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Politique - Combats meurtriers à Beyrouth

Aoun : Nous ne permettrons à personne de prendre le pays en otage de ses propres intérêts

Le chef de l'Etat s'est entretenu avec Nabih Berry et Samir Geagea.

Aoun : Nous ne permettrons à personne de prendre le pays en otage de ses propres intérêts

Le chef de l'Etat libanais, Michel Aoun, lors d'un message aux Libanais, le 14 octobre 2021, au palais présidentiel de Baabda. Photo Dalati et Nohra

Le chef de l'Etat libanais, Michel Aoun, a dénoncé les combats meurtriers qui ont eu lieu jeudi à Tayyouné, dans le sud de Beyrouth, refusant toute tentative de "prendre le pays en otage de ses propres intérêts ou comptes", dans une critique voilée au tandem chiite Amal-Hezbollah qui a appelé à la mobilisation dans la rue contre le juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête sur la double explosion du port de Beyrouth. Dans un bref discours en réaction aux violences, le président, pourtant allié au Hezbollah, a jugé "inacceptable de revenir au langage des armes car nous avons tous convenu de tourner cette page sombre de notre histoire".

Au moins six personnes ont été tuées et une trentaine blessées par balles lors d'affrontements au cœur de Beyrouth, en marge d'un rassemblement de centaines de partisans du Hezbollah et du mouvement Amal du président du Parlement Nabih Berry devant le palais de Justice de la capitale pour protester contre le juge Tarek Bitar. Le tandem Hezbollah-Amal a mis en cause les Forces libanaises (FL), le parti chrétien de Samir Geagea qui avait appelé mercredi les Libanais à ne pas céder aux "intimidations". Dans un communiqué, le Hezbollah et Amal ont affirmé que les FL avaient placé des tireurs sur les toits de plusieurs immeubles d'où ils ont tiré sur le cortège qui passait en contrebas pour se rendre devant le palais de Justice. Les FL ont rejeté ces accusations, condamné les violences et ont fait porter, dans un communiqué, au Hezbollah l'entière responsabilité en raison de ses "incitations" contre le juge Tarek Bitar.

"Nous ne permettrons à personne de prendre le pays en otage de ses propres intérêts ou comptes", a averti le président Aoun lors d'un message préenregistré aux Libanais depuis le palais de Baabda. "Il est inacceptable de revenir au langage des armes car nous avons tous convenu de tourner cette page sombre de notre histoire", a lancé M. Aoun, soulignant que "la rue n'est pas le lieu convenable pour manifester son opposition", dans une critique au tandem chiite. Le président a dans le même temps stigmatisé l'attitude des FL : "Tout comme installer des barricades et menacer d'escalade ne mènent pas non plus à une solution", a-t-il dit. Et de poursuivre : "Toute crise peut être résolue à travers les institutions et conformément à la Constitution sur laquelle rien ne doit prévaloir, ni les menaces ni les intimidations.

"Le pays a besoin d'une résolution calme de ses crises, a poursuivi le chef de l'Etat, à travers ses institutions à commencer par le Conseil des ministres qui doit se réunir sans tarder". Un deuxième message implicite lancé par Michel Aoun au Hezbollah dont les ministres, avec leurs collègues du mouvement Amal, ont décidé de boycotter le gouvernement tant que celui-ci ne prend pas une position claire contre le juge Bitar. Mardi, suite à une longue intervention du ministre de la Culture Mohammad Mortada (chiite, Amal) sur la nécessité de prendre position en Conseil des ministres sur le dessaisissement du juge, de profondes divisions sont apparues et la séance a dû être levée. La réunion du lendemain a également été reportée sine die.

Le président a de nouveau dit soutenir l'enquête sur la double explosion du port, et en faire "une priorité", "sur base de l'indépendance de la justice et de la séparation des pouvoirs". Il a enfin rassuré les Libanais que le pays "ne se dirige pas vers une nouvelle crise, mais vers une solution".

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Selon notre correspondante à Baabda Hoda Chédid, des contacts à haut niveau ont été menés et ont abouti au retrait des éléments armés de la rue et à un retour au calme. Le président de la République s'est dans ce cadre entretenu avec le président du Parlement, Nabih Berry - dont le mouvement Amal a perdu trois membres lors des affrontements - et lui a présenté ses condoléances. M. Aoun a également contacté le chef des FL Samir Geagea dans le cadre de ses efforts pour un apaisement.

