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Politique - Crise diplomatique

Pour la Ligue arabe, le départ de Cordahi passe d’abord

Après Houssam Zaki, le ministre qatari des Affaires étrangères pourrait mener une mission de bons offices entre le Liban et les monarchies du Golfe.

Pour la Ligue arabe, le départ de Cordahi passe d’abord

Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe Houssam Zaki lors d’une conférence de presse commune avec le chef de la diplomatie libanaise Abdallah Bou Habib, hier, à Beyrouth. Photo Dalati et Nohra

La Ligue arabe est entrée de plain-pied dans les efforts visant à résoudre la grave crise diplomatique entre le Liban et les monarchies du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, déclenchée par les propos polémiques du ministre de l’Information, Georges Cordahi, sur le rôle de Riyad dans la guerre du Yémen. Et c’est en bon diplomate, mais sur un ton qui ne prête pas à équivoque, que Houssam Zaki, secrétaire général adjoint de la Ligue, a posé la condition sine qua non à toute sortie de cette brouille : « Il est clair que la démission du ministre peut désamorcer la crise », a-t-il ainsi lancé lors d’une journée marathon de concertations avec les trois pôles du pouvoir et le chef de la diplomatie libanaise. Une option que l’intéressé, fort surtout du soutien de ses parrains, à savoir le chef des Marada, Sleiman Frangié, et surtout le Hezbollah, continue de refuser. Une source bien informée confie dans ce contexte à L’Orient-Le Jour qu’une décision officielle libanaise portant sur une mise à l’écart de Georges Cordahi pourrait être le point de départ d’une intercession de la Ligue arabe auprès de Riyad dans le but de réchauffer les relations avec le gouvernement de Nagib Mikati, avec lequel aucun contact saoudien n’a été établi depuis sa formation.

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La visite de M. Zaki à Beyrouth pourrait également être suivie, la semaine prochaine, par celle du ministre qatari des Affaires étrangères qui mènera une mission de bons offices entre le pays du Cèdre et ceux du Golfe, rapporte l’agence al-Markaziya. Sauf qu’il semble de plus en plus improbable que les médiations arabes portent leurs fruits. Les responsables du Hezbollah ne cessent d’intensifier leurs attaques verbales contre le royaume, le numéro deux du parti, Naïm Kassem, allant même jusqu’à déclarer dimanche que c’était « à l’Arabie saoudite de présenter des excuses ». L’Arabie saoudite, de son côté, place le problème « bien au-delà des simples commentaires d’un ministre », selon les termes de son chef de la diplomatie, Fayçal ben Farhan, qui avait dénoncé « l’hégémonie du Hezbollah sur le Liban ».

Visite en Arabie saoudite ?

Arrivé hier matin à Beyrouth, Houssam Zaki s’est d’abord rendu à Baabda, où il s’est entretenu avec le président Michel Aoun. Le diplomate égyptien a déclaré que sa tournée « vise d’abord à s’informer de la position libanaise afin de déployer des efforts pour rapprocher les points de vue et résoudre la crise avec l’Arabie saoudite ». « Le but de la Ligue arabe est de (préserver) l’intérêt du Liban et des pays du Golfe », a-t-il insisté. « En fin de journée, il y aura une idée globale de la trajectoire que nous prendrons », a souligné le numéro 2 de la Ligue arabe. Il a ensuite affirmé qu’il se rendra à Riyad « si cela s’avère nécessaire (...) Mais nous devons d’abord voir une ébauche de solution ». Pour sa part, le président Aoun a affirmé que la solution passe par « un dialogue honnête » entre le Liban et l’Arabie. Plaidant pour « une séparation entre les décisions prises par l’État libanais et les positions de certains individus ou groupes, surtout s’ils n’ont pas de poste officiel », il a fait savoir que « le Liban n’hésitera pas à prendre toute décision qui contribuerait à créer un climat favorable à un dialogue franc qui prendrait en compte la souveraineté nationale et une institutionnalisation des rapports » bilatéraux.

