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Économie - Énergie

Walid Fayad donne le coup d’envoi des réparations du gazoduc arabe

Le dernier appel d’offres dans le cadre de l’accord portant sur l’échange du fuel irakien a été remporté par la société grecque Elinoil.

Walid Fayad donne le coup d’envoi des réparations du gazoduc arabe

Le ministre de l’Énergie Walid Fayad sur le site des installations pétrolières de Tripoli. Photo DR

Comme annoncé lundi par son service de presse, le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Walid Fayad, s’est rendu sur le site des installations pétrolières de Tripoli hier, dans le nord du pays.

Un déplacement programmé pour donner le coup d’envoi de deux projets-clefs pour le secteur de l’énergie au Liban : celui visant à effectuer les réparations sur le gazoduc arabe qui traverse la Jordanie et la Syrie, dans le cadre d’une initiative américaine annoncée en août dernier dont l’objectif est de permettre au Liban d’importer du gaz égyptien pour une de ses centrales ; et un second visant à réactiver une procédure d’attribution suspendue depuis des années devant confier l’entretien et la construction de réservoirs de stockage de carburant sur le site. Deux chantiers sur lesquels le ministre est revenu dans son allocution sur place, en présence notamment du président du cabinet de conseil Dar al-Handasah, Marwan Kobrosly, chargé de la mise en place de l’appel d’offres dans le cadre de ce second projet, et du PDG de la société égyptienne TGS (Technical Company for Gas Pipeline Operation Services), Hicham Radwane.

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Cette dernière avait été choisie par les autorités parties au projet – Liban et Égypte principalement – pour inspecter tout le tracé du gazoduc reliant l’Égypte au Liban et effectuer les réparations nécessaires pour le rendre opérationnel. Selon Hicham Radwane, cette opération devrait être finalisée dans un délai qui ne devrait pas dépasser « mars prochain ». Le ministre a rappelé que les quantités qui doivent être importées dans le cadre de l’accord avec l’Égypte s’élèveront à 650 millions de mètres cube par an, soit de quoi fournir les 450 mégawatts (MW) à la centrale de Deir Ammar (Liban-Nord), qui pourrait donc fonctionner à plein régime toute l’année. Walid Fayad a souligné l’importance de ce projet pour Électricité du Liban, qui pourra alors fournir entre 8 et 12 heures de courant par jour à « moindre coût comparé à la facture que le pays paye aujourd’hui ». Le PDG de TGS a, de son côté, assuré que ce projet permettra en outre au Liban de devenir une plateforme d’exportation de gaz.

Hub commercial majeur

Un objectif qui doit également permettre d’atteindre le second projet lancé hier par Walid Fayad, à savoir la réactivation de la phase de préqualification des sociétés qui seront chargées de réhabiliter, construire et entretenir des réservoirs de stockage de carburant dans les installations pétrolières de Tripoli, en vertu d’un contrat signé en janvier 2019 entre le ministre de l’Énergie sortant de l’époque, César Abi Khalil, et la société russe Rosneft. Selon le ministre actuel, la première phase consiste à atteindre une capacité de stockage de 151 000 m³, puis 248 000 m³ lors d’une seconde phase, dont il n’a pas non plus précisé la durée. Walid Fayad a enfin indiqué que le déploiement d’une installation photovoltaïque d’une capacité d’un MW était également dans les tuyaux, sans davantage s’étendre sur le sujet. Il a en revanche affirmé que l’ensemble de ces projets serviraient à faire de la grande ville du Liban-Nord un « hub commercial majeur pour les dérivés pétroliers » dans la région, à partir duquel pourront être réexportées des quantités importées d’Égypte mais aussi d’Irak, une fois que le pipeline reliant Tripoli à la ville irakienne de Kirkouk sera remis en service. Les détails concernant le financement de l’ensemble de ces projets n’ont eux non plus pas été communiqués. À ce niveau, la Banque mondiale pourrait épauler le Liban, comme elle prévoit d’ailleurs de le faire pour le second volet de l’initiative américaine, qui consiste à importer de l’électricité de Jordanie. Ces solutions avaient été présentées par la diplomatie américaine alors que le Liban s’enfonce depuis plus de deux ans dans l’une des pires crises économiques et financières de son histoire et que son fournisseur public EDL peine à assurer ne serait-ce qu’un tiers de sa production normale, elle-même insuffisante par rapport aux besoins de ses abonnés. Un mois avant l’annonce de l’ambassadrice des États-Unis au Liban, Dorothy Shea, le ministère de l’Énergie avait fini par conclure un accord avec l’Irak afin de fournir du carburant aux centrales d’EDL, à des conditions présentées comme accommodantes. L’Irak s’est ainsi engagé à fournir 1 000 000 de tonnes de fuel en un an au Liban, en contrepartie desquelles ce dernier doit fournir des « services », selon un processus comportant certaines zones d’ombre. Ces quantités de fuel irakien étant incompatibles avec les centrales d’EDL, en raison de leur forte teneur en soufre, sont ensuite échangées chaque mois contre du carburant compatible, via une société tierce à travers des appels d’offres.

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Depuis août dernier, cinq procédures d’adjudication ont été effectuées dans ce cadre, dont la dernière, qui concernait les quantités de janvier, a rendu son verdict le 22 décembre. C’est la société Elinoil Hellenic Petroleum Company SA, basée à Athènes, qui a remporté l’appel d’offres cette fois. Elle s’engagera en principe à récupérer 75 000 tonnes de fuel irakien entre les 8 et 10 janvier prochains, pour ensuite livrer environ 50 000 tonnes de gasoil à EDL entre les 15 et 20 du même mois. Les précédentes procédures avaient été remportées par les sociétés émiraties ENOC (pour les livraisons de septembre, d’octobre et de décembre) et Coral Energy (pour celles de novembre). L’ancien ministre de l’Énergie Raymond Ghajar, qui avait conclu l’accord côté libanais, avait estimé la valeur du combustible irakien en jeu entre 300 et 400 millions de dollars.


Comme annoncé lundi par son service de presse, le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Walid Fayad, s’est rendu sur le site des installations pétrolières de Tripoli hier, dans le nord du pays.Un déplacement programmé pour donner le coup d’envoi de deux projets-clefs pour le secteur de l’énergie au Liban : celui visant à effectuer les réparations sur le gazoduc arabe qui...

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Quelles sont les « services » attendus en contrepartie par l’Irak ?

AntoineK

13 h 11, le 29 décembre 2021

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Commentaires (3)

  • Quelles sont les « services » attendus en contrepartie par l’Irak ?

    AntoineK

    13 h 11, le 29 décembre 2021

  • C’EST VRAI AVOIR UN CHAPEAU SUR LA TÊTE CONFÈRE UNE AUTORITÉ SUR CEUX QUI N’EN ONT PAS . FAUDRA FAIRE ATTENTION A SON CHAPEAU DE PAILLE , LES RUMINANTS ONT DÉJÀ UN – TARBOUCHE – DANS L’ESTOMAC .

    aliosha

    11 h 17, le 29 décembre 2021

  • Encore de bonnes idées, faire transiter notre énergie par la Syrie...

    camel

    11 h 01, le 29 décembre 2021

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