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Dans un communiqué publié en soirée, le Courant patriotique libre (CPL) de Gebran Bassil a lui aussi dénoncé les événements sanglants de la journée, en stigmatisant tout autant le comportement du Hezbollah que celui des FL, mais sans les nommer. Le CPL a notamment reproché au parti de Hassan Nasrallah de manifester "dans la rue et par le biais d’intimidation médiatique" son opposition à la procédure engagée par le juge d’instruction Tarek Bitar. "Personne ne peut s’arroger le droit d’interdire par n’importe quel moyen la liberté d’expression, notamment par la violence ou encore d’imposer par la force son opinion aux autres", a dit le CPL qui visait ainsi les deux partis. "Ce qui s’est passé aujourd’hui est une agression armée contre des gens qui voulaient exprimer leur point de vue, même si nous ne sommes pas d’accord avec celui-ci", a poursuivi le CPL qui a appelé les autorités compétentes à identifier les coupables et à les déférer sans tarder devant la justice. "Ces gens préparaient une discorde qui a été étouffée dans l’œuf grâce à ceux qui ont fait preuve de retenue et ceux qui se sont empressés de trouver des règlements politiques et sécuritaires" aux incidents de la journée.

Le CPL a réaffirmé son soutien à l’enquête menée au sujet de la double explosion au port de Beyrouth, soulignant la nécessité qu’elle se poursuive jusqu’au bout et qu’elle ne se limite pas aux responsabilités politiques et administratives. Il a jugé tout aussi indispensable dans ce contexte de "tout faire, y compris la levée des immunités, pour la faciliter". Le parti fondé par le président Aoun a mis en garde aussi contre une atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, en faisant remarquer que c’est "à travers les seuls canaux judiciaires qu’une suspicion formulée à l’encontre du juge d’instruction devrait se manifester et non par l’intimidation médiatique ou le recours dans la rue".


Le chef de l'Etat libanais, Michel Aoun, a dénoncé les combats meurtriers qui ont eu lieu jeudi à Tayyouné, dans le sud de Beyrouth, refusant toute tentative de "prendre le pays en otage de ses propres intérêts ou comptes", dans une critique voilée au tandem chiite Amal-Hezbollah qui a appelé à la mobilisation dans la rue contre le juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête sur la double...

commentaires (17)

et vous, n'avez vous point pris en otage le pays pour vos interets et comptes personnels? Le Liban est mort!

CK

12 h 35, le 18 octobre 2021

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Commentaires (17)

  • et vous, n'avez vous point pris en otage le pays pour vos interets et comptes personnels? Le Liban est mort!

    CK

    12 h 35, le 18 octobre 2021

  • Faust, tu as signé un pacte avec le diable !

    Wow

    16 h 40, le 15 octobre 2021

  • Heureusement que le ministre de l’inculture Mohammad Mortada a affronté ce président lors de la séance des ministres pour le secouer et lui montrer que dorénavant il est devenu leur ennemi et non plus leur allié pour qu’il vienne faire un discours différent des autres auxquels il nous avait habitué encensant la résistance, depuis son accession au pouvoir qui est cette fois ci à charge, contre ses alliés de toujours qui le renient aujourd’hui parce qu’ils n’ont plus besoin de sa collaboration pour régner en maître sur notre pays qu’il a bradé contre un fauteuil en guise de pot de chambre qui lui sied à merveille. On a touché à son prestige alors il change son fusil d’épaule? Il était grand temps car jusqu’à maintenant le fait de massacrer le pays, son peuple et ses institutions ne le touchait ni près ni de loin.

    Sissi zayyat

    14 h 04, le 15 octobre 2021

  • Si vous êtes là en tant que président et père du peuple c'est grâce à vos alliés barbus avec qui vous avez signé un accord funeste pour le Liban ... vous avez simplement réussi à leur permettre d'étendre leur hégémonie sur le Liban ses institutions etc... alors de grâce ne nous imposez pas des discours stériles.

    Zeidan

    12 h 33, le 15 octobre 2021

  • Le Hezbollah et son caniche Amal nous ont prévenus, si le Juge Bitar n’est pas désavoué nous manifesterons le Jeudi 14/10/21 à 11heure. Ils appellent manifester en tuant des civils par l’intermédiaire des leurs francs tireurs. Nous avons pu observer sur AlJadid et MTV des miliciens tous vêtus de noir avec des armes de guerre tirer partout. Tout indiquait que ce sont des miliciens du Hezbollah. Et voyant que leur intervention armée a été avorté et maitrisée par notre Vaillante armée. Ils se sont dépêchés d’envoyer une dépêche accusant les partis kataeb et les forces Libanaises connus pour ne pas posséder d’armes depuis taef. Des deux choses l’une, ou les chiites n’ont pas réussis leur coup de mettre le bordel pour avoir la tête du Juge Bitar et cela s’appelle un échec cuisant. Ou bien les kataeb et les forces Libanaises ont réussi à arrêter les attaques programmées des miliciens en noir du Hezb et de son caniche, et cela s’appelle une défaite magistrale pour ces deux partis prétentieux arrogants et qui se croyaient dominateurs. De toute façon ils mettront longtemps avant de se relever de cette aventure avortée… Alléluia ! Quant à Aoun /Bassil n’oublions pas qu’ils sont les alliés du tandem chiite, et ne représentent aucunement les Chrétiens Libanais.