« Personne n’a effectué un seul pas »

Par la suite, le diplomate s’est entretenu au Grand Sérail avec le Premier ministre Nagib Mikati. Ce dernier a affirmé que Beyrouth déploiera tous les efforts nécessaires pour remédier à toutes les lacunes qui entachent les rapports du Liban avec les pays du Golfe dans un esprit de fraternité et de coopération. Il a déclaré que la Ligue arabe pourrait jouer un rôle pour rapprocher les points de vue. « Un rôle auquel nous nous attachons », a-t-il insisté, réitérant le fait que le Liban se conforme aux résolutions de la Ligue arabe, notamment en ce qui concerne la crise au Yémen. Pour sa part, M. Zaki a réaffirmé que sa tournée vise à « sonder les Libanais afin de voir ce qu’ils peuvent faire pour dépasser cette crise diplomatique et trouver une solution qui convienne à tous ». « Tout le monde comprend qu’il y a une crise et la plupart savent comment la régler (...) mais personne n’a effectué un seul pas dans cette direction », a-t-il regretté. « Il est clair que la démission du ministre peut désamorcer la crise », a par la suite lancé le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe. « Nous devons obtenir plus d’assurances que cette mesure peut être appliquée », a-t-il ajouté.

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Faut-il abolir le ministère de l’Information ?

Selon des sources concordantes citées par notre correspondante Hoda Chédid, Houssam Zaki a affirmé à ses interlocuteurs que la démission de Georges Cordahi est le premier pas vers une solution, précisant que Riyad refuse de donner à ce stade des garanties concernant sa prise de position dans la prochaine phase. Toujours selon notre correspondante, le président de la République et le Premier ministre ont assuré au numéro 2 de la Ligue arabe avoir demandé à Georges Cordahi de rendre son tablier, mais que ce dernier refuse toujours de le faire. M. Cordahi, soutenu par ses alliés, considère que ses propos ne sont pas la cause de la crise et que sa démission ne sera pas la solution. Nagib Mikati a tout de même lancé un nouvel appel implicite à la démission du ministre de l’Information. Réitérant, devant le Conseil économique et social, « l’attachement du Liban à entretenir les meilleurs rapports avec l’Arabie saoudite », M. Mikati a déclaré : « Nous sommes également attachés à ce que chaque ministre soit doté d’un sens du patriotisme, et puisse faire primer l’intérêt du Liban, ses habitants et ses expatriés. »

« La question n’est pas simple »

Houssam Zaki a également rencontré le ministre des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib. Lors d’une conférence de presse commune, le diplomate égyptien a estimé que « la question (la crise diplomatique) n’est pas simple et dépasse les propos d’un ministre sur ce qui se passe au Yémen. Il s’agit d’une prise de position globale que l’Arabie a condamnée. Et cette position va à l’encontre des décisions arabes concernant la guerre au Yémen ». M. Zaki a appelé à ne pas traiter « à la légère » ce dossier. De son côté, M. Bou Habib s’est dit « favorable à toute initiative qu’entreprend la Ligue arabe ». À l’issue de son entretien avec le président du Parlement, Nabih Berry, Houssam Zaki a enfin affirmé que la démission de Georges Cordahi « aurait pu désamorcer la crise dès le début ». Selon lui, les trois pôles du pouvoir se sont montrés attachés aux bonnes relations entre le Liban et les pays arabes du Golfe. Houssam Zaki a enfin démenti les rumeurs qui circulent concernant une possible expulsion des ressortissants libanais dans les pays du Golfe. « Ces propos sont dénués de vérité et visent à miner la mission que j’effectue en ce moment », a-t-il dit.

