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Nos lecteurs ont la parole

Où est le Liban ?

Si on te demande : où en est le Liban ?

Demande-leur : où est le néant ?


Le paradis est perdu,

À jamais disparu,

L’enfer s’est installé,

Pour tous ses gentilés.


Les œuvres et monnaies envolées,

Écoles sans petits,

Facultés hors de prix,

Hôpitaux à l’agonie,

Paroisses démunies.


Et le peuple se dépeuple,

Partis ses infirmiers, ses docteurs

Ses maîtres et ses professeurs

Tout ce qui faisait sa fierté,

Évanouis, disparus, sans pitié.


Fort, de son exception,

Unique parmi les nations,

Son modèle si admiré,

Ses habitants jalousés.


Messager pour les uns,

Par les autres, désiré,

Broyé par les banquiers,

À genoux les Libanais !


Corruption, clientélisme,

Tous les ingrédients du népotisme,

Mélangés dans un amalgame,

Nauséabond et infâme.


Pour avoir murmuré une révolution,

Pour avoir rêvé d’une sélection,

L’oligarchie craint la déroute,

Crie : j’y suis, j’y reste

Quoi qu’il en coûte,

Quoi qu’il en reste !


La pointe s’est retournée,

C’est le peuple qui est visé,

Envolés les souhaits,

Il ne reste que les regrets.


Des cent ans, la famine,

Réapparaît la vermine,

Les sauterelles se sont ruées

Sur la bête dépecée.


Les fruits d’un dur labeur,

Déposés avant l’heure,

Se sont volatilisés,

Purement volés, envolés !


Retournez les amis,

Trimez pour votre survie

Pour gonfler notre pis

De votre sang englouti.


S’approchent les vautours, les nations,

Qui nous voient seuls émigrer

Et veulent profiter,

Offrir aux réfugiés étrangers nos terres et nos maisons !


Mais le Liban, terre bénie,

Renaîtra comme toujours,

Car les prières de chaque jour

Montent haut dans l’infini.


Dieu nous a confié la terre du lait et du miel,

Nous en sommes les héritiers,

Malgré les maux, malgré le fiel.


Pays béni de nos ancêtres,

Qui l’ont labouré de leur sang,

Nous espérons en toi n’être

Que tes parents, tes descendants.

Comme des torrents,

Coule la pluie.


Qui se rue vers la mer,

Elle inonde et féconde la terre de ses bienfaits et de ses fruits.


Comme le cèdre majestueux,

Planté par les mains de Dieu,

Qui déploie vers le ciel ses mille ans

Et recouvre la terre du Levant.


Comme le temps est clément,

Rythmé par les quatre saisons,

Qui dessine, ravi, des paysages

Qui, des yeux, changent le visage.


Comme la terre est généreuse,

Riante dans sa vallée heureuse,

Qui donne en son temps, en son heure,

Toutes les prémices du bonheur.


Malgré les vicissitudes,

Qui engendrent la lassitude,

Malgré tout le mal, tous les appâts,

Le Liban renaîtra ou ne sera pas !


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

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