y penser plus tôt. Prenez votre retraite après ça suffit on en a assez supporté

    Khoury-Haddad Viviane

    15 h 49, le 20 janvier 2022

  • VOUS VOULEZ QUE L’AIDE DE CES PAYS ARRIVE DIRECTEMENT CHEZ VOUS ET C’EST À VOUS DE LE DISTRIBUER COMME LES TONNES DU THÉ?

    Gebran Eid

    15 h 46, le 20 janvier 2022

  • Il radote là... Déjà pour le hezbollah, il n'ose pas les citer. Il parle du blocage mais dans son raisonnement, il peut lancer cette pique à Mikati.Donc mollesse de sa part et comme d'hab, il n'ose pas les affronter. Puis il dit qu'il va sauver le mandat par des réformes? Il a eu des années pour le faire et à commencer par virer le premier des premiers cad son gendre. Mais là, silence radio. Il le considère angélique et sans poussière. Ensuite, il veut que les donnateurs passent par la case "corruption étatique"? En effet, ca le démange parce que les aides ne seraient jamais arrivés à destination. D'ailleurs, il se contredit : La corruption qu'il veut combattre mais il demande que les aides passent par les services publics corrompues. Allez comprendre ce qu'il y a dans sa tête. Ils doivent être plusieurs à réfléchir dans sa tête d'où cette incohérence totale. Allez cher Monsieur, la retraite serait plus qu'obligatoire. Vous vous reposerez et nous serons soulagés. Bonne journée

    radiosatellite.online

    15 h 28, le 20 janvier 2022

  • PEUT-IL NOUS EXPLIQUER COMMENT LES LIBANAIS VONT S,EXPRIMER LIBREMENT ET DEMOCRATIQUEMENT, COMME IL NOUS DIT, AVEC LA PRESENCE DE DEUX MILICES ARMEES CHIITES IRANIENNES QUI TIENNENT EN OTAGE TOUTE LA COMMUNAUTE CHIITE ET INTIMIDENT ET MENACENT LES AUTRES COMMUNAURES ? ELECTIONS DE LA RIGOLADE !

    L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION

    15 h 10, le 20 janvier 2022

  • OEUVRER POUR LES REFORMES ? QUI ? CELUI QUI BLOQUA ET BOYCOTTA TOUT AU LONG DE SON HISTOIRE ? EST-ON DEJA LE PREMIER AVRIL ?

    L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION

    15 h 01, le 20 janvier 2022

  • La "boule" est vraiment perdue...pauvre Liban ! Allez, courage, plus que quelques mois de zigzags à supporter...!!!...et du cinéma pour les visiteurs...! - Irène Saïd

    Irene Said

    14 h 59, le 20 janvier 2022

  • "… certains pays qui ont envoyé des aides à des ONG et non au gouvernement libanais [*]…" - il manque le mot "corrompu” quelque part dans cette phrase, non?

    Gros Gnon

    14 h 47, le 20 janvier 2022

  • On est dans l’aberration la plus totale. Aucun crédit à lui faire.

    Citoyen Lambda

    14 h 33, le 20 janvier 2022

  • Ils ont du se bidonner derrière noeuds pap' et cravates, Lol.

    Je partage mon avis

    14 h 22, le 20 janvier 2022

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