Le clin d'œil Le clin d'œil de Nada Nassar-Chaoul

Mœurs (in)hospitalières

Mœurs (in)hospitalières

@ Gallica.BNF.fr

En pleine forme ou hospitalisé pour un bobo, votre mari reste votre mari et vous ne le quittez pas d’un pouce. C’est ainsi que vous vous retrouvez il y a quelques jours à son chevet dans l’un des grands hôpitaux de la ville, tâchant de trouver le sommeil sur un méchant canapé en skaï agrémenté de coussins à grosses fleurs ayant connu des jours meilleurs. Les sonneries stridentes ininterrompues de malades excédés et de petites vieilles grincheuses ont le don de vous agacer prodigieusement, mais vous n’en laissez rien paraître afin de ne pas déprimer davantage votre cher patient et luttez vaillamment pour trouver le sommeil.

Alors que vous commencez enfin à somnoler, deux solides gaillards en blouse blanche font leur apparition traînant une sorte de table roulante bringuebalante agrémentée non pas de bonnes bouteilles d’alcool, mais de mystérieuses fioles d’apothicaire. Vous vous levez d’un bond croyant qu’ils viennent administrer à votre cher patient un remède de cheval. Erreur ! Ils sont venus seulement lui demander s’il va bien (pourquoi serait-il là alors ?), s’il est content (très, on le sait, tout le monde adore être à l’hôpital) et s’il a besoin de « quelque chose » de bien vague (comptant bien qu’il n’en est rien).

Alors que vous tâchez de vous rendormir, vous êtes réveillée à minuit par la voix d’une fort jolie fille, ma foi, qui annonce triomphalement à votre époux : « NOUS avons donc du cholestérol et du diabète ! » Nous ? Qui Nous ? Elle et lui ? Ils partageraient donc quelque chose ? Ils auraient des bobos en commun ? Alors que votre cher malade s’apprête à répondre mielleusement (il a toujours adoré les blondes), votre jalousie féroce ne fait qu’un tour et vous rabattez le caquet de la péronnelle en lui précisant qu’elle est mal informée (limite incompétente) et que votre époux n’a jamais, jamais eu de diabète. Elle s’enfuit, sans demander son reste. On ne la reverra jamais plus. Votre époux se rendort en bougonnant, fort mécontent. Pour une fois, il aurait bien aimé avoir un bobo de plus et se faire dorloter par la jolie blonde.

L’aube pointe à peine qu’une armée de balayeurs bengalis – pardon, de techniciens de surface asiatiques – envahit votre chambre et vous lance de grands seaux d’eau dans les jambes en guise de bonjour. Même si leur technique de nettoyage laisse à désirer, votre époux (toujours généreux cet homme en bon Zahliote) vous enjoint impérieusement de leur verser force pourboires. Vous serez bonne pour des sourires serviles tout le reste du séjour… avec le même résultat côté hygiène.

Allo Docteur, bobo !


En pleine forme ou hospitalisé pour un bobo, votre mari reste votre mari et vous ne le quittez pas d’un pouce. C’est ainsi que vous vous retrouvez il y a quelques jours à son chevet dans l’un des grands hôpitaux de la ville, tâchant de trouver le sommeil sur un méchant canapé en skaï agrémenté de coussins à grosses fleurs ayant connu des jours meilleurs. Les sonneries stridentes...

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