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Environnement - Environnement

À Beyrouth, une crise des déchets à l’horizon ?

La société Ramco, en charge de la collecte dans la capitale, n’arrive pas à effectuer son travail de manière continue... faute de carburant.

À Beyrouth, une crise des déchets à l’horizon ?

À Achrafieh, des déchets qui débordent sur la rue. Photo Tilda Abou Rizk

Depuis plusieurs jours, les habitants de Beyrouth ont commencé à remarquer que les déchets ménagers s’entassaient dans certains quartiers, débordant dans la rue à certains endroits et laissant présager une crise dans capitale, en pleine saison estivale. Contacté par L’Orient-Le Jour, un responsable au sein de la municipalité de la ville explique que l’amoncellement des sacs poubelles est dû à l’incapacité de Ramco, la société en charge de la collecte des déchets dans la capitale, de maintenir ses tournées quotidiennes dernièrement, en raison de la pénurie des hydrocarbures dans le pays.

« Le ramassage des poubelles se fait une fois sur deux ces derniers jours, en fonction de la disponibilité du carburant, révèle à L’Orient-Le Jour ce responsable qui a requis l’anonymat. La gestion du ramassage des déchets à Beyrouth est assez chaotique aujourd’hui. Il y a des jours où Ramco n’a pas assez d’essence pour faire le tour de la ville. Elle se rend donc dans certains quartiers et pas d’autres », confie-t-il.

Contrairement aux autres régions du pays, où la gestion des ordures ménagères est chapeautée par le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), à Beyrouth, c’est la municipalité qui gère directement le processus avec Ramco. « La municipalité ne paie pas Ramco à temps et la société elle-même est mal organisée et pas assez impliquée dans son travail, commente le responsable municipal. Mais il faut reconnaître que la récente crise des hydrocarbures ne lui facilite pas la tâche non plus », indique-t-il, tout en assurant que « la municipalité étudie plusieurs solutions radicales ». Ramco, elle, n’était pas disponible hier pour commenter ces propos.



« Marcher sur les déchets »

Pour les riverains, premiers concernés par les conséquences de l’accumulation des déchets, ce sont les odeurs nauséabondes qui sont le plus difficile à supporter, à l’heure où le thermomètre affiche des températures élevées. « L’odeur est infecte. Les sacs poubelle sont partout. Les voitures roulent dessus et les piétons n’ont d’autre choix que de marcher sur les déchets », témoigne une habitante d’Achrafieh. Une situation qui ravive les craintes de se retrouver face à une crise semblable à celle de 2015, lorsque le pays a été noyé sous les sacs poubelles et les ordures pendant plusieurs mois.

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L’envers du miroir

En attendant que des solutions soient trouvées, la municipalité de Beyrouth a annoncé hier sur les réseaux sociaux qu’elle travaillait aux côtés de Ramco au ramassage des déchets, pour éviter que la crise ne s’envenime. « Le mohafez de Beyrouth, Marwan Abboud, a mis sur pied une équipe formée de pompiers, de gardes et employés municipaux pour venir en aide à Ramco dans la collecte des déchets », explique un communiqué de la municipalité qui précise que M. Abboud a supervisé les travaux. « La dévaluation de la livre et la hausse des prix du carburant, qui est presque introuvable sur le marché, se sont répercutées sur le contrat entre la ville et la société Ramco. Les coûts ont été multipliés par 10 dernièrement, ce qui a rendu la tâche difficile à l’entrepreneur. Nous allons étudier les possibilités offertes par le contrat pour régler la situation », indique le texte.

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Le mohafez a pour sa part appelé les citoyens à faire preuve de « compréhension » et les responsables « à travailler à mettre fin à la pénurie des hydrocarbures et à la dévaluation de la livre » qui conduisent aux multiples crises qui affectent le pays, dont celle des déchets. M. Abboud n’était pas disponible par ailleurs pour un entretien.


Depuis plusieurs jours, les habitants de Beyrouth ont commencé à remarquer que les déchets ménagers s’entassaient dans certains quartiers, débordant dans la rue à certains endroits et laissant présager une crise dans capitale, en pleine saison estivale. Contacté par L’Orient-Le Jour, un responsable au sein de la municipalité de la ville explique que l’amoncellement des sacs...

commentaires (3)

Il faut que l’opposition trouve le moyen de transporter ces ordures jusqu’à sous les fenêtres des vendus pour les y brûler et comme il y aura des tonnes les disperser sur leur passage pour bloquer tout accès au parlement, au palais de Baabda, comme ça ils seront obligés de les ramasser puisqu’ils sont les seuls à bénéficier de tout le carburant et des autres produits essentiels pendant que le peuple se meurt du manque de tout sans que cela leur pose un cas de conscience.

Sissi zayyat

10 h 10, le 29 août 2021

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Commentaires (3)

  • Il faut que l’opposition trouve le moyen de transporter ces ordures jusqu’à sous les fenêtres des vendus pour les y brûler et comme il y aura des tonnes les disperser sur leur passage pour bloquer tout accès au parlement, au palais de Baabda, comme ça ils seront obligés de les ramasser puisqu’ils sont les seuls à bénéficier de tout le carburant et des autres produits essentiels pendant que le peuple se meurt du manque de tout sans que cela leur pose un cas de conscience.

    Sissi zayyat

    10 h 10, le 29 août 2021

  • Rassurez-vous : bientôt il n'y aura plus de déchets parce que les Libanais n'auront plus rien à acheter ni à jeter!

    Politiquement incorrect(e)

    15 h 38, le 28 août 2021

  • JUSTE UN RAPPEL,une verite de la palice: comme quoi les cartels mafieux qui "gerent" ces produits de 1ere necessite a notre survie , ces cartels donc sont BEAUCOUP plus puissants que la municipalite de Beyrouth meme. magouilleurs qui se font face, ce sont les 1ers qui l'emportent.

    Gaby SIOUFI

    08 h 59, le 28 août 2021

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