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Politique - Liban

Depuis Beyrouth, le chef de la diplomatie égyptienne presse pour un gouvernement de spécialistes

Sameh Choukri s'entretient avec un grand nombre de responsables libanais, à l'exception notable de Gebran Bassil.

Depuis Beyrouth, le chef de la diplomatie égyptienne presse pour un gouvernement de spécialistes

Le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Choukri (g), s'entretenant avec le président Michel Aoun, le 7 avril 2021 au palais de Baabda. Photo Twitter/Présidence libanaise

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, en visite officielle au Liban pour un jour, a rencontré tour à tour les principaux dirigeants libanais mercredi, à l’exception notable du chef du Courant Patriotique Libre, Gebran Bassil, et du Hezbollah, lors de sa visite marathon qui vise à tenter de débloquer la crise politique en coordination avec Paris.

Lors de ses entretiens, le chef de la diplomatie égyptienne a répété le même message, appelant à former rapidement un gouvernement "de mission", composé de spécialistes qui pourrait ouvrir la voie à des aides régionales et internationales.

Accueilli à l’aéroport par son homologue libanais Charbel Wehbé, M. Choukri s’est rendu immédiatement au palais de Baabda pour s’entretenir avec le président de la République Michel Aoun.

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Dans une déclaration à l'issue de son entretien avec le chef de l'Etat, il a déploré « que l'horizon soit toujours bloqué, huit mois après » la démission du gouvernement de Hassane Diab. Il a souligné que la formation d'un « cabinet de spécialistes » était « importante pour la stabilité du Liban et de la région ». Le ministre a ajouté qu'il était porteur d'un message soulignant « la solidarité de l'Egypte et sa disposition à fournir tout le soutien nécessaire pour sortir de la crise et former un gouvernement qui pourrait ouvrir la voie à l'aide régionale et internationale au Liban ».

« N’exclure personne »

Pour sa part, Michel Aoun a remercié l’Egypte pour son appui et ses tentatives de débloquer la crise gouvernementale, exprimant l’espoir que « ces efforts parviennent à des résultats positifs », selon un communiqué de la présidence. Le communiqué a souligné qu’il était cependant nécessaire d’avoir « une volonté véritable de sortir de la crise, sur la base des règles constitutionnelles sur lesquelles repose le système libanais et avec la coopération de toutes les parties libanaises, sans en exclure aucune », dans une claire allusion au chef du CPL et gendre du chef de l’Etat, Gebran Bassil.

Sameh Choukri a terminé sa tournée au Liban par une réunion à 18h avec le chef du gouvernement désigné Saad Hariri, à l'issue de laquelle il a tenu une conférence de presse depuis la Maison du Centre, dans un clair message d’appui au chef du Courant du Futur.

"L'Egypte est attachée à la stabilité et la sécurité du Liban, et cela requiert de mettre un terme à l'inertie actuelle. Nous sommes en faveur de la poursuite du dialogue entre toutes les forces (politiques libanaises, ndlr) afin de sortir de la crise", a affirmé le ministre égyptien, lors de cette brève conférence de presse. Sameh Choukri a également fait savoir qu'il a assuré à Saad Hariri "le soutien de l'Egypte à un gouvernement de mission loin des tensions politiques, afin que le Liban puisse retrouver son rôle naturel". Saad Hariri n'a pour sa part pas fait de déclaration à l'issue de son entretien avec M. Choukri. Son bureau de presse s'est contenté de publier des photos de la rencontre et d'indiquer dans un communiqué que les discussions ont porté sur "les derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que sur les relations bilatérales".

Après avoir été reçu au palais de Baabda par le président Aoun, Sameh Choukri s’est rendu à Aïn Tiné pour un entretien avec le président du Parlement Nabih Berry, à l’issue duquel il a répété la nécessité de former « rapidement un gouvernement de spécialistes » et exprimé l’appui de l’Egypte à l’initiative de M. Berry pour débloquer la formation du gouvernement via sa proposition de cabinet élargi. Le chef du Parlement libanais a pour sa part remercié Le Caire pour son aide dans la lutte contre la pandémie du coronavirus et après l'explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth. Il a également salué le rôle de l'Egypte "qui cherche à aider le Liban à sortir de l'impasse actuelle".