    Le Point du Jour.

    10 h 31, le 15 octobre 2021

  • VOUS AVEZ PACTISE ET SUPPORTE CEUX QUI ONT PRIS LE PAYS ET SON PEUPLE EN OTAGE. ESPERONS QUE VOUS VOUS ETES REVEILLE !

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    09 h 48, le 15 octobre 2021

  • Un discours infantile prononcé par un Senior qui serait mieux dans un EPHAD plutôt qu’à Baabda

    Liberté de Penser

    09 h 46, le 15 octobre 2021

  • c'est dommage pour le pres - il devraiy mettre a la porte ceux/celles qui lui ont peaufiné cette declaration !

    Gaby SIOUFI

    09 h 27, le 15 octobre 2021

  • """Nous ne permettrons à personne de prendre le pays en otage de ses propres intérêts""" mr. le pres. n'a plus le droit de jouer la diplomatie. d'user de langue de bois. de faire comme l'autruche.de LUI continuer a faire comme si les interets de son tout pti gendre etaient ceux du pays. NON ! il dit avoir le temps de redresser la situation? il doit imperativement rejeter l accord honteux avec hezb,qui lui aura ainsi fait gagner sur 2 tableux: le 1er et le plus important (pour lui) : re-ragagner du terrain populairement -au detriment des FL , le 2e et le vrai plus important est que hezb sera OBLIGE de refaire ses calculs bases pour une fois sur les interets de la nation libanaise.

    Gaby SIOUFI

    09 h 24, le 15 octobre 2021

  • Le président et la crasse politique ont laissé faire, intimidation du juge, plaintes et même le ministre de la culture qui s’est comporté comme un chef de bande et non comme un ministre oubliant le principe de l’indépendance de la justice. Ce n’était pas du tout étonnant d’en arriver là. Pourquoi les manifestants dits pacifiques étaient cagoulés? Pourquoi étaient ils armés ? Pourquoi un chef de parti, Nassrallah et le président du parlement Berry demandent à leurs partisans de descendre dans la rue pour demander à dessaisir le juge par la force après échec des moyens juridiques, des plaintes et j’en passe????? Le président de la république et Bassil étaient aux abonnés absents ainsi que la majorité du peuple libanais. Une léthargie dramatique.

    Karam Georges

    07 h 51, le 15 octobre 2021

  • Mais...notre très cher, qui vous prend encore au sérieux...??? - Irène Saïd

    Irene Said

    07 h 31, le 15 octobre 2021

  • Allah yerham el mawta !! Cependant je ne pense pas que les FL ait des snipers par contre je crois que les gens de ain el remaneh aient pris les armes ça oui … et avec qui sont la majorité des gens de cette ville ?!? … ben avec les FL à la différence qu’ils ont agis par pure défense et non pour attaquer d’ailleurs le lieux géographique où tout a commencer veut tout dire

    Bery tus

    07 h 07, le 15 octobre 2021

  • Tant que Michel Aoun ne signe pas le décret pour la nomination des juges et ne modifie pas l’accord de Mar Mikhael il ne peut pas faire semblant de jouer à l’arbitre , il fera toujours partie de cette “crasse politique “ à faire dégager au plus vite !

    hawath nathalie

    06 h 40, le 15 octobre 2021

  • A tous les leaders chrétiens et sunnites de tous bords : vous aviez vendu votre dignité afin de préserver la paix. Il n est jamais trop tard, cette raqulée au hezb aurait dû être donner des années plus tôt, et la vous auriez eux la paix et la dignitée, qui ne se méritent qu'avec une guerre

    Aboumatta

    03 h 25, le 15 octobre 2021

  • C’est notre vénérable Président, conseillé par son génial gendre qui, le premier, a dit vouloir protéger les chrétiens. Et voila le résultat, peut-être le début d’une guerre civile. Il a oublié qu’il y a d’autres communautés qui veulent, eux aussi, protéger leurs siens. Perte de mémoire. Memory loss. Maladie incurable et donc pas responsable. Prix Nobel de l'incapacité. Vive le roi

    Georges Bitar

    01 h 22, le 15 octobre 2021

  • "Nous ne permettrons à personne de prendre le pays en otage de ses propres intérêts". C'est pourtant ce qu'il a fait depuis qu'il a signé a Mar Mkhayel un pacte avec le diable.

    Yves Prevost

    22 h 29, le 14 octobre 2021

  • Quel leader! Hahahaha Alors qu’il est l’associe et représentant de ceux qui ont détruit le pays, pris en otage les institutions , et qui s’attaquent à la pierre angulaire de la paix sociale: la Justice!

    LeRougeEtLeNoir

    22 h 07, le 14 octobre 2021

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