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Politique - Affaire de Tayouné

La magistrature entretient le flou sur une éventuelle convocation de Samir Geagea

Les affrontements meurtriers du 14 octobre et la tension politique qui s’est ensuivie, au centre d’un entretien entre le patriarche maronite Béchara Raï et le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun.

La magistrature entretient le flou sur une éventuelle convocation de Samir Geagea

Le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, a été reçu hier matin par le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï. Photo al-Markaziya

Ébruitées jeudi, les informations sur une convocation du chef des Forces libanaises, Samir Geagea, par le parquet du tribunal militaire qui voudrait recueillir sa déposition sur les affrontements meurtriers de Tayouné, le 14 octobre, n’étaient toujours pas officiellement confirmées hier. À Meerab, on confie à L’Orient-Le Jour que M. Geagea n’a pas été notifié d’une quelconque convocation, au moment où le parquet de la Cour de cassation de Beyrouth faisait allusion à une possible convocation sans aller jusqu’à l’affirmer.

Selon les informations qui ont circulé jeudi, le commissaire du gouvernement par intérim près le tribunal militaire, Fadi Akiki, a chargé les services de renseignements de l’armée de convoquer M. Geagea, sur la base de données qui auraient été fournies par des partisans des FL interpellés après de violents affrontements avec des combattants du Hezbollah qui manifestaient dans le périmètre du Palais de justice pour réclamer le remplacement du juge Tarek Bitar, chargé de l’enquête sur la double explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020. Sept personnes sont mortes durant l’échange de tirs, qui fait toujours l’objet d’une enquête menée par l’armée. Plus d’une vingtaine de personnes ont été jusque-là interpellées, dont des partisans des FL qui démentent cependant toute implication dans cette affaire, alors que le Hezbollah les accuse d’être à l’origine des violences.

L'éditorial de Issa GORAIEB

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Dans la journée, plusieurs médias locaux ont relayé une information selon laquelle le procureur de la République, Ghassan Oueidate, a gelé la démarche du juge Akiki. Si M. Oueidate a démenti toute intervention dans cette affaire, il a indirectement confirmé une volonté judiciaire de recueillir le témoignage de M. Geagea au sujet des incidents de Tayouné. « L’information rapportée par certains médias au sujet d’une décision du procureur général près la Cour de cassation de geler celle que (….) le juge Fadi Aki a prise (…) est dénuée de tout fondement. La notification par laquelle le commissaire du gouvernement par intérim demande à la direction des services de renseignements de l’armée d’auditionner le chef des FL fait l’objet d’un suivi de la part des autorités compétentes pour déterminer si elle implique un interrogatoire auprès de cette direction ou auprès du magistrat qui a lancé la notification », explique le communiqué que le bureau du procureur a fait paraître dans l’après-midi, en prenant soin de préciser qu’ « il n’existe aucun délai pour cela ». Ce qui, en d’autres termes, signifie que le chef des FL peut être à tout moment notifié d’une convocation qui, pour l’heure, semble être brandie comme une épée de Damoclès .Pour Samir Geagea, il s’agit d’une tentative d’intimidation qui s’explique par une volonté du Hezbollah de museler ses adversaires. Dans son intervention télévisée jeudi soir, au cours de laquelle il avait répondu presque point par point au réquisitoire dressé contre lui lundi par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le chef des FL avait critiqué une justice instrumentalisée selon lui par la formation pro-iranienne. Il avait aussi insisté à plusieurs reprises sur le fait que « le temps où le système sécuritaire libano-syrien faisait la loi est à jamais révolu », laissant ainsi entendre qu’il ne sera pas possible aujourd’hui au Hezb de monter un dossier contre lui.

Samir Geagea s’était dit disposé à comparaître devant le magistrat s’il est convoqué pour témoigner, mais à condition que ce dernier recueille également la déposition de Hassan Nasrallah. Il est revenu à la charge sur ce point hier. « En tant que chef d’un parti officiel libanais, je reste sous la loi. Mais pour que justice soit faite, il faut que la magistrature se comporte sur cette base avec toutes les parties locales. Il semble cependant que les principaux acteurs des événements de Aïn el-Remmané (Tayouné) se considèrent au-dessus de la loi, et malheureusement, la justice militaire les conforte dans cette conviction », a-t-il écrit sur son compte Twitter, pendant que des députés de son bloc parlementaire se déchaînaient contre le Hezbollah.

