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Politique - Crise diplomatique

Joumblatt s'en prend au Hezbollah et réclame que le Liban s'excuse auprès de l'Arabie saoudite

Le chef du PSP accuse le parti pro-iranien de saboter l'économie du pays.

Joumblatt s'en prend au Hezbollah et réclame que le Liban s'excuse auprès de l'Arabie saoudite

Le leader druze et chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, à Paris. Photo d'archives AFP

Le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, s'en est pris au Hezbollah et a appelé, dans des propos d'une rare virulence, à révoquer le ministre libanais de l'Information, Georges Cordahi, soulignant la nécessité pour le Liban de présenter des excuses officielles à l'Arabie saoudite afin de mettre un terme à la grave crise diplomatique provoquée par des déclarations anti-saoudiennes du ministre. Dans un entretien accordé lundi soir à la chaîne locale MTV, le leader druze a affirmé "avoir été trop patient avec le Hezbollah", et a accusé le parti pro-iranien de vouloir mener le pays à l'effondrement économique, notamment en faisant courir le risque aux Libanais dans le Golfe d'être expulsés suite à la crise.

L'Arabie saoudite avait rappelé son ambassadeur et demandé à l'ambassadeur libanais à Riyad de quitter le pays à la suite des propos de M. Cordahi, qui avait critiqué son intervention militaire au Yémen, et défendu les rebelles houthis appuyés par l'Iran. Le royaume wahhabite a également arrêté les importations libanaises, alors que le Koweït, les Emirats arabes unis et Bahreïn prenaient des mesures de rétorsion à l'égard du Liban. M. Cordahi, soutenu par le Hezbollah, refuse de démissionner, et affirme que ses propos ont été tenus dans une émission télévisée enregistrée avant sa prise de fonction.

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"La solution immédiate de la crise est de révoquer le ministre Cordahi et de présenter des excuses officielles à l'Arabie saoudite", a-t-il déclaré. Puis de violemment critiquer la formation de Hassan Nasrallah : "J'ai été trop patient avec le Hezbollah", a-t-il lancé. Selon lui, le parti chiite "veut bloquer l'économie dans le pays" et "il y est presque parvenu".  M. Joumblatt a indiqué qu'une note interne secrète circulait sur des groupes WhatsApp proches du Hezbollah dans laquelle la formation chiite "appelle ses partisans à se préparer à accueillir des membres d'une seule communauté qui seraient expulsés du Golfe". Le Hezbollah "détruit leurs vies", a-t-il ajouté, accusant le Hezbollah de faire le courir le risque aux Libanais d'être expulsés de ces pays. Les Libanais dans le Golfe vivent dans la crainte de mesures d'expulsion depuis le début de la crise, bien que le royaume ait assuré ne pas avoir l'intention de le faire.

Le leader du PSP a regretté "ne pas avoir vu de prise de position du chef de l'Etat libanais, Michel Aoun, sur la crise avec le Golfe" et l'a appelé à agir. Il a également critiqué la gestion de cette crise diplomatique par le ministre des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, mais a salué celle du Premier ministre, Nagib Mikati, qu'il a qualifiée d'"excellente", notant que celui-ci "déploie des efforts dans un champ de mines". 

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Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Hossam Zaki, venu lundi en mission de médiation à Beyrouth, avait rencontré les trois responsables, ainsi que le président du parlement, Nabih Berry, et appelé à la démission de M. Cordahi pour permettre d'amorcer une solution.

Le Hezbollah veut bloquer l'enquête 
Interrogé au sujet du drame du 4 août 2020, M. Joumblatt a estimé que le Hezbollah "veut bloquer le port au lieu de sortir du cercle vicieux de l'enquête et de procéder à sa reconstruction. Qui profite du blocage du port? Ashdod et Haïfa", en Israël, a-t-il dit.

Le chef du PSP a noté, à ce sujet, que le juge Tarek Bitar, en charge de l'instruction sur les explosions du port de Beyrouth, et qui fait face à une levée de boucliers de la classe dirigeante, pourrait poursuivre son travail parallèlement à la Haute Cour chargée de juger les présidents et les ministres. Il a également mis en garde contre un troc entre les enquêtes sur le drame du 4 août et les affrontements de Tayouné.

