Rechercher
Rechercher

Politique - Sérail

Mikati évoque « une décision internationale d’empêcher l’effondrement du Liban »

« La présence du gouvernement n’est-elle pas préférable à son départ ? » a déclaré hier le Premier ministre devant une délégation de l’ordre des rédacteurs.

Mikati évoque « une décision internationale d’empêcher l’effondrement du Liban »

Nagib Mikati recevant une délégation de l’ordre des rédacteurs. Photo ANI

« Un parapluie externe et interne protège le Liban et une décision internationale empêchera qu’il aille vers l’effondrement total. » C’est en ces termes que le président du Conseil Nagib Mikati a qualifié la situation actuelle du pays, qui fait face à des crises multidimensionnelles.

Recevant le conseil de l’ordre des rédacteurs présidé par Joseph Kossaïfi, Nagib Mikati a dressé une sorte de bilan préliminaire de l’activité du gouvernement qu’il préside, avant de s’adresser à ceux qui réclament sa démission. « La présence du gouvernement n’est-elle pas préférable à son départ ? Un gouvernement avec des prérogatives complètes n’est-il pas préférable à un gouvernement démissionnaire qui se contente de gérer les affaires courantes ? » a-t-il interrogé.

M. Mikati a ajouté que la démission du gouvernement est « la plus facile des solutions », mais c’est aussi le plus grand mal que l’on puisse faire au pays par les temps qui courent. « Si une telle décision pouvait être profitable, je n’hésiterais pas à la prendre, a-t-il dit. Mais elle ne peut que provoquer une détérioration de la situation et pourrait entraîner le report des élections. »

Le Premier ministre a insisté sur le fait que le gouvernement poursuivait son activité. Interrogé sur la possibilité de tenir une réunion du Conseil des ministres dans un proche avenir, il a répondu que les contacts se poursuivaient dans ce but. Mais, selon lui, toute convocation du Conseil sans avoir réglé au préalable la crise sera considérée comme une provocation par une des composantes du tissu social libanais et elle sera par conséquent suivie de démissions au sein du gouvernement. « Or, a-t-il dit, je ne veux pas prendre le moindre risque qui pourrait nuire au gouvernement. »

L'éditorial de Issa GORAIEB

Les colonnes du temple

C’est le tandem chiite qui insiste pour que le Conseil des ministres prenne la décision de dessaisir le juge en charge de l’enquête du port, Tarek Bitar, ce à quoi les autres parties n’adhèrent pas. En conséquence de quoi le Conseil des ministres est paralysé depuis le 12 octobre. Mardi, devant cette même délégation de l’ordre des rédacteurs, le président de la République Michel Aoun s’était déclaré favorable à la tenue du Conseil des ministres, « même si certains vont le boycotter ». Hier, M. Mikati a affirmé que la coopération est totale entre le chef de l’État et lui-même. « Parler de conflits entre nous, a-t-il ajouté, contribue à augmenter les tensions politiques dans le pays. C’est aussi le cas avec le président de la Chambre avec qui la relation est parfaitement harmonieuse. Les contacts entre nous sont permanents dans le but de reprendre les réunions du Conseil des ministres. Mais en attendant, je peux dire que tous les ministres travaillent avec sérieux et intensité. Nous travaillons en équipe. » Au sujet de l’enquête sur la double explosion au port, le Premier ministre a rappelé que le cabinet ne se mêle pas des questions judiciaires. Pour lui, c’est à la justice de prendre les mesures qu’elle juge adéquates. « Nous ne pouvons pas intervenir dans l’action d’un juge ni décider de le changer, a déclaré M. Mikati. Mais en même temps, les textes constitutionnels sont clairs au sujet de la compétence d’une cour spéciale pour juger les présidents, les ministres et les députés. Il faut les appliquer. Et le juge d’instruction pourra poursuivre naturellement son action... »

Fonds d’aide au Liban

Interrogé sur son entretien téléphonique avec le président français Emmanuel Macron et le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane, en marge de la rencontre des deux derniers à Riyad le 4 décembre, le Premier ministre a déclaré qu’il s’agissait d’une conversation « positive » qui a ouvert de nouveaux horizons. À la question de savoir si elle aura des résultats concrets, il a révélé qu’il y a un accord pour créer un fonds d’aide au Liban financé par le royaume saoudien et la France, destiné à la population à travers les ONG et les associations humanitaires.