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L’affaire semble avoir pris une dimension politique qui outrepasse le cadre du bras de fer entre les deux partis adversaires, si l’on tient compte des informations rapportées en soirée par la LBCI au sujet de l’entretien que le chef de l’Église maronite, le patriarche Béchara Raï, a eu avec le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, qu’il a reçu le matin à Bkerké. Citant des sources informées, la LBCI a indiqué que le général Aoun aurait demandé au patriarche d’intervenir pour geler la convocation adressée à M. Geagea, de peur d’une « aggravation de la tension sur le terrain, notamment au sein de la rue chrétienne », et que Mgr Raï aurait pris contact avec le juge Ghassan Oueidate pour relayer cette demande. Sollicité par la LBCI, Bkerké a démenti cette information, ainsi que tout lien entre la rumeur sur une intervention du procureur de la République auprès du parquet militaire et la visite de Joseph Aoun au patriarche « prévue depuis bien avant les incidents de Tayouné ». Il n’en demeure pas moins que sur son compte Twitter, Bkerké a repris des extraits de la dernière homélie dominicale du patriarche, stigmatisant, sans le nommer, le comportement du Hezbollah et mettant en garde contre « la fabrication de dossiers contre telle ou telle partie ».


Ébruitées jeudi, les informations sur une convocation du chef des Forces libanaises, Samir Geagea, par le parquet du tribunal militaire qui voudrait recueillir sa déposition sur les affrontements meurtriers de Tayouné, le 14 octobre, n’étaient toujours pas officiellement confirmées hier. À Meerab, on confie à L’Orient-Le Jour que M. Geagea n’a pas été notifié d’une quelconque...

commentaires (7)

Faudrait d’abord convoquer Berri et le barbu iranien qui ont attaqué agressivement un quartier paisible . Common sense,,

Wow

16 h 48, le 23 octobre 2021

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Commentaires (7)

  • Faudrait d’abord convoquer Berri et le barbu iranien qui ont attaqué agressivement un quartier paisible . Common sense,,

    Wow

    16 h 48, le 23 octobre 2021

  • Et on a encore le miniature chef du CPL qui demande à ce que geagea se soumette à la justice (qui est biaisé déjà à la base dans son cas) ne demandant même pas à ce même juge de convoquer ceux qui ont envahis 3ain remaneh … petit tu ne sera plus jamais député

    Bery tus

    15 h 48, le 23 octobre 2021

  • Ils montent en épingle une histoire tarabiscotée pour masquer les exactions de ce barbu armé qui se permet à tout moment de mettre à feu et à sang le pays puis appelle, que dis-je exige, des autorités concernées à désigner un autre coupable et ces derniers s’exécutent sans broncher à fabriquer un dossier pour incriminer des innocents et laisser libre le premier coupable malgré toutes les preuves de sa culpabilité. Vendus tous, et sous les ordres de ces traitres, il serait temps de les déloger de leurs postes et les juger en les remplaçant par des citoyens compétents et honnêtes à l’image de notre héros le juge Bitar. Y en a marre des traitres et des vendus il faut que cela cesse.

    Sissi zayyat

    11 h 26, le 23 octobre 2021

  • C'est Nasrallah et ses sbires qui devraient être convoqués. Seulement voilà, ce n'est même pas imaginable car c'est le personnage le plus puissant du pays, à cause de la faiblesse, de la corruption, du clientélisme, des divisions, de tous les autres. C'est lui qui est à l'origine de cette manifestation armée d'intimidations et de harcèlements. A tout moment il peut déclencher une guerre civile, une guerre contre notre voisin du dessous qui ne demande rien. À tout moment il peut décider d'en finir avec le Liban !

    Zahar Nicolas / CONSEILS & GESTION SARL.

    10 h 18, le 23 octobre 2021

  • bizarre cette info. on aurait pense que, tout le contraire, c'aurait ete Rai qui demanderait a Aoun d'intervenir aupres de Akiki ?!

    Gaby SIOUFI

    10 h 06, le 23 octobre 2021

  • Justice ? Mais de quelle justice vous parlez ? Celle qui a laissé en liberté les assassins de Rafic Hariri, Gebran Tueni, Pierre Gemayel et toutes les autres victimes comme par hasard uniquement du bord souverainiste. Ou bien la justice qui empêche par tous les moyens le seul homme intègre et courageux qu’est le juge Bitar de découvrir la vérité du crime contre l’humanité qu’a été l’explosion du 4 août. La justice libanaise est comme tous les autres secteurs de l’administration : incompétente, politisée, corrompue et délabrée. Les éléments du Hezbollah qui ont tiré des millions de balles à visage découverts et filmés des centaines de fois par les médias, ceux qui ont envahi et cassé les quartiers chrétiens en criant chiaa chiaa sont laissés tranquilles alors que les citoyens qui n’ont fait que se défendre sont convoqués devant cette justice parce qu’ils sont sympathisants FL. La justice est comme le pays : tous FOUTUS

    Censuré par l’OLJ

    08 h 22, le 23 octobre 2021

  • QU,ILS CONVOQUENT AVANT TOUT LES DEUX RESPONSABLES DES VOYOUS PROVOCATEURS LACHES ARMES SUR LES QUARTIERS CHRETIENS SPECIFIQUEMENT H.N. ET BERRY. SINON IL N,Y A PAS DE JUSTICE.

    CENSURE + CARENCE + BOURDES = FUITE DES ABONNES.

    05 h 41, le 23 octobre 2021

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