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Ruades et reculade

Et c’est reparti pour un tour ! Cette semaine, c’est Istiz Nabeuh qui nous a joué les stars. Nabih Berry dit le Nabab, dit aussi comte de Aïn el-Tiné, vicomte de Barbour, maréchal des logis de la ménagerie parlementaire et ancien déshérité aujourd’hui gavé de l’héritage des autres. Revêtu de son habit de maître de cérémonie, il s’est acharné à faire la quête auprès du Mollasson déprimé et du Basileus requinqué. Que d’espoirs !

Les deux compères l’ont fait danser à saute-mouton par-dessus les volées de bois vert qu’ils se sont envoyées à la figure, au milieu de l’alchimie glutineuse en vue d’un gouvernement à la formule immuable : une truellée de maronites, de sunnites et de chiites, une pincée de druzes, le tout saupoudré d’un chouïa de byzantins et d’arméniens, enfin un minoritaire pour rigoler. Le Libanais de base se crève la dalle pour trouver de quoi grailler, attend des heures pour un biberon d’essence, sue comme un goret au milieu des nuances de noir d’EDL… mais il peut dormir pépère, l’équilibre confessionnel sera respecté : clocher et minaret, tiare et turban, cantique et muezzin, goupillon et chapelet... Éternel balancier d’un pays qui galope à reculons.

En tout cas, il ne s’embarrasse pas de scrupules, le gestionnaire du patrimoine législatif. Il y a quelques semaines encore, il ne pouvait pas blairer le Gendrillon orangé, qui d’ailleurs le lui rendait bien. Et puis voilà maintenant qu’il a voulu jouer les entremetteurs pour l’aider à raccrocher les wagons avec le Ramollo du Futur. Raté !

En attendant, on continue de se frotter le nombril à l’idée que le Liban puisse encore intéresser du monde. Après les Français et les Américains qui se sont tirés en se bouchant le nez, il ne reste plus que les Saoudiens, les Iraniens et les Égyptiens. Les premiers et les deuxièmes sont gouvernés par des espèces de totems intouchables carrément de droit divin, les troisièmes par un président tellement parti pour durer qu’il finira momifié dans un coin de pyramide aux côtés de ses prédécesseurs pharaons. Comme on le voit, ils sont très bien placés pour dispenser leurs conseils en matière de réformes structurelles, de reddition des comptes et d’alternance politique.

Pour l’heure, la politique libanaise se résume dans le tableau suivant : le Flasque désigné chez le Istiz, le Istiz chez le Flasque désigné, et les pendentifs du Parti barbu chez le Basileus. La gesticulation est inutile, certes, mais elle ventile le temps qui passe. En somme, une situation plus proche du néant que de l’être.

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Et c’est reparti pour un tour ! Cette semaine, c’est Istiz Nabeuh qui nous a joué les stars. Nabih Berry dit le Nabab, dit aussi comte de Aïn el-Tiné, vicomte de Barbour, maréchal des logis de la ménagerie parlementaire et ancien déshérité aujourd’hui gavé de l’héritage des autres. Revêtu de son habit de maître de cérémonie, il s’est acharné à faire la quête auprès du...

commentaires (7)

Je confirme l’Excellence de votre article !!Je vous en félicite aussi! Ni ils se donnent le temps de vous lire, ni de réagir! Ils sont tout simplement DIABOLIQUES ! ! ,

Liliane Hadaya

01 h 41, le 06 juin 2021

Tous les commentaires

Commentaires (7)

  • Je confirme l’Excellence de votre article !!Je vous en félicite aussi! Ni ils se donnent le temps de vous lire, ni de réagir! Ils sont tout simplement DIABOLIQUES ! ! ,

    Liliane Hadaya

    01 h 41, le 06 juin 2021

  • Excellent, tout simplement… Au fait, je ne commente pas je vous félicite. Mais, Croyez-vous Monsieur Nasr qu’ils vous lisent? Et si oui, vous comprennent-ils? J’oserai dire « non » tellement ils sont déconnectés de la réalité.

    mokpo

    23 h 03, le 04 juin 2021

  • Merci Gaby!! Si seulement ces kellouns comprenaient!

    Wlek Sanferlou

    14 h 05, le 04 juin 2021

  • « Ancien déshérité ,aujourd’hui gavé d’héritage des autres «  Tout est dit sur Nabeuh ! Funny but sad !

    Wow

    12 h 37, le 04 juin 2021

  • BRAVO GABY NASR. IL Y A DU SOURIRE. IL N,Y A PAS DES RIRES. MAIS LES VERITES SONT JUDICIEUSEMENT DITES.

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    11 h 28, le 04 juin 2021

  • M. Nasr vous êtes la perle de ce journaled personne au monde ne peut si justement caricaturer ces bandits nullards et la situation on ne peut plus merdique. vous vous surpassez tous les vendredis et on adore ça. Dans un tout autre domaine, M. Ghoraeib n’est pas en reste mais il se fait de plus en plus rare.

    Sissi zayyat

    11 h 18, le 04 juin 2021

  • Superbe, comme d'habitude! Les Libanais non-francophones ne savent pas ce qu'ils ratent!...

    Georges MELKI

    11 h 16, le 04 juin 2021

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