Rechercher
Rechercher

Lifestyle - Coolitude

Retour à l’insouciance des années folles

Comme après la fin de la Première Guerre mondiale, il règne en ce temps de pandémie aujourd’hui gérable grâce à la vaccination une certaine légèreté doublée d’un besoin d’insouciance. Les designers et le public ont suivi.

Retour à l’insouciance des années folles

Concours d’élégance en 1925. Collection Roger Viollet/AFP

Les tenues inspirées des années folles regagnent en popularité alors que l’histoire semble se répéter. Plus d’un siècle après ses débuts, cette période mythique continue à séduire un grand nombre de nostalgiques. Aujourd’hui, on se remémore le charleston, les claquettes, les notes de jazz, les robes frivoles et cette (folle) envie de vivre et de s’éclater. Et on s’en inspire. Sans toutefois atteindre pleinement ce que le grand écrivain, F. Scott Fitzgerald, avait vécu et décrit à l’époque : « Toute une race hédoniste, misant sur le plaisir. » À ce sujet, Nicholas Christakis, professeur de sociologie et médecine à l’université de Yale, précise : « L’esprit de fête était universel, et pour cause. Après quelques terribles années, au cours desquelles des millions de personnes sont mortes, d’abord sur le front, puis des suites d’une pandémie terrible (la grippe espagnole, NDLR), s’amuser était la réponse à toutes ces angoisses. Que la même réaction se produise au lendemain de cette pandémie du Covid-19 est un phénomène normal. »

Certes, le monde n’est pas encore sorti du tunnel du virus et de ses variants. Mais avec l’apparition des vaccins permettant de le combattre et de vivre avec, la population, longtemps enfermée, a envie de légèreté. Au moins en apparence. L’esthétique des années folles, ses tenues aérées et quelque peu recherchées semblent être, aussi, une bonne réponse.


Femme avec diadème et colliers, Miss Logan de New York. Photo AFP/ImageForum

La fantaisie collective des « Party Dress »

Les designers n’ont pas tout à fait copié ce look mais ont conservé ses détails désopilants comme les dos décolletés, la soie pâle et brillante et les ornements chargés de perles, de paillettes et de sequins. On parle ici, selon la styliste française Julie de Libran, de « ces Party Dress qui représentent dans la fantaisie collective un élément-symbole de célébration ». « Ma couleur cette saison est le scintillant. Les femmes disent j’ai hâte de mettre une robe. Nous voulons toutes de la lumière et du chatoiement, nous voulons ramener notre allure des grands soirs et notre bonne humeur, même si c’est à la maison pour le dîner. Nous en avons besoin », ajoute-t-elle. Et quoi de mieux pour faire oublier la nonchalance et le laisser-aller en survêtement des mois de confinements que cette silhouette des années 1920, arborant une grâce et un désir de se dépenser jusqu’au bout. Sans quand même, a révélé une chroniqueuse du Wall Street Journal, aller aussi loin qu’une certaine Zelda Sayre qui, « lors d’une soirée dansante, par un chaud été de l’Alabama, avait retiré son slip et avait demandé au jeune homme qui l’accompagnait de le mettre dans sa poche pour le lui rendre plus tard ». Entre-temps, les femmes décidaient de jeter par-dessus bord les corsets qui emprisonnaient leur corps et leur vie. Zelda épousera par la suite l’écrivain F. Scott Fitzgerald... Ce couple fascinant a d’ailleurs fait les plus beaux jours des années folles. Fitzgerald, figure littéraire de cette époque, avait mieux que quiconque décrit cette époque, comme « la plus grande orgie de l’histoire ». On estime qu’en dehors des années 1960 peut-être, aucune décennie n’est aussi présente dans l’imaginaire collectif que celle des années 1920. En partie, grâce aux bars clandestins, à la renaissance de Harlem ou au premier film parlant en 1927, The Jazz Singer, qui ont marqué les esprits.


L’actrice Louise Brooks en 1920. Photo Brain News Service, publisher/Creative commons

« Gatsby le magnifique », un bon exutoire

Le roman iconique de Fitzgerald, Gatsby le magnifique, demeure le meilleur reflet de cette époque de tous les excès, mais avec élégance. Il relate le New York des années folles à travers le personnage d’un millionnaire, Jay Gatsby, qui organise de fastueuses réceptions dans sa somptueuse demeure de Long Island, où la foule d’invités élégants, riches et séduisants se pressent. Fitzgerald, une inséparable coupe de champagne à la main, y met à nu l’American dream. Beaucoup se souviennent des années 1920 uniquement comme d’une époque de glamour, et de flamboyance. Cependant, il s’y est passé beaucoup plus. C’est durant cette période, par exemple, que des vêtements de sport féminins ont été créés pour la première fois, en introduisant à leurs tenues des détails facilitant les mouvements. Ces évolutions ont abouti à une série de libertés qui ont soudainement été acquises.

Lire aussi

Au large d’Ayia Napa, un musée immergé

Les années 20 ont ainsi illustré une nouvelle période d’affranchissement pour une partie de la société. Aujourd’hui, ce regain pour les années folles s’exprime par un coup de cœur pour les tenues de l’époque, à la fois légères, ouvragées et exubérantes. Sont privilégiées notamment les formes tubulaires sans coller à la peau, les découpes asymétriques et dansantes, les épaules dégagées et la taille nullement marquée, même quand elle est basse. En ce nouveau millénaire, la planète se débat avec moult crises, mais ce style, symbole d’insouciance et d’émancipation, est un bon exutoire. Lorna Hall, spécialiste de mode et de tendances, explique : « Les années 1920 sont une période juste propice aux escapades et aux fantasmes les plus fantaisistes parce que pour la plupart d’entre nous, la fête n’est pas encore une réalité. »



Les tenues inspirées des années folles regagnent en popularité alors que l’histoire semble se répéter. Plus d’un siècle après ses débuts, cette période mythique continue à séduire un grand nombre de nostalgiques. Aujourd’hui, on se remémore le charleston, les claquettes, les notes de jazz, les robes frivoles et cette (folle) envie de vivre et de s’éclater. Et on s’en...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut