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Nos lecteurs ont la parole

Levée des subventions : le « badal » s’annonce

Par ces temps de crise, l’innovation est un besoin vital. Plus que jamais, il s’agit de transformer les contraintes en opportunités.

Parmi les nombreuses épées de Damoclès au-dessus de nos têtes, l’interruption des subventions de carburant s’avère particulièrement menaçante et douloureuse.

Il est grand temps de s’attaquer à la racine du problème : le Liban ne dispose pas d’un réseau viable de transport public.

C’est pour cette initiative que « Badal » est né. Badal, comme « substitut » en arabe, mais encore comme « allocation ».

Le principe de cette application est simple, sinon évident. En dehors des taxis de bureaux, les chauffeurs de transports publics se regroupent tous sans exception sous une même entité. Ils travaillent en quarts, tels des employés, et sont assignés avec leurs propres véhicules à des voies tracées.

L’intérêt privé des chauffeurs à embarquer des clients est ainsi éliminé et avec lui la concurrence sans merci que les collègues se livrent à la vue du moindre passager, lui aussi souvent très mal posté. Plus de klaxons, plus d’injures, le salaire sera bien au rendez-vous en échange du service rendu.

Désormais, le véhicule public a l’obligation de ne s’arrêter qu’à des stations désignées le long de son chemin tracé. Un lecteur de carte, équipé d’un détecteur de position GPS, est monté dans chaque voiture, bus ou van. La sieste pendant les heures de travail ou la sortie de voie sont ainsi documentées et sanctionnées. Un environnement sûr est créé au bénéfice du conducteur et des passagers. Un objet égaré est si vite retrouvé.

Le passager, lui, n’utilisera plus d’espèces pour payer le trajet. Il achètera des billets, physiquement ou en ligne, selon trois catégories de tarifs : citoyen libanais ; résident étranger ; touriste. Aller(s) simple(s), forfait quotidien, hebdomadaire ou mensuel.

Les forfaits donnent accès à des déplacements illimités sur l’ensemble du territoire, au soulagement des employés, travailleurs, étudiants ou autres.

La lecture de cartes à grande échelle permet de mieux identifier et d’orienter la demande. Petit à petit, des horaires fiables sont établis.

Pour sa viabilité, le système requiert la vente de 600 000 forfaits mensuels afin de bien compenser les quelque 40 000 désormais employés.

Au passage, devant l’urgence de réduire la taille du secteur public, un pas dans la bonne direction !

Les allocations de transports des quelque 300 000 employés publics sont remplacées par des forfaits mensuels. La contribution de l’État est reversée à l’entité des transports en commun. La moitié de la demande est déjà assurée. Plus besoin de verser des aides sociales à des travailleurs bien en sécurité. Imprimez des forfaits, pas de la monnaie ! Le carburant des véhicules publics n’a jamais été si bien utilisé.

Mieux encore, au fil du temps, les départs à la retraite seront remplacés par des bus dédiés. Une transition en douceur sans incommoder personne.

Le monde parlera du Liban comme un exemple de développement durable. La crise aura ainsi favorisé un moindre impact sur l’environnement de par cette alternative aux véhicules privés. Devant la levée des subventions qui s’annonce, « Badal » serait la solution.

Depuis février 2021, nous nous acharnons avec quelques collaborateurs à mettre en œuvre cette initiative. Tant les choses sont techniquement possibles, tant elles dépendent de la volonté politique et des moyens financiers.Le comité de la Banque mondiale à qui l’initiative a été exposée n’a eu d’autre mot que « brillante » pour la qualifier, mais c’est dommage de ne pouvoir agir qu’à la demande de l’autorité publique. Cette autorité avec laquelle l’approche n’a pas jusqu’à présent porté ses fruits.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

Par ces temps de crise, l’innovation est un besoin vital. Plus que jamais, il s’agit de transformer les contraintes en opportunités.Parmi les nombreuses épées de Damoclès au-dessus de nos têtes, l’interruption des subventions de carburant s’avère particulièrement menaçante et douloureuse.Il est grand temps de s’attaquer à la racine du problème : le Liban ne dispose pas d’un réseau viable de transport public.C’est pour cette initiative que « Badal » est né. Badal, comme « substitut » en arabe, mais encore comme « allocation ».Le principe de cette application est simple, sinon évident. En dehors des taxis de bureaux, les chauffeurs de transports publics se regroupent tous sans exception sous une même entité. Ils travaillent en quarts, tels des employés, et sont...
commentaires (1)

le BADAL ? on se croirait vivre en Europe de l'ouest, plus precisement en suede ou en norvege ou autre pays civilise !

Gaby SIOUFI

10 h 56, le 12 juillet 2021

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Commentaires (1)

  • le BADAL ? on se croirait vivre en Europe de l'ouest, plus precisement en suede ou en norvege ou autre pays civilise !

    Gaby SIOUFI

    10 h 56, le 12 juillet 2021

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