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Nos lecteurs ont la parole

Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir

Donner n’exige ni talent spécial ni ressources considérables. C’est le cœur uni à l’intelligence pour trouver le moyen parfait d’exprimer nos sentiments. C’est l’amour aiguisé par l’imagination qui est le seul don véritable et en même temps celui qui contient une part de soi-même.

Un jour, une fillette offrit à sa mère plusieurs petites boîtes enrubannées, qui contenaient chacune une bande de papier où l’enfant avait calligraphié des phrases dans le genre de celles-ci : « Bon pour une heure de lecture du journal à grand-mère qui ne voit pas très bien »,  « Bon pour deux heures de ménage au salon et dans la chambre de Judy, ma sœur ». Elle n’avait jamais lu cela et cependant, inconsciemment, elle avait mis une grande partie de sa personnalité enfantine dans ses cadeaux en « bons ».

Une jeune employée qui, au moment de Noël, avait dû faire face à des dépenses imprévues et s’était trouvée de ce fait à court d’argent, eut, elle aussi, une heureuse idée. Cette année-là, en guise de cadeaux, elle envoya à ses amis des bons « à valoir sur son temps » qu’ils pouvaient toucher à leur convenance. Ainsi, de jeunes mariés reçurent un de ces bons originaux leur donnant droit de faire garder leur bébé pendant deux week-ends. À sa nièce, une étudiante, cette jeune femme offrait de prêter sa bicyclette pour faire des promenades au cours des vacances, le dimanche. Un vieil invalide reçut un bon pour cinq séances de lecture à haute voix. Nul présent coûteux n’aurait procuré autant de plaisir, aussi bien aux bénéficiaires qu’à la donatrice.

Une jeune mariée reçut un jour en cadeau de noces d’une amie plus âgée, un paquet portant l’inscription suivante : « N’ouvrir qu’après votre première dispute avec votre mari. » Quand surgit le premier différend entre les époux, la jeune femme se souvint du paquet et l’ouvrit. Elle trouva une boîte en carton contenant un recueil des recettes favorites de son amie, accompagné d’un bristol sur lequel était écrit ce proverbe bien connu : « On attrape plus de mouches avec du miel qu’avec du vinaigre. » N’était-elle pas remplie de sagesse, cette amie qui offrait, avec son cadeau, un peu de son expérience ?

Souvent, les cadeaux les plus appréciés sont ceux qu’on offre spontanément. Suivons donc notre impulsion. On ne fait pas don de soi-même à dates fixes.

À l’occasion de son propre anniversaire, une adolescente envoya à son médecin une lettre qui l’émut sans doute plus que n’importe quel présent : « Cher docteur, voilà quatorze ans, vous m’avez mise au monde, écrivait-elle. Je dois vous en remercier, car j’ai été heureuse à chaque minute de mon existence. »

Nous ne devrions avoir aucune peine à choisir des cadeaux pour nos proches parents, car nous connaissons bien leurs désirs et leurs goûts. Cela ne nous empêche pourtant pas de leur faire des présents banals : cravates, pochettes, boîtes de bonbons, articles de ménage ! Un monsieur de notre connaissance désirait offrir à sa femme un cadeau original. On le rencontra un jour comme il sortait d’un cours de danse : « Je suis las d’entendre ma femme se plaindre de ma façon de danser, nous dit-il. Je vais l’inscrire aux cours que je suis en train de suivre et nous danserons à nouveau tous deux. »

Un ami est-il malade ? Notre première idée est de lui porter des fleurs. Pourquoi ne pas essayer de montrer un peu plus d’imagination ? Un malade, en traitement dans un hôpital, reçut un jour un pot rempli de terre, sur lequel était posé un paquet de semences avec ces mots : « Vous aurez plus de plaisir à voir pousser ce que vous aurez semé. »

Dans une autobiographie, une chanteuse noire parle d’un présent qu’elle fit à un auteur de romans policiers alors en convalescence. Bien qu’elle fût très prise à cette époque par un engagement dans un théâtre, elle se leva de bonne heure un beau matin et se présenta à l’hôpital, vêtue en infirmière, pour apporter à l’écrivain son petit déjeuner. Elle passa toute la journée auprès de lui et s’employa à le distraire de mille façons.

Votre profession, vos affaires vous fournissent souvent l’occasion d’offrir des cadeaux originaux. Un matin de Noël, par exemple, une femme attendait le taxi pour se rendre à la gare, quand un autre taxi s’arrêta devant elle. Le chauffeur l’invita à monter. Arrivée à destination, comme elle ouvrait son sac pour payer la course, le chauffeur l’arrêta d’un geste en disant : « Inutile ! C’est moi qui vous l’offre ! Joyeux Noël !

Un présent, où l’on a mis ne fût-ce qu’un peu de soi-même, indique à la personne qui le reçoit que quelqu’un a réellement pensé à elle.

On a rarement la chance de pouvoir faire un don héroïque, total. Cependant, chaque jour nous avons l’occasion de donner un peu de nous-même à ceux qui en ont besoin. Il ne s’agira peut-être que d’un mot aimable ou d’un SMS envoyé au moment voulu. Ce qui importe dans un don, c’est la part de nous-même que nous y mettons car il y a plus de joie à celui qui offre qu’à celui qui reçoit.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

Donner n’exige ni talent spécial ni ressources considérables. C’est le cœur uni à l’intelligence pour trouver le moyen parfait d’exprimer nos sentiments. C’est l’amour aiguisé par l’imagination qui est le seul don véritable et en même temps celui qui contient une part de soi-même. Un jour, une fillette offrit à sa mère plusieurs petites boîtes enrubannées, qui contenaient chacune une bande de papier où l’enfant avait calligraphié des phrases dans le genre de celles-ci : « Bon pour une heure de lecture du journal à grand-mère qui ne voit pas très bien »,  « Bon pour deux heures de ménage au salon et dans la chambre de Judy, ma sœur ». Elle n’avait jamais lu cela et cependant, inconsciemment, elle avait mis une grande partie de sa personnalité enfantine dans ses cadeaux en...
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