La Ligue arabe est entrée de plain-pied dans les efforts visant à résoudre la grave crise diplomatique entre le Liban et les monarchies du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, déclenchée par les propos polémiques du ministre de l’Information, Georges Cordahi, sur le rôle de Riyad dans la guerre du Yémen. Et c’est en bon diplomate, mais sur un ton qui ne prête pas à équivoque, que...
commentaires (8)

Ben les guerres qui sont en Irak Yémen etc n’ont ils pas tous un point commun ?!?!! Siiiii … l’Iran … donc pour faire cesser la guerre chez eux il faut forcer l’Iran à s’agenouiller !! Car le KSA et compagnie étaient depuis toujours dans ces pays et y avait pas de guerre !! SAUF QUAND EST ARRIVE LES SUPPÔT DE L’IRAN

Bery tus

14 h 31, le 09 novembre 2021

Tous les commentaires

Commentaires (8)

  • Ben les guerres qui sont en Irak Yémen etc n’ont ils pas tous un point commun ?!?!! Siiiii … l’Iran … donc pour faire cesser la guerre chez eux il faut forcer l’Iran à s’agenouiller !! Car le KSA et compagnie étaient depuis toujours dans ces pays et y avait pas de guerre !! SAUF QUAND EST ARRIVE LES SUPPÔT DE L’IRAN

    Bery tus

    14 h 31, le 09 novembre 2021

  • CUILA C,EST UN DRAT 3AL BLAT... EN SOUFFLANT LOIN LE DRAT IL FAUT SE DEBARRASSER AUSSI SANS FAUTE DES BLATS TOUT AUSSI DRATS QUI LE GARDENT DE GLISSER.

    LA LIBRE EXPRESSION

    14 h 03, le 09 novembre 2021

  • Les pays du Golfe et l'Arabie Seoudite en tete on bien fait! Il faut que quelqu'un bouge et dise stop. Au Liban il n 'y a personne pour le faire. Le president soit disant fort est lethatgiqueet dans un coma total. Donc, amoins d'un sursaut des vrais LIbanais point de salut!

    IMB a SPO

    13 h 04, le 09 novembre 2021

  • SI PAS CENSURE : « Il est clair que la démission du ministre peut désamorcer la crise », a-t-il ainsi lancé lors d’une journée marathon de concertations. Merci pour cette Sortie Simpliste : Alors que doit-on faire pour désamorcer la guerre en Syrie, Irak , Yémen , Libye , conflit Algérie-Maroc , Marc – Mauritanie . Merci

    aliosha

    12 h 27, le 09 novembre 2021

  • L’hystérie bat son plein! Le clown aux AF, le Atik déteint, la mortadella à la testostérone iranienne et la bande Syrie- iranienne sinistre doit dégager le terrain sinon dégageons-les illico chez leurs maîtres.

    Wow

    12 h 22, le 09 novembre 2021

  • S,IL NE DEMISSIONNE PAS CAR IL N,A NI AMOUR PROPRE NI DIGNITE ET S,EN FOUT DES CATASTROPHES QU,IL CAUSE A TOUS IL FAUT LE CHASSER TOUT COURT MR. MIKATI. QUE DIABLE DRESSE TA TAILLE UN PEU, PAS CELLE DE TON CORPS QUI EST SMALLAH...

    LA LIBRE EXPRESSION

    12 h 01, le 09 novembre 2021

  • inutile de s'attarder sur l'avis du vieillard senile a la tete des AF. mais je trouve que donner autant d'importance vs la demission de l'animateur de jeux est une erreur, encore plus lorsque les medias titrent que "" LA LIGUE ARABE VEUT LA TETE DE CE MEC"" c'est donner plus de raisons a nasrallah de la "refuser" en attisant sa fierte

    Gaby SIOUFI

    08 h 33, le 09 novembre 2021

  • Cirdahi doit démissionner ou être démis. Mais pour cela il faut un président fort et un premier ministre aussi fort, pas deux mollassons qui ne savent que débiter des paroles creuses en langue de bois

    Lecteur excédé par la censure

    07 h 24, le 09 novembre 2021

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