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Des pauvres et des perroquets

D’une part, il y a quelque chose de stérile à continuer à geindre, à travers tous les supports et réseaux, sur la crise dans laquelle nous sommes collectivement enferrés. D’autre part, lever le nez, serrer les dents, crâner comme on peut, aider où l’on peut (ou compter sur l’entraide), c’est faire le jeu des irresponsables qui prétendent nous gouverner. Non seulement, dans leur veulerie, ils ne fournissent pas le moindre effort pour participer au sauvetage du navire, mais ce sont eux qui bloquent toute issue de secours en comptant sur les âmes charitables pour faire taire la grogne dont ils craignent qu’elle les emporte.


Pour autant, les ventes de charité et distributions de cadeaux qui abondent en cette morne saison, si elles soulagent un peu quelques misères, si elles apaisent l’angoisse d’une ou deux nuits ou arrachent un sourire à un enfant, nul doute qu’elles font mal à la dignité, aussi délicates qu’en soient les intentions. On ne peut pas avoir travaillé des dizaines d’années pour le bien-être des siens et se sentir chanceux ou heureux de devoir compter, du jour au lendemain, sur la soupe populaire pour les nourrir. Mais on conviendra que ces actions fraternelles nous réparent, en tant que société, et contribuent à préparer un avenir plus solidaire. Il sera en effet difficile d’envisager une reprise économique sur le modèle qui a prévalu avant l’effondrement, tout de capitaux fermentés, de bulles, de frime et de thésaurisation. Quand la prospérité reviendra, et l’on sait qu’elle reviendra, même si elle prend son temps, il faudra, pour s’installer dans la durée, qu’elle génère du travail, de la confiance et de la sécurité. Et cela exige une conception de la citoyenneté que le partage sectaire a toujours empêchée de voir le jour.


Le fameux « vivre ensemble » auquel le Liban officiel prétend œuvrer ne signifie pas grand-chose. Depuis le temps que chrétiens et musulmans cohabitent dans ce pays, la symbiose est faite et n’est même plus à questionner. Ce serait plutôt à l’intérieur des communautés qu’il faudrait chercher les pommes de discorde. Et seuls les pôles du pouvoir tentent encore d’agiter le vieil épouvantail des guerres intersectaires pour bien serrer leurs brebis dans l’enclos de leurs ambitions. Ils n’ont pas d’autres arguments, les pauvrets, pour justifier leur inutile présence ; et cet argument-là, face à la souffrance collective, ne vaut plus rien. Un nouveau mot a surgi, depuis les prémices de l’effondrement : « Ensemble ». Et ce mot leur coupe la chique, à tous ces perroquets des rhétoriques du XXe siècle, à ces meneurs de combats d’arrière-garde dont on constate aujourd’hui le résultat des chimériques victoires.


Ce petit pays ne sera pas difficile à nourrir. Tout passera, même l’état d’extrême pauvreté dans lequel nous sombrons. De tous nos domaines d’excellence qui se sont effondrés, il faudra en priorité sauver l’éducation. « Tu dois étudier et apprendre pour pouvoir te faire ta propre opinion sur l’histoire et tout le reste, mais tu ne peux pas te faire d’idées dans le vide. Remplis ton esprit. Tu es peut-être pauvre, tes chaussures peuvent être trouées, mais ton esprit est un palais », lit-on dans Les cendres d’Angela de Frank McCourt. L’avenir reflétera la présence et l’attention que nous avons aujourd’hui les uns aux autres. Mais des palais restent à édifier dans l’esprit de ceux qui grandissent parmi nous et qui un jour tiendront les rênes de la folle cavale qui nous sert de pays.

D’une part, il y a quelque chose de stérile à continuer à geindre, à travers tous les supports et réseaux, sur la crise dans laquelle nous sommes collectivement enferrés. D’autre part, lever le nez, serrer les dents, crâner comme on peut, aider où l’on peut (ou compter sur l’entraide), c’est faire le jeu des irresponsables qui prétendent nous gouverner. Non seulement, dans leur veulerie, ils ne fournissent pas le moindre effort pour participer au sauvetage du navire, mais ce sont eux qui bloquent toute issue de secours en comptant sur les âmes charitables pour faire taire la grogne dont ils craignent qu’elle les emporte. Pour autant, les ventes de charité et distributions de cadeaux qui abondent en cette morne saison, si elles soulagent un peu quelques misères, si elles apaisent l’angoisse d’une ou deux nuits...
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UN DEBUT DE SOLUTION SERAIT DE RETIRER AUX MARONITES L'EXCLUSIVITE D;ACCEDER AU TABOURET DE BAABDA. PRENDRE DE VITESSE KHAMENAI SERAIT SYMPA NON ? CE DERNIER DEVRA ATTENDRE ENCORE 15 ANS AVANT DE REDONNER LE TAMPO.

Gaby SIOUFI

16 h 34, le 16 décembre 2021

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  • UN DEBUT DE SOLUTION SERAIT DE RETIRER AUX MARONITES L'EXCLUSIVITE D;ACCEDER AU TABOURET DE BAABDA. PRENDRE DE VITESSE KHAMENAI SERAIT SYMPA NON ? CE DERNIER DEVRA ATTENDRE ENCORE 15 ANS AVANT DE REDONNER LE TAMPO.

    Gaby SIOUFI

    16 h 34, le 16 décembre 2021

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