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Économie - Carburant

Les prix baissent, la pression redescend : jusqu’à quand ?

Les professionnels du secteur ont annoncé une nouvelle accalmie dans la pénurie d’essence et de mazout, qui devrait prendre effet « dans les prochains jours ».

Les prix baissent, la pression redescend : jusqu’à quand ?

Une amélioration prochaine de la crise de carburant est théoriquement attendue. Photo João Sousa

Alors que la pression aux abords des stations-service est quelque peu redescendue depuis le début de la semaine, les prix des hydrocarbures ont aussi légèrement baissé hier de quelques centaines de livres libanaises les 20 litres, selon un communiqué publié par le ministère de l’Énergie et de l’Eau. Un état des lieux qui semblerait à nouveau privilégier l’annonce par les professionnels du secteur d’une énième accalmie de la pénurie de carburant que le Liban traverse depuis plus de deux mois, miroir de la terrible crise économique et financière qui dure depuis deux ans dans le pays.

En ce sens et après avoir entrepris des contacts avec « la présidence du Conseil et les sociétés importatrices », le représentant des distributeurs de carburant, Fadi Abou Chacra, a informé hier que le déchargement des cargaisons d’essence se fera « comme avant », soit dès après le paiement de la Banque du Liban (BDL), et non plus « deux jours après », comme c’était récemment le cas. « Le citoyen n’a pas à subir les conditions posées par telle ou telle instance », a-t-il lancé, en référence probable à la BDL qui est chargée de l’ouverture des crédits pour les importations de carburant. Pour ce qui est des cargaisons de diesel, Fadi Abou Chacra a annoncé une amélioration de l’approvisionnement « dans les prochains jours, les compagnies importatrices ayant passé commande ». Une déclaration renforcée par celle du président de l’APIC, l’organisation qui représente les importateurs d’hydrocarbures au Liban, Georges Fayad, qui a confirmé hier à la chaîne MTV les propos de Fadi Abou Chacra en précisant que les quantités attendues oscilleraient entre « 35 et 40 millions de litres de mazout la semaine prochaine ».

Selon les nouveaux tarifs publiés hier, les prix de l’essence ont diminué de 300 livres, faisant passer le prix des 20 litres d’essence de 95 octanes de 75 900 à 75 600 livres et celui de 98 octanes de 78 100 à 77 800 livres. Le mazout, lui, s’échange désormais à 57 500 livres les vingt litres, soit une diminution tarifaire de 700 livres par rapport à la semaine dernière. Enfin, le prix de la bonbonne de gaz a baissé de 100 livres pour atteindre 53 600 livres. Les prix des carburants notent donc cette semaine une légère baisse après être montés en flèche depuis le début du mois en raison d’une baisse des subventions de la BDL sur les hydrocarbures.

L’électricité

Si tous les signaux semblent au vert pour une amélioration crescendo de la situation, il reste qu’aux quantités de carburant nécessaires aux véhicules s’ajoutent les besoins des centrales d’Électricité du Liban (EDL) et des générateurs privés, dont le fonctionnement est particulièrement perturbé par la pénurie de mazout. Pour tenter également de pallier a minima cette autre crise structurelle, le ministre sortant des Finances Ghazi Wazni a accepté hier l’ouverture d’une ligne de crédit pour financer une cargaison de gasoil destinée à une partie des centrales d’EDL à hauteur de 35 472 360 dollars, sans toutefois préciser les quantités concernées.

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La sévère pénurie en électricité du pays, en raison du manque de devises pour payer les importations de carburant, a dernièrement entraîné un rationnement du courant pouvant aller jusqu’à 23 heures par jour. En temps normal, des générateurs privés prennent le relais, mais, en raison des pénuries de mazout successives depuis près de deux mois, les exploitants de ces groupes électrogènes sont également obligés de les éteindre plusieurs heures en journée et pendant la nuit, obligeant les habitants à vivre sans courant électrique.EDL, qui doit compter sur les avances du Trésor libanais décaissées par la BDL pour acheter son carburant, s’approvisionne via le mécanisme de spot cargo (un appel d’offres ponctuel permettant d’acheter des hydrocarbures au prix du marché) depuis le début de l’année, principalement en raison des difficultés financières du pays et du fait que les contrats de ses fournisseurs n’ont en principe pas été renouvelés. Le week-end dernier, le Liban a signé un accord avec l’Irak qui va lui permettre de compter sur 1 million de tonnes de pétrole brut qu’il pourra utiliser comme monnaie d’échange pour acheter du carburant raffiné et compatible avec ses centrales, selon un mécanisme dédié dont les contours n’ont été qu’en partie explicités. Dans un communiqué hier, le Conseil des hommes d’affaires libano-irakiens, qui affirme avoir encouragé les deux pays à trouver un accord de ce type, a demandé hier au ministère de l’Énergie de faire preuve « de la plus grande transparence » en dévoilant tous les rouages du mécanisme. Selon les autorités, ce dernier devrait enfin assurer un tiers des besoins annuels d’EDL (fuel-oil de grades A et B et gasoil inclus), tandis que les premières livraisons sont attendues d’ici à début août par le ministère de l’Énergie.

