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Sous-pharaon et croûtons

Si l’on se résume bien, il ne reste plus aux Libanais pour se dépêtrer de la ratatouille diplomatique avec les princes sans rire du Golfe, que les bons offices de la Ligue arabe et de son sous-pharaon Houssam Zaki, venu cette semaine fourrer sa truffe dans notre République de poche. Beaucoup trop payé pour ce qu’il fait, mais pas assez pour ce qu’il s’emmerde, sa démarche rappelle celle de son aîné Amr Moussa qui s’était fait mousser dans le marigot local après la déglingue divine de 2006. À quoi tient parfois notre bonheur !

Comme en ce moment on s’ennuie ferme au sein du vieux Machin du Caire, que la mélasse israélo-palestinienne vire au barbant et que le Salon du missile au Yémen devient monotone, ce brave Houssam a ainsi décidé de venir se marrer auprès de nos vieux croûtons. Agréable coïncidence : ces derniers, eux aussi, ont du temps à perdre depuis qu’il n’y a plus rien à pomper dans les caisses de l’État. Il y a donc eu comme qui dirait une convergence d’ennui, qui a poussé tout ce joli monde à refaire le Liban autour d’un bon café.

Le vice-Ramsès, lui, était fin prêt pour la tournée des trois canassons : un ancêtre orangé flétri en son Château, son cadet gavé affalé en son clapier de luxe de Aïn el-Tiné, et leur benjamin de peu tentant de retenir un gouvernement qui part en quenouille.

Puis c’est l’inénarrable conférence de presse conjointe. Le Ligue arabeux, qui visiblement n’a rien à gratter de nos histoires, déballe son laïus d’un air grave et compassé comme si sa vie en dépendait. Après un quart d’heure de verbiage convenu, voire sans intérêt, les journalistes l’interrogent sur son projet de réconciliation avec les roitelets des sables. Réponse courageuse et sans rire du diplomate diplômé : « Seul le dialogue pourra recoller les morceaux. » Aussitôt relayé par notre ministre du Dehors Bou Machin, qui cherche à glisser que l’idée venait de lui. Bref, des propos qui ne mangent pas de pain, issus de la phosphorescence exclusive des neurones respectifs des deux individus, mais qui ont meublé avantageusement la vacuité de cet instant historique.

Sur ce, l’ami Houssam promet machinalement d’en parler aux Saoudiens et à leurs voisins de palmiers émiratis et koweïtiens, avant de s’en retourner à sa sieste sous les pyramides. Comme d’habitude avec les responsables arabes, en ne disant les choses qu’à demi-mot, on ne s’y intéresse qu’à moitié. La mission du Nubien était censée faire des vagues, elle n’a provoqué qu’un clapotis.

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Si l’on se résume bien, il ne reste plus aux Libanais pour se dépêtrer de la ratatouille diplomatique avec les princes sans rire du Golfe, que les bons offices de la Ligue arabe et de son sous-pharaon Houssam Zaki, venu cette semaine fourrer sa truffe dans notre République de poche. Beaucoup trop payé pour ce qu’il fait, mais pas assez pour ce qu’il s’emmerde, sa démarche rappelle...

commentaires (1)

C'est à faire rêver d'un " Histoire du Liban moderne expliquée par G. Nasr"... Édition limitée au connaisseurs

Wlek Sanferlou

01 h 38, le 13 novembre 2021

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Commentaires (1)

  • C'est à faire rêver d'un " Histoire du Liban moderne expliquée par G. Nasr"... Édition limitée au connaisseurs

    Wlek Sanferlou

    01 h 38, le 13 novembre 2021

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