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Nos lecteurs ont la parole

Incroyable mais vrai !

En 2018, une prestigieuse université au Liban recruta un éminent chercheur allemand pour le charger du dossier épineux de la guerre civile libanaise (1975-1990). La mission du Pr Adolf Klein était claire : il devait dépouiller les archives de la guerre pour publier, au terme de trois ans de recherches, un essai sur ce sujet tabou au Liban. Ledit chercheur, compétent et émérite, vrai expert dans le domaine des guerres et des génocides, notamment la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, s’attela à la tâche. Il travaillait nuit et jour, lisait les récits des combats, examinait des documents authentiques, regardait des documentaires, rencontrait des vétérans, des historiens et des archivistes.

Mais, au fur et à mesure que ses travaux de recherches progressaient, le Pr Adolf Klein éprouvait un vrai malaise. Ses nerfs, à fleur de peau, s’usaient et s’épuisaient, car il lui répugnait, jour après jour et semaine après semaine, de manipuler ce matériel explosif qui risquait à chaque instant de lui éclater à la figure. À force de revoir le flux d’images traumatisantes et à force d’interviewer les rescapés, les handicapés et les ex-caïds et miliciens de la guerre, il développa, malgré lui, une mystérieuse et incurable psychose, lui, le soi-disant stoïque et impassible professeur. Il fut donc tour à tour insomniaque, en proie à des cauchemars et à des hallucinations.

Soudain, le 4 août 2020, à 6 heures 7 minutes, tout son appartement à Gemmayzé vola en éclats. Ses papiers, ses recherches, son ordinateur furent réduits en miettes, en quelques secondes, devant ses yeux sidérés. Il ne survécut que par miracle. Passé l’état de choc et de stupeur, il sortit dans la rue, saignant de la tête aux pieds. Il marchait ainsi, tout ensanglanté, dans les ruelles sinistrées de la capitale et il criait :

- Arrêtez-moi ! Écrouez-moi ! Emprisonnez-moi ! Tout est de ma faute ! Je plaide coupable ! J’ai ressuscité cette guerre maudite !

Il poussait des cris stridents et se débattait comme un hystérique, agité par des spasmes violents. Il aurait fallu quatre secouristes pour le calmer et une bonne dose de morphine pour l’endormir et le transporter à l’hôpital afin de soigner son corps entaillé et mutilé. Le résident hébété compta 53 points de suture sur la totalité du corps du misérable chercheur.

À chaque réveil, le Pr Adolf Klein refaisait la même crise aiguë et son état empirait. Deux semaines après la terrible explosion, on le rapatria, illico presto, à Berlin où il fut pris en charge par des experts et des thérapeutes autochtones. Les journalistes libanais, qui croyaient enfin tenir leur scoop médiatique, ne purent malheureusement pas l’interviewer. Il leur fila entre les doigts, comme le poisson qui échappe aux mailles du filet, devant le pêcheur abasourdi, incapable de le rattraper.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

En 2018, une prestigieuse université au Liban recruta un éminent chercheur allemand pour le charger du dossier épineux de la guerre civile libanaise (1975-1990). La mission du Pr Adolf Klein était claire : il devait dépouiller les archives de la guerre pour publier, au terme de trois ans de recherches, un essai sur ce sujet tabou au Liban. Ledit chercheur, compétent et émérite, vrai expert dans le domaine des guerres et des génocides, notamment la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, s’attela à la tâche. Il travaillait nuit et jour, lisait les récits des combats, examinait des documents authentiques, regardait des documentaires, rencontrait des vétérans, des historiens et des archivistes.Mais, au fur et à mesure que ses travaux de recherches progressaient, le Pr Adolf Klein éprouvait un vrai malaise. Ses nerfs, à...
commentaires (1)

lecon a tirer ? PAYS PREDESTINE A NON PAS VIVRE MAIS SURVIVRE, DE GUERRE EN PERIODE PAIX, DE PERIODE DE PAIX EN PERIODE DE GUERRE EN PERIODE DE PAIX.

Gaby SIOUFI

16 h 42, le 04 juin 2021

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Commentaires (1)

  • lecon a tirer ? PAYS PREDESTINE A NON PAS VIVRE MAIS SURVIVRE, DE GUERRE EN PERIODE PAIX, DE PERIODE DE PAIX EN PERIODE DE GUERRE EN PERIODE DE PAIX.

    Gaby SIOUFI

    16 h 42, le 04 juin 2021

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