Des protestations

En attendant, le manque, voire l’absence d’électricité, continue d’aggraver le quotidien de Libanais déjà malmenés par les crises diverses et de porter atteinte au bon fonctionnement de plusieurs infrastructures et services du pays (santé, circulation et restauration notamment). Une situation qui n’a pas manqué de mobiliser une partie de la population. Hier, des manifestants ont ainsi coupé la route de Beddaoui (Liban-Nord) pour « dénoncer la détérioration de leurs conditions de vie et les pénuries de mazout sur le marché ». L’armée est intervenue pour rouvrir les voies, le sit-in ayant paralysé la circulation. Dans la Békaa, des propriétaires de générateurs privés et des habitants du village de Kab Élias ont organisé un sit-in devant le bâtiment d’EDL. Ils ont protesté contre « les coupures permanentes du courant électrique, la pénurie de mazout et l’augmentation de son prix sur le marché parallèle qui a atteint 270 000 livres » les 20 litres, selon la chaîne locale LBCI.Pendant ce temps, les autorités tentent de leur côté de limiter les infractions. Des inspecteurs du ministère de l’Économie et du Commerce, ainsi que de la direction de la Sécurité de l’État de la région d’Amioun, dans le caza du Koura (Liban-Nord), ont par exemple confisqué hier « de grandes quantités de mazout stockées dans des citernes de stations-service de la compagnie Aouad Arida dans la région de Bohsas, près d’Électricité de Kadicha ». Selon l’Agence nationale d’information, ces quantités « seront redistribuées de manière équitable aux propriétaires de générateurs privés de la région, conformément aux instructions du procureur général ».Enfin, des tirs en l’air ont éclaté hier dans une station-service de Marjeyoun (Liban-Sud) lors d’une dispute entre des automobilistes concernant leur ordre de passage à la pompe. La station a alors arrêté de fournir de l’essence aux voitures qui faisaient la file. L’armée libanaise et les forces de sécurité se sont rendues sur place. Depuis plusieurs mois, les incidents se multiplient devant les stations-service où des files d’attente interminables sous un soleil de plomb échauffent les esprits.

Alors que la pression aux abords des stations-service est quelque peu redescendue depuis le début de la semaine, les prix des hydrocarbures ont aussi légèrement baissé hier de quelques centaines de livres libanaises les 20 litres, selon un communiqué publié par le ministère de l’Énergie et de l’Eau. Un état des lieux qui semblerait à nouveau privilégier l’annonce par les...
commentaires (1)

Où voient ils que la baisse des prix. Vit on dans le même pays? Du jour au lendemain, et alors que le dollar affichait une baisse, le prix des couches pour personnes âgées produites au Liban par le défenseur des citoyens qui n’est autre que M. Freim qui s’apitoie sur les citoyens mais n’hésite pas à tripler le prix du jour au lendemain comme s’il s’agissait d’un produit de luxe sans que cela ne lui pose un cas de conscience, sans parler du prix des abonnements des générateurs qui a flambé alors que les heures de relais rétrécissent comme peau de chagrin. Achrafieh est comme par hasard la région la plus touchée par ce phénomène et on se demande pourquoi. C’est bien d’être optimiste mais c’est encore mieux d’être objectif et de dénoncer les abus de tout genre. N’est ce pas le rôle des médias en période de crises?

Sissi zayyat

22 h 30, le 29 juillet 2021

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Commentaires (1)

  • Où voient ils que la baisse des prix. Vit on dans le même pays? Du jour au lendemain, et alors que le dollar affichait une baisse, le prix des couches pour personnes âgées produites au Liban par le défenseur des citoyens qui n’est autre que M. Freim qui s’apitoie sur les citoyens mais n’hésite pas à tripler le prix du jour au lendemain comme s’il s’agissait d’un produit de luxe sans que cela ne lui pose un cas de conscience, sans parler du prix des abonnements des générateurs qui a flambé alors que les heures de relais rétrécissent comme peau de chagrin. Achrafieh est comme par hasard la région la plus touchée par ce phénomène et on se demande pourquoi. C’est bien d’être optimiste mais c’est encore mieux d’être objectif et de dénoncer les abus de tout genre. N’est ce pas le rôle des médias en période de crises?

    Sissi zayyat

    22 h 30, le 29 juillet 2021

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