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Environnement - Environnement

Abattage d’arbres à grande échelle dans le Kesrouan

Près d’un millier d’arbres, quasiment 40 tonnes de bois, ont été coupés dans les bois de Ghodress.

Abattage d’arbres à grande échelle dans le Kesrouan

Des centaines de troncs coupés, abandonnés en plein bois dans la région de Ghodress. Photo envoyée par des témoins

Les photos et les vidéos d’un abattage d’arbres à grande échelle dans la région de Ghodress, au Kesrouan, ont permis de révéler un nouveau scandale écologique : des centaines de troncs d’arbres coupés sont visibles sur les clichés partagés par des habitants de la région, qui sont à l’origine de la plainte contre le propriétaire d’un grand projet dans le secteur. Celui-ci aurait, selon les habitants de la région, obtenu un permis d’exploitation sur l’ensemble de la colline où a eu lieu récemment ce carnage, un permis concédé par un grand propriétaire terrien. « Si cet individu poursuit sur sa lancée, nous risquons de voir bientôt toute la colline déboisée », déplore un habitant sous le sceau de l’anonymat.

Un millier d’arbres, des chênes et d’autres espèces, ont été abattus, selon les plaignants. Une source du ministère de l’Agriculture certifie cependant à L’Orient-Le Jour que ce délit ne restera pas impuni. « Nous avons dépêché des contrôleurs sur les lieux et avons dressé un procès-verbal, précise-t-on. Nous avons aussi saisi les scies qui ont servi à couper les arbres. Quant au bois qui a résulté de l’abattage, une quarantaine de tonnes environ, nous n’avons pu le saisir en raison du manque de moyens, mais l’exploitant ne peut en disposer avant que le juge n’émette sa décision. »

Car le ministère de l’Agriculture, dans des cas comme celui-là, transfère le dossier au juge pénal unique de la région donnée, en l’occurrence celui relevant du parquet du Mont-Liban. « On peut s’attendre à un jugement en faveur d’une vente du bois aux enchères, mais parfois dans ces cas-là, le juge peut permettre au contrevenant de disposer du bois en échange d’une amende à payer », souligne cette source. Et pourtant, poursuit-elle, la loi sur les forêts est claire et précise les montants des amendes pour chaque tonne de bois coupée illégalement, prévoyant non seulement des pénalités, mais des peines de prison dans certains cas. Les jugements ne sont malheureusement pas toujours proportionnels à la gravité des actes.

Pour mémoire

Tollé après l’abattage d’arbres dans la forêt de Baabda

À la question de savoir pourquoi ce n’est pas l’avocat général statuant dans les affaires d’environnement qui se saisit de cette affaire, la source précitée souligne que la procédure impose au ministère de se diriger vers le parquet général. Alors que le parquet environnemental peut être saisi par toute partie qui s’estime lésée par de tels actes et qu’il a la prérogative de prendre une décision immédiate d’arrêt des travaux controversés.

Interrogée sur le permis dont disposait le contrevenant, cette source précise qu’il avait un « permis d’élagage », qu’il a largement outrepassé puisqu’il a été jusqu’à purement et simplement abattre les arbres. « Nous avons eu du mal à obtenir un arrêt effectif des travaux, étant donné que ceux-ci s’interrompaient régulièrement avant l’arrivée de nos contrôleurs qui ont besoin de temps pour parcourir la distance qui les sépare des contrevenants dans ces bois difficiles d’accès, poursuit la source du ministère de l’Agriculture. Les travaux d’abattage reprenaient ainsi souvent l’après-midi, après le départ de nos équipes. Nous avons dû les envoyer plus tard en journée pour épingler enfin les coupables. »

À noter qu’il n’a pas été possible de contacter le principal individu mis en cause dans cette affaire, dont le numéro est apparemment hors service.

Les forêts ont récemment payé le prix d’une série de facteurs qui ont aggravé les agressions dont elles font traditionnellement l’objet en (presque) toute impunité : les confinements successifs qui ont ralenti l’activité des gardes forestiers, la crise économique qui a poussé les habitants à recourir au bois de chauffage avec la hausse des prix du mazout et les tempêtes qui ont provoqué la perte de nombreux arbres, ce qui rend difficile d’estimer l’ampleur de l’abattage proprement dit. Sans compter les convoitises des uns et des autres qui font perdre au Liban ce qui reste de sa couverture végétale.



Les photos et les vidéos d’un abattage d’arbres à grande échelle dans la région de Ghodress, au Kesrouan, ont permis de révéler un nouveau scandale écologique : des centaines de troncs d’arbres coupés sont visibles sur les clichés partagés par des habitants de la région, qui sont à l’origine de la plainte contre le propriétaire d’un grand projet dans le secteur....

commentaires (16)

Impossible de construire un ETAT dans ces conditions. Chacun ouvre une boutique à son compte ou il veut quand il veut. Comme toujours les Darak attendent patiemment la fin des travaux avant d’intervenir pour dresser un avertissement oral, puis ils verbalisent, ensuite ils reviennent vérifier si les travaux ne sont pas arrêtés, et enfin ils préviennent les autorités compétentes genre expert juge etc… tout cela trop tard avec un effet irréversible puisqu’il n’y a plus de forêt! c’est comme ceci que ça se passe depuis toujours . Les mauvaises habitudes ont la peau dure.