Le chef de la diplomatie égyptienne s’est ensuite rendu à Bkerké où il a été reçu par le patriarche maronite Béchara Raï, qui mène campagne pour la neutralité du Liban. Le patriarche a remercié le ministre pour le soutien de son pays au Liban "surtout durant les épreuves, notamment l'explosion au port de Beyrouth". Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), les deux responsables étaient d'accord sur la "nécessité de hâter la formation d'un gouvernement capable de réformes afin d'obtenir un soutien international et régional au Liban".

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Le ministre s'est aussi réuni avec le chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt à sa résidence à Clémenceau, sans faire de déclarations à l'issue de cet entretien. Il a également rencontré séparément à l’hôtel Movenpick le chef des Kataëb Samy Gemayel et le chef des Marada Sleiman Frangié. "Nous sommes en faveur d'un gouvernement d'experts, notamment le Premier ministre désigné, ainsi que les ministres eux-mêmes", a affirmé M. Gemayel, dans une critique à Saad Hariri, qui est l'une des principales figures politiques du paysage libanais, à la tête du courant du Futur. M. Choukri s'est ensuite entretenu par téléphone avec le dirigeant des Forces Libanaises, Samir Geagea, atteint du coronavirus. 

La visite du diplomate intervient alors que le Liban est sans gouvernement depuis bientôt huit mois, en raison, entre autres, d'un bras de fer politique entre le président Aoun et son camp, et le Premier ministre désigné. Les tentatives de former un cabinet par M. Hariri sont au point mort, et des rumeurs font état d’une possible visite à Paris de Gebran Bassil, accusé par ses détracteurs de bloquer le processus. Mais ces rumeurs ont été démenties jusque-là.

"Solidaire du peuple libanais"

Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Hafez, avait déclaré mardi que la visite du chef de la diplomatie égyptienne visait à « souligner le soutien de l’Egypte au Liban frère, et son appui aux efforts déployés pour l’aider à surmonter la crise à travers la formation par Saad Hariri d’un gouvernement avec l’ensemble des parties politiques libanaises ». Il avait souligné que l’Egypte était « solidaire du peuple libanais » et insisté sur la « nécessité de faire prévaloir l’intérêt national libanais » pour sortir de la grave crise politique dans laquelle est plongé le pays. M. Hariri avait été reçu au Caire début février par le président Abdel Fattah el-Sissi, qui avait appelé à hâter la formation d'un cabinet "indépendant". L’Egypte a souligné que ses efforts se faisaient en coordination avec l’initiative française pour la formation d’un cabinet capable de sortir le Liban de la crise.


Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, en visite officielle au Liban pour un jour, a rencontré tour à tour les principaux dirigeants libanais mercredi, à l’exception notable du chef du Courant Patriotique Libre, Gebran Bassil, et du Hezbollah, lors de sa visite marathon qui vise à tenter de débloquer la crise politique en coordination avec Paris.Lors de ses...

commentaires (3)

IL FALLAIT AJOUTER DES SPECIALISTES NON PARTISANS ET INDEPENDANTS COMME LE RECLAME LE PEUPLE LIBANAIS.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

22 h 10, le 07 avril 2021

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Commentaires (3)

  • IL FALLAIT AJOUTER DES SPECIALISTES NON PARTISANS ET INDEPENDANTS COMME LE RECLAME LE PEUPLE LIBANAIS.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    22 h 10, le 07 avril 2021

  • l'Egypte entre ds la danse . Il ne nous manquerait plus que ça

    Hitti arlette

    20 h 44, le 07 avril 2021

  • SEBHAN ALLAH, MEME LE MINISTRE EGYPTIEN NE VEUT PAS LE VOIR. QUAND A AOUN QUI NE CESSE DE NOUS CHANTER QU,IL RESPECTE LA CONSTITUTION, QU,IL L,APPLIQUE PAR LA DISSOLUTION DE TOUTES LES MILICES, CONDITION DE LA CONSTITUTION. ET BLOQUER LA FORMATION DU GOUVERNEMENT POUR HUIT MOIS DEJA POUR OBLIGER HARIRI DE DISCUTER AVEC LUI C,EST POUR LE MOINS QU,ON PUISSE DIRE - PAS GENTIL - CHACUN PEUT REMPLACER LE MOT A SA GUISE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    17 h 21, le 07 avril 2021

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