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Économie - Audit juricomptable au Liban

Khalil signera "d'ici deux-trois jours" le nouveau contrat avec Alvarez & Marsal

Le ministre de l'Economie établit ses priorités, celui de l'Intérieur promet que les élections seront organisées "dans leur délai légal". 

Khalil signera

Le ministre des Finances, Youssef Khalil (g.), et son prédécesseur Ghazi Wazni, le 14 septembre 2021. Photo Philippe Hage Boutros

Les passations de pouvoirs se sont poursuivies mardi dans les ministères, quatre jours après la formation du gouvernement de Nagib Mikati, alors que le ministre sortant de Finances, Ghazi Wazni, annonçait que le nouveau ministre, Youssef Khalil, devrait signer d'ici "deux-trois jours" le contrat entre le Liban et la société internationale Alvarez & Marsal pour l'audit juricomptable de la Banque du Liban (BDL), attendu depuis des mois et qui fait partie des points de réforme demandés par la communauté internationale. 

Le nouveau gouvernement a vu le jour vendredi, après treize mois de tractations laborieuses, l'échec de deux autres Premiers ministres désignés, Moustapha Adib et Saad Hariri, et d'importantes pressions internationales, dans un Liban qui s'effondre depuis deux ans. Les nouveaux ministres prennent ainsi le relais de leurs prédécesseurs et établissent leurs priorités, tandis qu'une commission planche sur la rédaction de la déclaration ministérielle qui devra être soumise rapidement au Parlement, pour le vote de confiance. 

Les Finances "vecteur essentiel" du changement
Prenant la parole lors de la passation de pouvoirs aux Finances, M. Wazni a salué le fait que ce ministère est désormais confié, "dans un contexte très difficile, à un expert et un ami". Concernant l'audit juricomptable, qui doit retracer l’historique des transactions réalisées par la BDL de manière à pouvoir collecter suffisamment d’éléments pouvant être transmis à la justice pour confirmer ou infirmer leur régularité, M. Wazni a indiqué que son successeur devrait signer le nouveau contrat avec Alvarez & Marsal (A&M) "dans deux-trois jours".

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Le nouveau contrat est toujours examiné par la Cour des comptes alors qu’il reste moins de trois mois et demi avant la fin de la validité de la loi de décembre 2020 qui permet la levée du secret bancaire sur les comptes de la BDL et les institutions publiques. Le Liban avait déjà signé un contrat avec A&M en septembre 2020, mais le gouvernement s’était alors heurté au refus de la banque centrale de lui fournir les documents demandés, en invoquant le secret bancaire, argument non recevable pour plusieurs observateurs. Alvarez & Marsal avait finalement jeté l’éponge en novembre et la BDL lui a payé, en août 2021, 150.000 dollars, correspondant à ce que le cabinet pouvait garder dans le cas où il n’aurait pas réussi à obtenir tous les documents requis pour entamer son audit.

M. Wazni a indiqué, en outre, que le financement de la Carte d'approvisionnement, dont le mécanisme d'obtention a été annoncé la semaine dernière et qui doit remplacer les subventions sur les denrées, est "assuré" via d'une part une réallocation d'un prêt de 295 millions de dollars de la Banque mondiale sur les transports publics, réallocation que le Parlement doit encore valider. D'autre part, les fonds encore nécessaires pour couvrir le financement de cette carte pourront être obtenus d'autres sources, notamment des Droits de tirage spéciaux (DTS) alloués par le Fonds monétaire international (FMI).

Lundi, les Finances avaient annoncé que le Liban recevra jeudi 1,135 milliard de dollars en échange de deux allocations de DTS. Ce montant correspond à la somme des deux dernières allocations de DTS (sur quatre au total, plus une allocation spéciale dont n’a pas bénéficié le Liban) : celle du 28 août 2009 qui s’élevait à 275 millions de dollars, et celle du 23 août dernier qui était de 860 millions de dollars. Ce total devrait être transféré dans un compte spécial de la banque centrale et l'allocation du montant décidée par le nouveau gouvernement.

De son côté, Youssef Khalil a déclaré que le pays vivait un "moment historique" et que le nouveau gouvernement allait "soit réussir, soit échouer" à redresser la situation et restructurer le Liban, et que le ministère des Finances allait être, à son avis, "un vecteur essentiel" du changement. Il a assuré qu'il allait organiser des réunions régulières "en toute transparence" avec des "responsables et experts". "Nous devons montrer que nous sommes du côté du citoyen", a-t-il ajouté.

Les priorités du ministre de l'Economie
Pour sa part, le ministre de l'Economie, Amine Salam, a affirmé que ses priorités seraient le lancement effectif de la Carte d'approvisionnement qui permettra d'"alléger le fardeau des citoyens" et la protection des consommateurs.

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Il a annoncé, en outre, que sa priorité serait la Carte d'approvisionnement, qui est nécessaire vu la suppression prochaine des subventions sur le carburant, annoncée de manière informelle la semaine dernière mais qui reste entourée de flou.

De son côté, Raoul Nehmé a souhaité que le nouveau gouvernement "ne rencontre pas d'obstacles comme cela a été le cas pour le cabinet précédent". "Je suis certain que tout ira mieux si la confiance dans le Liban revient, car les investisseurs sont prêts à aider le pays", a-t-il dit, avant de rendre hommage aux victimes de la double explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, notamment les employés des silos à blé, une infrastructure relevant du ministère. A l'évocation de ces employés, M. Nehmé n'a pas pu s'empêcher de pleurer.

