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Nos Lecteurs ont la Parole

Jérusalem : l’hommage de la jeunesse par la musique

Le 21 juin, le monde fête la musique. Le mot « fête » a disparu de notre vocabulaire depuis belle lurette. Quant à la musique, accessible aujourd’hui principalement via les plateformes de streaming musical, elle n’est pas garantie. Note à mon lecteur non libanais : une coupure d’internet pour une durée indéterminée est fort probable au Liban dans les prochains jours. Non, ce n’est pas une blague.

Bref. Depuis le début de la crise sanitaire et de la série de confinements qui l’accompagnent, une chanson dédiée à Jérusalem, Jérusalema, composée et interprétée par Nomcebo Zikode et produite par Master KG, tous les deux sud-africains, occupe une place importante dans le paysage musical international. Cette chanson marque le confinement de toute une jeunesse, qui vibre à son rythme depuis les foyers, les chambres à coucher ou lors des soirées idylliques qui marquent un bref moment de rupture avec la réalité extérieure. Ces soirées, parfois clandestines, sont souvent suivies d’un sentiment de culpabilité d’avoir profité d’une courte parenthèse de fête pendant que l’humanité fait face à une catastrophe. Ces soirées aigres-douces, à l’image de Jérusalem.

Cette chanson, interprétée en langue zouloue, une langue à dix millions de locuteurs dans le monde, la jeunesse s’y est attachée souvent sans la comprendre. Elle l’a aimée mystérieusement. Cette petite merveille musicale, qui unit toute une foule autour de Jérusalem en une fraction de seconde, vient de très loin, de l’Afrique du Sud. Elle porte un message universel de paix, de fraternité et d’espoir que toute une jeunesse s’approprie par le chant et par la danse. Elle fait cohabiter des genres musicaux d’ordinaire très éloignés, mais qui parviennent tous à trouver entièrement et égalitairement leur place dans ce morceau, à l’image de la ville de Jérusalem où deux nations et trois religions, aussi différentes qu’elles soient, ont vocation à cohabiter pacifiquement. Ce morceau serait une parfaite reconstruction de l’idéal qu’est supposée incarner Jérusalem.

« Jerusalema, ikhaya lami… », ou « Jérusalem, ma maison... », sont ses premiers mots. Le succès totalement imprévu de cette chanson ne serait-il pas dû à un acte inconscient et collectif d’identification à Jérusalem et à la volonté de toute une génération d’en faire son foyer ? Et par l’association de foyers individuels, un foyer humain universel ?

Après les événements récents de Jérusalem, cette chanson ne résonne plus de la même manière. Ses propos et ses notes sont désormais dotés d’un grain d’engagement. Continuer à chanter et à danser en hommage à Jérusalem à travers le monde serait la meilleure façon de rendre hommage à cette ville unique par sa vocation universelle et inclusive. Il en est de même pour toutes les revendications et toutes le causes. La musique engagée peut réparer des injustices et sauver des peuples. La jeunesse, quant à elle, a toute sa place pour agir en première ligne dans les questions relevant de la haute politique par les moyens qui sont mis à sa disposition. Rappelons-nous que toutes les révolutions s’accompagnent de musique et donnent naissance à de nouvelles chansons.

La musique est essentielle à l’humanité et à la politique. Elle constitue un instrument d’influence de première ligne pour un peuple. L’accès à la musique est un droit essentiel. Espérons que les peuples du monde, y compris le peuple libanais qui exprime sa joie, sa peine et ses revendications par le chant et par la danse, ne s’en privent jamais.


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Le 21 juin, le monde fête la musique. Le mot « fête » a disparu de notre vocabulaire depuis belle lurette. Quant à la musique, accessible aujourd’hui principalement via les plateformes de streaming musical, elle n’est pas garantie. Note à mon lecteur non libanais : une coupure d’internet pour une durée indéterminée est fort probable au Liban dans les prochains...

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