Le député Ibrahim Kanaan a regretté l’absence de l’Association des banques à la séance d’aujourd’hui « malgré l’invitation qui lui a été adressée ». Photo ANI
L’Association des banques n’a pas participé à la réunion de la commission parlementaire des Finances et du Budget organisée hier pour aborder la question de la hausse du taux de retrait en livres libanaises des devises enregistrées sur les comptes bloqués par les restrictions bancaires depuis les premiers mois de la crise fin 2019. Cette faculté a été ouverte par la circulaire n° 151 adoptée en avril et prolongée à deux reprises depuis. Les devises concernées sont notamment désignées sous les noms de « dollars bancaires » ou « dollars libanais ».
Selon une source bancaire, les membres de la commission devaient notamment approuver la nouvelle formule prévoyant de relever le taux de retrait des « dollars bancaires », actuellement de 3 900 livres pour un dollar – soit plus de 2,5 fois la parité officielle, mais seulement un cinquième du taux actuel sur le marché parallèle –, pour le faire passer à un niveau compris « entre 6 200 et 6 500 livres ». La même source affirme que les nouvelles modalités prévoient que seuls 50 % des montants de devises pouvant être convertis en livres pourront être retirés en espèces, tandis que le reste servira juste à provisionner des achats par carte bancaire.
Ces informations, comme celle indiquant que le taux de retrait pourrait être de 8 000 livres pour un dollar, circulent depuis quelques jours sur les réseaux sociaux et certains médias. Aucune piste n’a pour l’instant été formellement confirmée, que ce soit par le ministère des Finances ou la BDL, qui étaient tous les deux représentés à la réunion. La source précitée a ajouté que les banques réclament que la BDL desserre les modalités de retrait de liquidités en livres qu’elle leur impose depuis quelques mois avant qu’elles n’envisagent d’accepter une hausse du taux de retrait de la circulaire n° 151. Une possibilité que la BDL a refusée, conduisant les banques à s’absenter de la réunion d’hier.
Lors de son point presse, le président de la commission des Finances, le député Ibrahim Kanaan, a déclaré que la Banque du Liban avait « demandé un délai supplémentaire afin de présenter des chiffres et l’impact réel de l’augmentation du taux ». Il a également regretté « l’absence de l’Association des banques de la séance, malgré l’invitation qui lui a été adressée ».
Jeudi dernier, la commission s’était prononcée en faveur d’un relèvement du taux de retrait, en invoquant plusieurs arguments opposés aux détracteurs de la mesure, qui agitent le spectre d’un important risque inflationniste. Elle avait ainsi mis en avant le fait qu’il était possible de mitiger ces effets en intervenant sur d’autres leviers, dont la lutte contre la contrebande ou la limitation des paiements en espèces par rapport à ceux dématérialisés. Des arguments qui tiennent en théorie mais qui sont mis à l’épreuve de la réalité du terrain, dans un pays où moins de la moitié de la population est bancarisée et où les autorités n’ont jamais été en mesure d’entraver la contrebande de façon pérenne. Enfin, dans un communiqué, l’association « Cri des déposants » a salué la position de la commission concernant le taux de retrait de « dollars bancaires », tandis que la « Ligue des déposants », une autre association qui s’emploie à défendre les droits des clients des banques lésés par les restrictions, a démenti avoir participé à la réunion, comme certains médias l’avaient rapporté.




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lorsqu'on saura exactement-pour de vrai comment les banques profitent de la 151, nous saurons pourquoi elles boudent les reunions . a moins que le chef comptable I le Cananeen ne leur refile une formule magique qui siérait a leurs interets ?
10 h 19, le 10 septembre 2021