Lire aussi

Qu’est-il advenu de l’aide internationale promise au Liban après l’explosion au port de Beyrouth ?

Au sujet des législatives qui doivent se tenir au printemps, le président du Conseil a précisé que son gouvernement allait prendre toutes les mesures nécessaires pour organiser les élections avant le 21 mai prochain, date à laquelle expire le mandat du Parlement. Le corps électoral devrait donc être convoqué au début de 2022. Mais la date précise des élections reste tributaire de la décision du Conseil constitutionnel au sujet du recours qui lui a été présenté et qui devrait se prononcer avant le 21 décembre.

M. Mikati a encore affirmé que ses visites à l’étranger ont montré que le Liban était encore présent sur la carte du monde. Il a raconté ses nombreuses réunions en marge du sommet climatique de Glasgow en novembre. « Je me suis entendu avec le secrétaire général des Nations unies pour qu’il se rende à Beyrouth et il devrait arriver dimanche », a-t-il rappelé. Il a aussi mentionné son entrevue avec le pape François au Vatican le 25 novembre, se déclarant « surpris par la rapidité de son action pour appuyer le Liban ». « Il a immédiatement contacté l’imam d’al-Azhar, le cheikh Ahmad el-Khatib, et tous les deux se sont entendus pour relancer les associations islamo-chrétiennes pour aider le Liban. » Même impression positive de sa visite en Égypte au cours de laquelle il a constaté « un appui total du président Sissi au Liban, que ce soit sur le plan politique ou sur celui de l’approvisionnement en gaz. J’ai senti le même climat lors de mes visites en Irak et en Jordanie ». « D’autres visites sont prévues », a-t-il ajouté.

Crise économique : la solution n’est pas impossible

Sur un autre plan, interrogé sur les avoirs des déposants dans les banques, le président du Conseil s’est voulu rassurant, assurant que les dépôts initiaux et les intérêts justifiés seront restitués aux déposants dans le cadre d’un plan qui sera adopté en accord avec les parties concernées. « La situation est difficile actuellement, mais la solution n’est pas impossible. Au final, chaque citoyen retrouvera ce qui lui est dû », a-t-il dit. Il a ajouté que le gouvernement coopère actuellement avec le Fonds monétaire international pour s’entendre sur un plan de sortie de la crise économique.

Sur le plan des prestations sociales, M. Mikati a révélé que jusqu’à présent, 166 000 demandes présentées sur la plateforme du programme pour les familles les plus pauvres correspondent aux critères requis. « Dans une première étape, a-t-il dit, nous paierons 125 dollars par mois à chaque famille pendant un an, grâce à des fonds assurés par la Banque mondiale. Il y aura aussi sur la même plateforme la carte d’approvisionnement qui devrait permettre d’aider 500 000 familles. »

Nagib Mikati a enfin été prié de s’exprimer sur la crise entre Bahreïn et le Liban, qui a éclaté suite à une conférence de presse tenue à Beyrouth le 9 décembre par un groupe bahreïni dissous, al-Wifaq. Il a reconnu que la liberté d’expression était certes reconnue par la Constitution, mais estimé qu’il fallait « une liberté responsable et respectueuse des relations externes du Liban. Ce pays ne doit pas être une tribune pour nuire aux autres pays, et en particulier aux États arabes frères ».