Le Point du Jour.

22 h 53, le 15 avril 2021

Tous les commentaires

Commentaires (16)

  • Impossible de construire un ETAT dans ces conditions. Chacun ouvre une boutique à son compte ou il veut quand il veut. Comme toujours les Darak attendent patiemment la fin des travaux avant d’intervenir pour dresser un avertissement oral, puis ils verbalisent, ensuite ils reviennent vérifier si les travaux ne sont pas arrêtés, et enfin ils préviennent les autorités compétentes genre expert juge etc… tout cela trop tard avec un effet irréversible puisqu’il n’y a plus de forêt! c’est comme ceci que ça se passe depuis toujours . Les mauvaises habitudes ont la peau dure.

    Le Point du Jour.

    22 h 53, le 15 avril 2021

  • Pourquoi vous n’exposez pas le nom de cet auguste personnage? Arrêtons de protéger l’identité de ces criminels.

    C'est moi

    22 h 23, le 15 avril 2021

  • Voici la marche à suivre en matière de protection de la nature au Liban : Les contrôleurs ont dressé un procès-verbal et ont aussi saisi les scies qui ont servi à couper les arbres. …. Mais les arbres ne sont plus là…

    Agenor

    19 h 25, le 15 avril 2021

  • Un crime contre l'humanité !

    nabil zorkot

    17 h 45, le 15 avril 2021

  • Cest malheureux la corruption nepargne personne

    Elkhazen maud

    15 h 44, le 15 avril 2021

  • Kesrouan...n'est-ce pas cette région du Liban où règnent les fameux super-chrétiens patriotiques et libres, ensemble avec les forces libanaises qui se targuent de combattre la corruption ? Lequel des deux responsables ( sinon les deux ensemble) de ces principautés-jumelles ferment pudiquement les yeux...et certainement reçoivent en échange leur part de bénéfices en tous genres ? - Irène Saïd

    Irene Said

    14 h 58, le 15 avril 2021

  • "Une source du ministre de l'agriculture certifie cependant à l'OlJ que ce crime ne restera pas impuni..." Je ne parierais pas 10 000 LL, même dévaluées, là-dessus!

    otayek rene

    13 h 08, le 15 avril 2021

  • DERNIERE DES CALAMITES ET DES CATASTROPHES QUI FRAPPENT LE PAYS SERAIT DE LE TRANSFORMER EN REGIONS DESERTIQUES. C,EST UN CRIMINEL QUE CE TYPE QUI CERTES DOIT APPARTENIR AUX CLIQUES MAFIEUSES POUR AVOIR OBTENU LE PERMIS DE DEBOISER LA COLLINE. IL FAUT DEFENDRE QU,UN PROJET OU BATIMENT DE QUELQUE SORTE SOIT ERIGE SUR CETTE COLLINE. SINON D,AUTRES CRIMINELS SUIVRONT L,EXEMPLE.

    RAISON OBLIGE A SOUTENIR L,OLJ MALGRE SA CENSURE

    12 h 27, le 15 avril 2021

  • Il devrait être condamné aux travaux forcés qui consisterait à reboiser le pays pendant des décennies. Une amende pour payer les nouveaux plans et la confiscation de tous ses biens immobiliers. On ne peut pas laisser des terres à la disposition d’un malotru qui maltraite la nature. On retire bien les enfants des parents qui maltraitent leurs progénitures pour les placer non? Quant à son téléphone hors service, cette excuse est plus grave que le crime surtout qu’actuellement le zèle des forces de l’ordre a fait ses preuves de perquisitions forcées pour dénicher des personnes chez eux pour beaucoup moins que ça. La honte encore et toujours.

    Sissi zayyat

    12 h 22, le 15 avril 2021

  • Les habitants du kesrouan continuent leur tradition d avidité,Faisant fi de tout souci écologique et esthétique . Rien de nouveau. C est ceci qui a emmené le liban dans les abysses et ce dans tous les domaines. Ca provient du manque d ‘education civique.

    Robert Moumdjian

    12 h 19, le 15 avril 2021

  • Il faut scier ce sale type !

    Wow

    10 h 07, le 15 avril 2021

  • Quand un pauvre manifestant qui meurt de faim commet un petit larcin il est vite emprisonné...par contre quand un vrai salaud abat des arbres uniquement pour l’argent on ne trouve pas son numéro de téléphone et on n’arrive pas à arrêter le massacre écologique...c’est à hurler de rire

    mokpo

    09 h 54, le 15 avril 2021

  • Il n'existe aucun désert au Liban mais ce dernier en devient un

    Georges Olivier

    09 h 16, le 15 avril 2021

  • Pourquoi ne pas nommer cet individu? Si même la presse protège ce genre d’agissements, alors c’est no way out.

    PPZZ58

    09 h 00, le 15 avril 2021

  • Outre les amendes et l'éventuelle peine de prison, il faut espérer que le c5iminel sera obligé de replanter sinin certte intervention n'aura servi à rien.

    Yves Prevost

    08 h 02, le 15 avril 2021

  • Quel crime! Face à l’appât du gain , le libanais sacrifie son pays .... encore et encore! C’est désespérant

    Danielle Sara

    04 h 17, le 15 avril 2021

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