Le grabuge au palais Bustros
La ministre sortante des Affaires étrangères par intérim, Zeina Acar, est, elle, revenue lors de la cérémonie de passation de pouvoirs au ministère, sur l'incident survenu la veille entre elle et le secrétaire général du palais Bustros, au cours duquel les gardes du corps de la ministre démissionnaire auraient enfoncé des portes du ministère, attestées par des images. "Je suis venue hier au ministère pour dire au revoir aux employés, et j'ai été surprise de trouver le portes des bureaux fermées, un comportement inapproprié alors que ces portes devraient rester ouvertes à tous", a déclaré Mme Acar. Elle souhaitait ainsi démentir la version véhiculée par les médias, selon laquelle la dispute avec le secrétaire général des AE, Hani Chmaytelli, est survenue alors que celui-ci aurait refusé de remettre à Mme Acar le courrier du ministère, dans la mesure où elle n’occupe plus le poste de cheffe de la diplomatie depuis la formation du nouveau gouvernement de Nagib Mikati, vendredi dernier.

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De son côté, le nouveau chef de la diplomatie, Abdallah Bou Habib, a déclaré que "les circonstances sont compliquées, mais rien n'est impossible".

Les législatives "dans leur délai légal"
Au ministère de l'Intérieur, le nouveau détenteur de ce portefeuille, Bassam Maoulaoui, a assuré qu'il allait poursuivre les préparatifs pour assurer la tenue des élections législatives de 2022 "dans leur délai légal". "Nous allons également poursuivre les préparatifs pour l'organisation des élections législatives, municipales et des mokhtars, qui auront lieu dans leur délai légal", a-t-il affirmé. De son côté, M. Fahmi a souhaité à M. Maoulaoui de réussir dans sa "nouvelle mission, qui est ''difficile, mais pas impossible".

Par ailleurs, une passation de pouvoirs a également eu lieu au ministère de la Défense, entre Zeina Acar et Maurice Slim, qui a salué le rôle de défense "excellent" de l'armée face aux "risques et difficultés", et promis d'"œuvrer à améliorer son niveau de préparation".

Au ministère de l'Industrie, le ministre sortant Imad Hoballah a fait valoir que, sous sa direction, le ministère avait œuvré pour renforcer les secteurs de production au Liban et "la confiance dans l'industrie nationale", malgré les crises multiples. Le nouveau ministre, Georges Bouchikian, a assuré, de son côté, que, face aux crises, il va falloir trouver des solutions pour "répondre aux besoins des citoyens à partir de l'industrie nationale, en assurant des produits de haute qualité et à des prix compétitifs". "La sur-importation a provoqué de nombreux problèmes et accéléré la faillite de l'Etat, il ne faut plus retourner à ces pratiques", a-t-il déclaré.

Le nouveau ministre des Transports et des Travaux publics, Ali Hamiyé, a annoncé, de son côté, qu'il commencerait dès la semaine prochaine des réunions pour identifier les obstacles qui s'élèvent face à une série de projets de travaux approuvés en Conseil des ministres mais qui n'ont pas encore été entamés. 

Enfin, le nouveau ministre de l'Education, Abbas Halabi, a assuré, lui, qu'un "retour sûr à l'école serait garanti, malgré l'inflation, l'augmentation des prix des carburants et la pandémie". "Je n'ai pas de baguette magique, mais je n'épargnerai aucun effort pour réduire les difficultés" du secteur éducatif, a-t-il ajouté. De son côté, le ministre sortant, Tarek Majzoub, a déclaré que "la stabilité financière est essentielle pour pouvoir démarrer l'année scolaire", soulignant avoir travaillé sur un plan permettant d'approvisionner les enseignants en carburant, en coopération avec le ministère de l'Energie.


Les passations de pouvoirs se sont poursuivies mardi dans les ministères, quatre jours après la formation du gouvernement de Nagib Mikati, alors que le ministre sortant de Finances, Ghazi Wazni, annonçait que le nouveau ministre, Youssef Khalil, devrait signer d'ici "deux-trois jours" le contrat entre le Liban et la société internationale Alvarez & Marsal pour l'audit juricomptable de...

commentaires (3)

"… Youssef Khalil a déclaré que le nouveau gouvernement allait "soit réussir, soit échouer" …" - bon ben ça c’est binaire au moins…

Gros Gnon

22 h 25, le 14 septembre 2021

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Commentaires (3)

  • "… Youssef Khalil a déclaré que le nouveau gouvernement allait "soit réussir, soit échouer" …" - bon ben ça c’est binaire au moins…

    Gros Gnon

    22 h 25, le 14 septembre 2021

  • En tant que ministre des finances, Wazni n'a pas été ce qu'il fallait être, libre des influences partisanes. On verra bien ce Khalil fera.

    Esber

    21 h 32, le 14 septembre 2021

  • parole parole parole...voyons voir que feront ces braves ministres si le gros barbu s'oppose à des élections justes avec observateurs internationaux et vote massif des émigres partis par sa faute et celle de ses larbins.

    Liban Libre

    19 h 03, le 14 septembre 2021

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