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Lifestyle - Pendant ce temps, ailleurs...

Au Vanuatu, le prince Philip était une « divinité »

Les anciens des villages vénérant le défunt duc d’Édimbourg lui cherchent un remplaçant, probablement son fils Charles.

Au Vanuatu, le prince Philip était une « divinité »

Des hommes de la tribu du village de Yakel au Vanuatu, adorateurs du prince Philip, exhibant hier les trois portraits officiels que le duc d’Édimbourg, particulièrement bienveillant vis-à-vis des croyances des populations locales, leur avait envoyés. Sur l’un de ces portraits (celui de droite), il pose avec un bâton de guerre qu’ils lui avaient fait parvenir. Dan McGarry/AFP

Le prince Philip est mort, mais son esprit lui survivra, assurent des chefs de village du Vanuatu qui vénèrent le défunt duc d’Édimbourg comme une divinité et qui, sous un drapeau britannique en berne, ont commencé hier à débattre pour savoir si un autre membre de la famille royale va hériter de son statut. Pour l’heure, il est, selon eux, encore trop tôt pour dire si les descendants du prince feront à leur tour l’objet de cette adoration.

Voilà des décennies que les habitants de deux villages de l’île volcanique de Tanna au Vanuatu, Yaohnanen et Yakel, vouent un culte à l’époux de la reine Elizabeth II qui est décédé la semaine dernière à 99 ans. Le chef du village de Yakel, Albi, s’est dit incapable d’affirmer ce que deviendrait ce culte après le décès du prince, et ce parce que son esprit, selon lui, erre désormais à la recherche d’une nouvelle incarnation. Malgré des spéculations à l’étranger sur une possible relève par le fils aîné du prince Philip, Charles, ou l’un de ses petits-fils William et Harry, rien n’est certain, a-t-il assuré. « L’esprit du duc d’Édimbourg a quitté son corps, mais il continue de vivre, a expliqué le chef Albi. Il est trop tôt pour dire où il habitera. »

Certains anciens des villages affirment que le prince Charles héritera du statut divin de son père et que cette controverse a déjà été tranchée lors d’une visite en 2018 à Port Vila du prince de Galles, au cours de laquelle il a été élevé au rang de grand chef honoraire sous le nom de Mal Menaringmanu.

La visite de 1974

Sous un drapeau britannique en berne, le chef Albi a retrouvé hier lundi les anciens dans le village de Yaohnanen pour décider aussi de la façon de marquer ce décès. Chacun à son tour, les chefs locaux ont pris la parole pour dire ce que signifiait, selon eux, cet événement pour leur culte. Aucune conclusion n’est attendue avant plusieurs jours. Le chef Albi a eu une pensée pour la reine Elizabeth II à laquelle il a souhaité d’être heureuse, en expliquant que l’esprit de son défunt époux survivait à la mort de son corps. Les chefs de tribu ont indiqué qu’ils étaient en train d’envoyer un message confidentiel à la famille royale britannique.

L’origine du culte du prince Philip ne fait pas consensus. Mais certains anthropologues le rattachent à une légende locale liée aux esprits du volcan Yasur. Selon la mythologie locale, un esprit a quitté une montagne voisine, s’est envolé pour un pays lointain et a épousé la femme la plus puissante du monde. Ce culte s’est développé après la visite en 1974 du prince Philip au Vanuatu, qui était alors, avant son indépendance en 1980, le condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides. La légende locale ancienne à laquelle serait rattaché le culte évoque le retour d’un fils à la peau pâle. Apprenant que le prince Philip, né en Grèce, ne venait ni de Grande-Bretagne, ni de France, ni des États-Unis, les habitants de l’île auraient décidé qu’il pouvait être originaire de Tanna. Les anthropologues estiment que ce culte est pour les villageois un moyen de se forger un lien spirituel avec le reste du monde.

Connu pour ses gaffes, le duc d’Édimbourg se serait montré particulièrement bienveillant vis-à-vis des croyances des populations locales. Au fil des ans, celui qui était né prince de Grèce et du Danemark a envoyé aux villageois trois portraits officiels, dont l’un où il pose avec un bâton de guerre qu’ils lui avaient fait parvenir.

Dan McGARRY/AFP


Le prince Philip est mort, mais son esprit lui survivra, assurent des chefs de village du Vanuatu qui vénèrent le défunt duc d’Édimbourg comme une divinité et qui, sous un drapeau britannique en berne, ont commencé hier à débattre pour savoir si un autre membre de la famille royale va hériter de son statut. Pour l’heure, il est, selon eux, encore trop tôt pour dire si les...

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