Rechercher
Rechercher

Économie - Coopération

Électricité : une délégation ministérielle libanaise à Damas aujourd’hui

Électricité : une délégation ministérielle libanaise à Damas aujourd’hui

La centrale électrique de Zouk, au nord de Beyrouth. Photo P.H.B.

C’est une première depuis le début du conflit en Syrie il y a dix ans : une délégation ministérielle libanaise se rend aujourd’hui à Damas dans le cadre d’une visite officielle visant à discuter de l’importation d’énergie, via la Syrie, vers un Liban en plein effondrement. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Moqdad, accueillera ce matin, à 10h30, la délégation libanaise au poste frontalier de Masnaa, a indiqué hier le ministère syrien de l’Information dans une invitation aux journalistes à se joindre à eux. Selon cette source, la délégation libanaise sera composée de la vice-présidente du Conseil des ministres (démissionnaire depuis août 2020), ministre sortante de la Défense et ministre sortante intérimaire des Affaires étrangères et des Émigrés, Zeina Acar, du ministre des Finances, Ghazi Wazni, du ministre de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, et du directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim. Elle se rendra ensuite à Damas pour une réunion au ministère des Affaires étrangères. Contacté, le service de presse du ministère libanais de l’Énergie n’est pas revenu vers nous. Ceux des Finances et du Premier ministre sortant n’ont pas répondu.La délégation libanaise a dû recevoir une « autorisation exceptionnelle » du chef de l’État Michel Aoun et du Premier ministre sortant Hassane Diab, en raison des sanctions. Le déclenchement du conflit en Syrie a profondément divisé la classe dirigeante libanaise. Si les deux pays ont maintenu leurs relations diplomatiques, les visites officielles sont restées quasi inexistantes, seuls des ministres de partis libanais alliés de Damas, notamment le Hezbollah, se rendant en Syrie à titre individuel. En novembre dernier, une petite délégation libanaise avait participé à une conférence organisée par Moscou à Damas sur la question des réfugiés. L’objectif de la rencontre est de « s’assurer de la capacité de l’État syrien à rallier le projet » d’acheminement à travers son territoire du gaz naturel égyptien et/ou du courant produit en Jordanie vers le Liban, a indiqué à l’AFP une source au ministère libanais de l’Énergie. Le Liban négocie avec Le Caire depuis plus d’un an ce projet, avait affirmé en août à l’AFP une source proche du dossier, mais les sanctions américaines contre la Syrie ont toujours constitué un obstacle à un accord. Selon des informations récemment parues dans nos colonnes, en plus de faire le point sur les infrastructures qui entreraient en jeu, il s’agira également pour la délégation libanaise d’évaluer avec leurs confrères syriens les réparations à entreprendre ainsi que leur coût, de décider qui devra les prendre en charge et à quelles conditions. Les participants devront en principe également explorer les modalités selon lesquelles la Banque mondiale (BM) pourrait contribuer à soutenir l’un ou l’autre projet, voire les deux.

Lire aussi

La conjuration des fluides

Mazout iranien

Cette implication de la BM avait déjà été évoquée par l’ambassadrice américaine au Liban, Dorothy Shea. Celle-ci avait annoncé mi-août à la présidence libanaise la disposition de Washington à aider Beyrouth à importer de l’énergie via la Syrie, laissant entendre un possible assouplissement de la position américaine sur les sanctions, en cas de transit énergétique à destination du Liban. Mercredi, Chris van Hollen, un des sénateurs démocrates américains qui étaient venus en visite-express au Liban, avait indiqué que Washington « cherche des moyens » de contourner la difficulté posée par le transport via la Syrie du gaz ou de l’électricité en provenance de Jordanie dans le cadre de ce projet. En effet, en 2019, les États-Unis avaient promulgué la loi César, qui impose de lourdes sanctions à toute personne, société, institution ou gouvernement qui commercialise avec le pouvoir en place à Damas ou contribue à la reconstruction de la Syrie.

Lire aussi

Par voie maritime ou terrestre, l’ouverture des routes iraniennes vers le Liban

L’annonce de l’initiative américaine était intervenue quelques heures après un discours du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au cours duquel il avait annoncé l’arrivée prochaine à Beyrouth de carburant en provenance d’Iran, via plusieurs tankers chargés de mazout. Selon l’agence Reuters hier, deux sources informées ont confirmé que le premier pétrolier chargé de fuel iranien à destination du Liban sera acheminé à travers la Syrie afin d’éviter les sanctions américaines. Le site spécialisé TankerTrackers.com a, lui, indiqué hier que ce bateau (qui était déjà parti, NDLR) avait été « retardé », sans donner plus de précision. Le même site a ajouté qu’un deuxième navire a également quitté l’Iran et qu’un troisième n’a pas encore pris le large.

Lire aussi

Le point sur les initiatives visant à augmenter la production d’EDL

Le mazout est un produit essentiel pour faire fonctionner les générateurs privés qui tournent lors du rationnement de la production de courant par l’organisme public Électricité du Liban (EDL), qui s’est intensifié depuis plusieurs semaines dans le pays frôlant le black-out total à plusieurs reprises. Faute de courant et de carburant, le Liban est en tout cas plongé dans une obscurité partielle, poussant hôpitaux, restaurants, magasins et industriels à tirer la sonnette d’alarme, voire à fermer leurs portes.

C’est une première depuis le début du conflit en Syrie il y a dix ans : une délégation ministérielle libanaise se rend aujourd’hui à Damas dans le cadre d’une visite officielle visant à discuter de l’importation d’énergie, via la Syrie, vers un Liban en plein effondrement. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Moqdad, accueillera ce matin, à 10h30, la délégation libanaise au poste frontalier de Masnaa, a indiqué hier le ministère syrien de l’Information dans une invitation aux journalistes à se joindre à eux. Selon cette source, la délégation libanaise sera composée de la vice-présidente du Conseil des ministres (démissionnaire depuis août 2020), ministre sortante de la Défense et ministre sortante intérimaire des Affaires étrangères et des Émigrés, Zeina Acar, du ministre des...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut