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Lifestyle - This is America

La Journée du bloody mary, cure de... la gueule de bois

Pour toutes les personnes qui, le 31 décembre, ont célébré plus que de raison l’arrivée de la nouvelle année, il est recommandé aux USA de sacrifier le lendemain à la célébration nationale de la Journée du bloody mary afin de retrouver ses esprits. Ou aussi continuer à trinquer pour donner le ton gai aux jours à venir.

La Journée du bloody mary, cure de... la gueule de bois

Les Américains commencent l’année avec le Bloody Mary Day et son drink éponyme. Photo Bigstock

Au pays de l’Oncle Sam, l’une des manières de dessaouler, spécialement au lendemain du 31 décembre, est de guérir le mal par le mal. Forcer sur l’alcool et boire, en l’occurrence, un bloody mary. Pourquoi cette concoction en particulier ? L’histoire, parmi d’autres, dit qu’ayant prolongé une soirée de 1927 jusqu’à 8 heures, George Jessel (1898-1981), comédien américain de l’époque et personnage haut en couleur, avait voulu sortir des vapes sur-le-champ. Se retrouvant dans un bar, il se prépare une boisson avec ce qu’il avait sous la main. Et la propose à d’autres fêtards, encore éveillés comme lui, pour qu’ils se débarrassent de leur excès d’alcool. Ça aurait été un bloody mary. Technique de detox ou une autre de ses extravagances ? Sans doute les deux… Quant au nom affublé à ce mélange, il viendrait du fait qu’une des dames de la high présente ce jour-là et nommée Mary Brown Warburton l’aurait renversé sur sa robe du soir et poussé l’exclamation « bloody Mary » !

Le barman Fernand Petiot, créateur du drink. Photo tirée du compte Instagram du St Regis New York

Pour la « detox », tous les ingrédients sauf la vodka

Cependant, des personnes plus sérieuses font la part des choses à ce sujet. Ainsi le site Serious Eat pour une bonne alimentation a cette explication : « Indépendamment de ce qui cause la gueule de bois, le bloody mary contient de nombreux ingrédients qui pourraient vraiment aider à se sentir mieux. Les tomates sont riches en électrolytes de sodium et de potassium, en vitamine C antioxydante et en une série d’autres vitamines, telles que le lycopène et la vitamine B6. La vitamine B6, en particulier, est l’une des rares substances à avoir démontré qu’elle réduisait les effets de la gueule de bois. D’autres composantes de la tomate, dont les caroténoïdes, ont également été étudiées pour juger de leurs effets médicinaux, mais il n’a pas été prouvé qu’elles sont associées à l’élimination des effets de l’alcool. En ce qui concerne les autres ingrédients salés d’un bloody mary, il sont riches en glutamates. Ces matières avaient leurs pro et leurs anti, néanmoins sans aucune preuve scientifique. Une chose est certaine, la portion de vodka dans le bloody mary n’est nullement bénéfique pour la désintoxication. Si vous voulez vraiment vous sentir mieux après une longue nuit de beuverie, essayez peut-être un verre de virgin mary ».

Les Américains commencent l’année avec le Bloody Mary Day et son drink éponyme. Photo Bigstock

D’autre part, le titre de créateur du bloody mary dont se prévalait George Jessel en 1927 avait été disputé par plusieurs autres, notamment le barman français Fernand Petiot (1900-1975) qui affirmait avoir lui-même inventé le bloody mary alors qu’il travaillait au New York Bar à Paris, devenu plus tard le Harry’s New York Bar, un lieu de rencontre parisien fréquenté par Ernest Hemingway et d’autres migrants américains célèbres. Son cocktail originel aurait été créé sur l’impulsion du moment, selon les propres traditions du bar : il était composé uniquement de vodka et de jus de tomate. Par la suite, en 1925, Petiot avait choisi de s’installer aux États-Unis. Là, il obtient le poste de barman du St. Regis Hotel à New York. En 1933, on le retrouve à la tête d’une équipe de 17 barmen travaillant sous ses ordres et avec pour clients réguliers le Tout-Manhattan, y compris la star des gangsters Frank Costello. C’est au pays de l’Oncle Sam qu’il aurait peaufiné le célèbre drink.

La version non alcoolisée du bloody mary. Photo Bigstock

Quid du créateur ? Fernand Petiot ou George Jessel

Après son déménagement aux États-Unis, Petiot a d’abord ajouté du sel, du citron et du tabasco (désormais considérés comme des ingrédients essentiels au bloody mary), afin de satisfaire les demandes des clients américains pour une boisson plus épicée. Le magazine The New Yorker a cité Petiot disant : « J’ai initié le bloody mary d’aujourd’hui. George Jessel prétend qu’il l’a créé, mais ce n’était vraiment rien d’autre que de la vodka et du jus de tomate quand je l’ai repris. J’ai alors couvert le fond du shaker avec quatre gros traits de sel, deux traits de poivre noir, deux traits de poivre de Cayenne et une couche de sauce Worcestershire. J’ai ajouté ensuite un trait de jus de citron et de la glace pilée, et j’ai versé deux onces de vodka et deux onces de jus de tomate épais. J’ai secoué, filtré et servi. »

Le comédien George Jessel clamait qu’il est le père du bloody mary. Photo tirée du compte Twitter du George Jessel Bloody Mary

Quant à l’appellation de ce drink, outre Mary Brown Warburton, elle est associée à moult personnages historiques. En particulier à la reine anglaise Mary I, surnommée Bloody Mary pour avoir tenté de rétablir violemment l’Église catholique en Angleterre. Certains aficionados de la boisson pensent que l’inspiration proviendrait de la star hollywoodienne Mary Pickford. Pour d’autres, le nom d’une autre Mary, celle-ci serveuse dans un bar de Chicago, le Bucket of Blood, (« Seau de sang »). Et de supposition en supposition, on a même vu dans le prénom Mary un dérivé de Vladimir, difficile à prononcer pour les Américains. Le célèbre barman Fernand Petiot aurait baptisé sa mixture Vladimir en hommage à l’un de ses clients portant le nom de famille Smirnoff, grand fabriquant russe de vodka.


Au pays de l’Oncle Sam, l’une des manières de dessaouler, spécialement au lendemain du 31 décembre, est de guérir le mal par le mal. Forcer sur l’alcool et boire, en l’occurrence, un bloody mary. Pourquoi cette concoction en particulier ? L’histoire, parmi d’autres, dit qu’ayant prolongé une soirée de 1927 jusqu’à 8 heures, George Jessel (1898-1981), comédien américain...

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