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Nos Lecteurs ont la Parole

Une question qui tue

Ma vie est un grand dilemme en ce moment. Rester ou partir ? C’est une question très simple mais à la fois très compliquée. On le dit souvent ici, ce sont les questions les plus simples qui sont souvent les plus difficiles à résoudre. Et en ce moment, je suis bloquée. Je suis incapable de trouver la bonne réponse à cette question alors que tant de mes amis réussissent à la résoudre avec un calme saisissant.

Elle est dure, cette vie. Nous naissons, et l’écho de nos cris résonne partout. C’est comme si nous avons un aperçu de ce qui nous attend avant même d’avoir vu la lumière du jour. Mais la vie d’un Libanais n’est pas seulement dure, elle est pénible. Lorsqu’un bébé naît au Liban, nous disons « Haram, Allah ysse3do » (le pauvre, que Dieu soit avec lui). Naître au Liban est une malchance et non une chance. C’est être maudit au lieu d’être béni. C’est porter des responsabilités à 16 ans au lieu de rêver de nos années futures. C’est être angoissé pour le lendemain dès aujourd’hui. Mais être libanais c’est aussi être résilient. C’est avoir une volonté de survie aussi puissante que la double explosion au port qui a détruit la capitale Beyrouth. Être libanais, c’est avoir le sourire à la bouche malgré le chagrin qui ravage l’esprit. C’est être perdu entre deux choix : rester ou partir ?

Moi, je n’ai encore pas choisi quel(le) Libanais(e) je souhaite être. J’ai très peur de partir et très peur de rester. Dois-je rester et devenir cette personne que mes voisins pointent du doigt puis chuchotent entre eux : « C’est elle, la fille qui voulait créer un changement et qui a laissé passer sa chance de quitter cet endroit détestable ? » Ou dois-je ranger mes valises, accepter que le Liban ne redeviendra plus jamais la Suisse du Moyen-Orient et prendre le prochain avion à destination de n’importe où loin d’ici ? En d’autres mots, dois-je rester ou partir ?


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Ma vie est un grand dilemme en ce moment. Rester ou partir ? C’est une question très simple mais à la fois très compliquée. On le dit souvent ici, ce sont les questions les plus simples qui sont souvent les plus difficiles à résoudre. Et en ce moment, je suis bloquée. Je suis incapable de trouver la bonne réponse à cette question alors que tant de mes amis réussissent à la résoudre...

commentaires (1)

La réponse est dans le vent. Et qu'il vous emporte vers des terres plus propices

M.E

21 h 07, le 17 octobre 2021

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Commentaires (1)

  • La réponse est dans le vent. Et qu'il vous emporte vers des terres plus propices

    M.E

    21 h 07, le 17 octobre 2021

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