« Un parapluie externe et interne protège le Liban et une décision internationale empêchera qu’il aille vers l’effondrement total. » C’est en ces termes que le président du Conseil Nagib Mikati a qualifié la situation actuelle du pays, qui fait face à des crises multidimensionnelles. Recevant le conseil de l’ordre des rédacteurs présidé par Joseph Kossaïfi, Nagib Mikati a dressé une sorte de bilan préliminaire de l’activité du gouvernement qu’il préside, avant de s’adresser à ceux qui réclament sa démission. « La présence du gouvernement n’est-elle pas préférable à son départ ? Un gouvernement avec des prérogatives complètes n’est-il pas préférable à un gouvernement démissionnaire qui se contente de gérer les affaires courantes ? » a-t-il interrogé.M. Mikati a...
commentaires (6)

Une "décision internationale" c'est déjà magnifique, merci bien ! Mais une "décision nationale" prise par: Michel Aoun, Nabih Berry, Nagib Mikati et tous leurs alliés...ce n'est pas possible...??? Ces Messieurs ont-ils oublié qu'ils sont "les dirigeants" de ce pays...et si oui, pourquoi les garder ???- Irène Saïd

Irene Said

14 h 58, le 18 décembre 2021

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • Une "décision internationale" c'est déjà magnifique, merci bien ! Mais une "décision nationale" prise par: Michel Aoun, Nabih Berry, Nagib Mikati et tous leurs alliés...ce n'est pas possible...??? Ces Messieurs ont-ils oublié qu'ils sont "les dirigeants" de ce pays...et si oui, pourquoi les garder ???- Irène Saïd

    Irene Said

    14 h 58, le 18 décembre 2021

  • Le gouvernement travaille !!! On ne voit aucun résultat tangible sur le terrain. Pas d’électricité, pas de sécurité, pénurie de médicaments et de soins médicaux, des prix qui s’envolent jour après jour, une monnaie nationale dont le plus gros billet vaut moins que 4$… donc soit ce qui est écrit est faux et que les ministres paradent pour encaisser leurs salaires et embaucher au passage leurs proches ou bien les ministres travaillent mais ce sont des incompétents comme leurs prédécesseurs qui n’arrivent à aucun résultat

    Lecteur excédé par la censure

    09 h 06, le 18 décembre 2021

  • Mikati nous rassure en "affirmant" qu'un parapluie externe et interne protège le Liban et une décision internationale empêchera qu’il aille vers l’effondrement total. Mikati nous rassure aussi- et c'est la notre plus grande garantie que sa relation avec berry & aoun sont au mieux.

    Gaby SIOUFI

    08 h 58, le 18 décembre 2021

  • « une décision internationale d’empêcher l’effondrement du Liban ». Très bien! Mais pourquoi n'y a-t-il pas aussi une "décision NATIONALE"?

    Yves Prevost

    07 h 06, le 18 décembre 2021

  • PAR QUELLE FACILITÉ MIKATI A ÉJECTÉ HARIRI ET L'A REMPLACÉ. POUR FAIRE QUOI ? POUR FAIRE LA MÊME CHOSE, DES AFFAIRES ET EN EXÉCUTANT EN MÊME TEMPS LA POLITIQUE DU HEZBOLLAH. MAIS IL Y A UNE GRANDE DIFFÉRENCE QUAND MÊME ENTRE LES DEUX HOMMES. LE PREMIER ÉTAIT UN GRAND NAÏF, ET CELUI LÀ EST EXTRÊMEMENT GOURMAND ET SANS PITIÉ ET PRÊT À TOUT POUR GARDER SA CHAISE. BIZNESS IS BIZNESS.

    Gebran Eid

    06 h 48, le 18 décembre 2021

  • IL N,Y A QU,UNE SOLUTION. LA FIN DES MERCENAIRES IRANIENS SUR LE SOL DU LIBAN. LEUR DESARMEMENT ET LEURS RAPATRIEMENT EN IRAN AUQUEL ILS ONT ALLEGEANCE.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    00 h 22, le 18 décembre 2021

Retour en haut