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Société - Covid-19

Les spécialistes mettent en garde contre un regain des cas au Liban

Les contrôles insuffisants à l’aéroport et le relâchement des mesures de prévention sont pointés du doigt.

Les spécialistes mettent en garde contre un regain des cas au Liban

Depuis plusieurs jours, des dizaines de cas de Covid-19 sont détectés à l’aéroport de Beyrouth. Photo d’archives Nabil Ismaïl

Les spécialistes ne cachent désormais pas leur inquiétude face à un regain de cas de contamination au coronavirus au Liban. Et c’est vers l’aéroport de Beyrouth que les regards se dirigent, tandis que des dizaines de cas de Covid-19 y sont détectés au quotidien. Hier, sur les 147 nouvelles contaminations signalées dans le bilan quotidien du ministère de la Santé, 23 sont en fait en provenance de l’étranger. Ce nouveau bilan porte à 543 698 le nombre de cas cumulés depuis février 2020, date de l’apparition de la pandémie dans le pays, au nombre desquels 7 829 décès et 530 689 guérisons. Parmi les cas toujours actifs, 109 patients sont hospitalisés, dont 60 sont admis aux soins intensifs. La semaine dernière, sur les 901 cas de Covid-19 recensés, 108 étaient importés.

Des chiffres qui ont poussé les spécialistes à tirer la sonnette d’alarme et à appeler à un meilleur contrôle des frontières. « Les chiffres signalés à l’aéroport de Beyrouth ne sont pas à négliger », affirment ainsi Jacques Mokhbat, spécialiste de maladies infectieuses, et Firas Abiad, directeur de l’hôpital universitaire Rafic Hariri. « Lorsque le pays enregistrait des milliers de cas de Covid-19 au quotidien, les dizaines de cas venant de l’étranger ne comptaient pas beaucoup, explique le Dr Abiad à L’Orient-Le Jour. Maintenant que la pandémie a sensiblement régressé, ces cas inquiètent, d’autant que les variants sont détectés dans plusieurs pays du monde. »

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« Rien n’empêche que ces variants ne soient déjà entrés au Liban, déplore de son côté le Dr Mokhbat. Il se pourrait qu’à l’aéroport les échantillons pour faire les tests PCR ne soient pas prélevés correctement. Par ailleurs, le suivi des passagers ne se fait pas avant 24 à 48 heures, le temps que les résultats des tests PCR aient été annoncés. Une période durant laquelle les déplacements des personnes testées positives et les cas contacts ne sont pas bien identifiés. » « Si on est incapable de bien tracer les quelques cas signalés au quotidien aujourd’hui, quelle sera la situation lorsque ceux-ci grimperont de nouveau », martèle le Dr Abiad, en référence à une déclaration de l’Inspection centrale. Dans un tweet datant de lundi, l’administration a précisé, à l’issue d’une rencontre avec le ministre sortant de la Santé Hamad Hassan, que les discussions avaient porté sur le mécanisme de suivi des passagers arrivant à l’aéroport de Beyrouth et sur les moyens de l’activer notamment avec l’apparition de nouveaux variants, comme sur la nécessité d’inciter les municipalités à suivre les personnes qui observent une quarantaine dans leur juridiction territoriale.

« Un an et demi après le début de la pandémie et avec le lourd tribut payé en vies humaines, n’est-il pas temps d’activer ce mécanisme et de mieux contrôler l’aéroport ? » se demande le Dr Abiad, soulignant que « le principal souci reste de trouver un moyen de gérer la pandémie sans avoir à refermer le pays encore une fois, au cas où nous ferions face à une nouvelle vague ».

Un laisser-aller en ville

Parallèlement au contrôle insuffisant de l’aéroport, les deux spécialistes déplorent le relâchement des mesures de prévention. « Nous sommes témoins d’un laisser-aller effroyable en ville, regrette le Dr Mokhbat. Les gens ne respectent plus les gestes-barrières, notamment pour ce qui est du port du masque et de la distanciation physique. Pour les habitants de certaines régions, le Covid-19 n’existerait même pas. De plus, dans mon laboratoire, je constate depuis quelques jours une hausse des cas alors que cela faisait plusieurs semaines que ceux-ci étaient presque nuls. » Pour le Dr Mokhbat, cette situation est d’autant plus grave que la vaccination n’avance pas au rythme souhaité, en raison principalement du retard affiché dans la réception des doses.

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Selon le bilan du ministère de la Santé, depuis le début de la campagne à la mi-février, seulement 17 % des personnes éligibles ont déjà reçu une première injection d’un des vaccins approuvés dans le pays et seules 8,4 % ont reçu les deux doses.

Par ailleurs, la Middle East Airlines a annoncé hier qu’après la France, Chypre, l’Allemagne, le Danemark et la Grèce, ce sont la Belgique et les Pays-Bas qui autorisent désormais les Libanais et résidents au Liban, détenteurs d’un visa de type C (tourisme), à entrer sur leur territoire, à condition de remplir au préalable un formulaire. Le test PCR n’est pas requis pour se rendre dans ces deux pays.


Les spécialistes ne cachent désormais pas leur inquiétude face à un regain de cas de contamination au coronavirus au Liban. Et c’est vers l’aéroport de Beyrouth que les regards se dirigent, tandis que des dizaines de cas de Covid-19 y sont détectés au quotidien. Hier, sur les 147 nouvelles contaminations signalées dans le bilan quotidien du ministère de la Santé, 23 sont en fait en...

commentaires (2)

Corruption incorporée. Il ne devrait pas y avoir ce pourcentage de cas importés. Qui ?

Esber

17 h 29, le 23 juin 2021

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Commentaires (2)

  • Corruption incorporée. Il ne devrait pas y avoir ce pourcentage de cas importés. Qui ?

    Esber

    17 h 29, le 23 juin 2021

  • Un test PCR négatif réalisé 48 heures au plus tard est obligatoire afin de pouvoir embarquer à bord d’un avion à destination du Liban. Comment alors il y a des cas positifs détectés à l’arrivée à Beyrouth. Ça veut essentiellement dire que ces passagers avaient de faux certificats et qu’il faut donc les poursuivre en justice pour mise en danger de la vie d’autrui

    Liberté de Penser

    08 h 46, le 23 juin 2021

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