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Monde - ÉCLAIRAGE

De « Sleepy Joe » à « Uncle Joe » : la surprise Biden à la Maison-Blanche

C’est dans la lutte contre le Covid-19 que le nouveau président peut se targuer de son plus franc succès, en transformant une promesse de campagne – atténuer le taux de contamination, vacciner, relancer l’économie – en réalité.

De « Sleepy Joe » à « Uncle Joe » : la surprise Biden à la Maison-Blanche

Joe Biden, lors de l’annonce du plan de relance national dans le jardin de la Maison-Blanche, en mars dernier. Photo Olivier Douliery/ AFP

Les républicains le pensaient mou, les démocrates redoutaient son conformisme. Mais une centaine de jours après sa prise de fonction, force est de constater que le bilan de Joe Biden à la Maison-Blanche est à mille lieux du portrait caricatural qui était fait de « Sleepy Joe » durant la campagne. Si loin, que la très progressiste représente démocrate Alexandria Ocasio-Cortez a reconnu dans un entretien accordé à CNN que le nouveau président américain et son administration avaient « clairement dépassé les attentes des progressistes, dont beaucoup s’attendaient à une politique bien plus conservatrice ».

La surprise vient pour partie du fait que Joe Biden était jusque-là peu connu. On connaissait son expérience de 36 ans au Sénat et il s’était fait connaître du public à la vice-présidence durant les mandats Obama. Mais Joe Biden président demeurait une équation à plusieurs inconnues que son passé n’aidait pas à résoudre. Les valeurs, les politiques qu’il incarnait pouvaient tour à tour être conservatrice ou progressiste : l’homme à la fibre sociale s’était opposé aux compagnies pétrolières pour défendre les populations locales, mais un versant plus conservateur l’avait amené à adopter des positions à droite sur des questions de sociétés (avortement, criminalité, mariage) ou à s’opposer à une initiative de diversité raciale (le « busing »). « Il est vieux, il a travaillé avec Barack Obama, et il est vu en général comme un type bien. Si vous en savez plus que ça sur Joe Biden, vous en savez plus que la majorité des électeurs », ironisait The Atlantic en juin 2020.

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C’est donc la pratique du pouvoir au sommet qui révélera l’essence politique de Joe Biden. L’image du personnage se précise à travers les réformes entamées dans la foulée de son investiture, le 20 janvier dernier. Avec des mesures comme le renforcement des aides aux familles, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’augmentation des dépenses d’investissement, le nouveau gouvernement ne prend pas seulement le contre-pied de la politique de l’administration Trump sortante : il va également plus loin que ses prédécesseurs démocrates, Obama et Clinton.

Il envoie également un message d’inclusion et de justice sociale, par exemple en assurant l’équité raciale et ethnique lors des campagnes de vaccination ou en faisant le choix de nominations placées sous le signe de la diversité.

C’est dans la lutte contre le Covid-19 que le nouveau président peut se targuer de son plus franc succès en transformant une promesse de campagne – atténuer le taux de contamination, vacciner, relancer l’économie – en réalité. « Votre empathie est devenue la marque de fabrique de votre présidence, et on la retrouve sur chaque page du plan de redressement américain (American Rescue Plan) », disait de lui sa vice-président Kamala Harris au moment du lancement du programme à la Maison-Blanche.

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Les premiers mois de mandat transforment donc un candidat centriste au bilan politique contradictoire en un dirigeant qui semble prêt à repenser la place et le rôle de l’État dans un pays fédéral où les inclinaisons centralisatrices sont vues avec méfiance et rencontrent de nombreuses résistances chez les républicains comme chez les démocrates. Le 12 mars dernier, dans le jardin de la Maison-Blanche, Joe Biden présentait son plan national de relance de 1 900 milliards de dollars en assurant vouloir « changer de paradigme » en renonçant à un modèle fondé sur les effets de retombées économiques afin de remettre les travailleurs au centre des politiques. « Il est temps de construire une économie qui s’épanouisse par le bas », affirme-t-il alors. Celai fait dire au journaliste Mickey Kaus, dans le magazine Newsweek, que « Joe Biden va reconstruire l’État providence que Bill Clinton a démantelé avant lui ». Mais ce changement de ton assumé, Joe Biden le doit aussi au contexte actuel : une pandémie sans précédent qui semble avoir autorisé une réponse inédite – aux grands maux, les grands moyens. Une série de sondages réalisés à l’occasion de ses 100 premiers jours reflète la popularité du début de mandat Biden – entre 52 et 58 % de la population approuve son action. Sa réponse à la pandémie et son plan de sauvetage économique sont parmi les éléments les plus appréciés des électeurs, malgré certaines réticences sur des sujets plus sensibles comme l’immigration ou le port des armes. Pour une partie de l’opinion publique, « Sleepy Joe » est également devenue « Uncle Joe », une figure fédératrice et rassurante, moins clivante que son prédécesseur.

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Les critiques ne sont pour autant pas absentes et les défis à venir sont nombreux. Les républicains reprochent par exemple à Joe Biden une politique trop idéaliste, partisane et dépensière, qui pourrait creuser le déficit budgétaire, ou encore sa mauvaise gestion de la crise des migrants à la frontière mexicaine. Car au-delà des chantiers prioritaires, d’autres sujets beaucoup moins consensuels attendent le démocrate : parmi ceux-ci, la politique aux frontières et la régulation de l’immigration illégale, la réforme de la police ou encore la régulation du port d’armes. Les 100 prochains jours pourraient donc se révéler critiques.


Les républicains le pensaient mou, les démocrates redoutaient son conformisme. Mais une centaine de jours après sa prise de fonction, force est de constater que le bilan de Joe Biden à la Maison-Blanche est à mille lieux du portrait caricatural qui était fait de « Sleepy Joe » durant la campagne. Si loin, que la très progressiste représente démocrate Alexandria Ocasio-Cortez...

commentaires (2)

N’importe quoi !! La preuve le dollars est en baisse .. (sauf au Liban)

Bery tus

04 h 59, le 29 avril 2021

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Commentaires (2)

  • N’importe quoi !! La preuve le dollars est en baisse .. (sauf au Liban)

    Bery tus

    04 h 59, le 29 avril 2021

  • Joe Biden représente la vitrine de la présidence sans aucune autorité décisionnelle. Le vrai pouvoir politique est détenu par un triumvirat composé de Nancy Pelosi, Chuck Shummer et Kamala Harris. Il paraît que c'est ce trio qui prend les décisions importantes et dicte les discours de Joe Biden. À noter que Joe Biden est très étroitement surveillé en présence (en de rares occasions) de journalistes pour qu'il ne prononce pas une réflexion qui n'aurait pas été approuvé par le triumvirat. Je crois qu'avant la fin de son mandat Joe Biden abdiquera (pour cause de santé) le pouvoir à Kamala Harris.

    Romulus Maximus

    01 h 01, le 29 avril 2021

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