M.  Joumblatt a indiqué, dans ce contexte, que s'il était à la place du chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, il se serait présenté à son interrogatoire. M. Geagea avait refusé de se présenter devant le juge pour être interrogé comme témoin sur les violences du 14 octobre à Tayouné, affirmant qu'il le ferait si le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, faisait de même.

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Les violences avaient éclaté en marge d'une manifestation de partisans du Hezbollah et du mouvement chiite Amal contre le juge Bitar devant le palais de justice. Des membres des deux formations chiites, certains lourdement armés, étaient entrés dans des ruelles du quartier de Aïn Remmaneh, et provoqué les habitants selon M. Geagea. Des tirs d'origine inconnue les ont visés, faisant sept morts, et les deux partis accusent des francs-tireurs des FL, ce que cette formation dément.

Interrogé au sujet des prochaines élections législatives, prévues au printemps, M. Joumblatt a estimé que "tout recours" contre la loi électorale, comme celui que le Courant patriotique libre (aouniste) se prépare à présenter, "veut dire qu'on va vers un torpillage" de cette échéance.

Le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, s'en est pris au Hezbollah et a appelé, dans des propos d'une rare virulence, à révoquer le ministre libanais de l'Information, Georges Cordahi, soulignant la nécessité pour le Liban de présenter des excuses officielles à l'Arabie saoudite afin de mettre un terme à la grave crise diplomatique provoquée par des déclarations...
commentaires (7)

Comment il ose ? Demain, c'est l'inverse.

Esber

17 h 20, le 09 novembre 2021

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Commentaires (7)

  • Comment il ose ? Demain, c'est l'inverse.

    Esber

    17 h 20, le 09 novembre 2021

  • Si demain Hassouna levé le doigt ce menteur pliera l’échine et reviendra sur ses mots. Rien de nouveau al'horizon. Quand a l'interpellation de Geagea, sans vouloir faire de la peine a Joumblatt, elle était illégale et donc il n'y a aucune raison pour lui de se déplacer. Pour finir, Il ne peut en avoir marre du Hezbollah et en même temps permettre que son parrain et son poulain soient au dessus des lois. Comme toujours, son complexe d’infériorité le pousse a vouloir a ce que l'image du Chrétien soit celle d'un éternel coupable, d'un dhimmis, la ou il pense être leur place. Ces méthodes ne passent plus et a partir de maintenant il lui faudra revoir ses comptes car a l'avenir les FL le dirigeront que cela lui plaise ou pas et il devra faire avec.

    Pierre Hadjigeorgiou

    14 h 11, le 09 novembre 2021

  • NOS amis ( pour certains ) Les Wahhabites , fulminent contre nos crapules politiques/financiers : où sont les milliards de dollars que vous avez empochés ? CHANCE : Joumblat et Cie se cachent derrière le paravent CORDAHI et …COMMENTENT ,CHOQUÉS . et Ils vont être RÉÉLUS .

    aliosha

    13 h 56, le 09 novembre 2021

  • Please istèz joumblatt, datez vos declarations, signez les et donnez leur une date d'expiration ferme. Vos positions changent si souvent qu'on ne sait plus où vous vous placez! Choukran. By the way, votre dernière déclaration est louable et l'on espère que sa durée serait longue!?

    Wlek Sanferlou

    13 h 15, le 09 novembre 2021

  • Il change plus d’avis, promis-juré-craché ? Le Liban doit être mis sous tutelle de l’ONU !

    TrucMuche

    12 h 17, le 09 novembre 2021

  • Bravo ! Il est temps d' appeler un chat un chat ! Ou bien un rat un rat !

    LeRougeEtLeNoir

    12 h 05, le 09 novembre 2021

  • C,EST TROP PEU DIRE. CES MERCENAIRES CHIITES SABOTENT TOUT LE PAYS ET SON PEUPLE TOUT ENTIER AVEC LEURS TRAITRES ET PARAVENTS CHRETIENS.

    LA LIBRE EXPRESSION

    11 h 57, le 09 novembre 2021

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