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Nos Lecteurs ont la Parole

Chine-Iran : symbiose stratégique

Il est aisé pour les pays totalitaires de conclure des accords stratégiques à long terme. L’histoire nous enseigne que de pareils accords ne disparaissent qu’avec la disparition de l’une des parties contractantes.

Il ne fait aucun doute que l’accord Iran-Chine qui vient d’être ratifié exprime la nouvelle orientation de l’Iran vers l’Est, amorcée par le guide Suprême Ali Khamenei en 2018, en rupture avec la politique de Khomeyni qui était basée sur le principe de non-alignement « ni Est ni Ouest ». Il est clair que cet accord stratégique pour une durée de 25 ans a été estampillé par le véritable tenant du pouvoir iranien. Preuve en est que son conseiller Ali Larijani a finalisé l’accord avec le ministre chinois des Affaires étrangères avant sa signature officielle avec son homologue iranien.

Il est également important de noter que Hassan Nasrallah, conformément aux orientations stratégiques de l’Iran, s’évertue depuis un certain temps à engager le Liban dans « l’orientation vers l’Est ». Au départ, il présente cette option comme étant non exclusive et justifiée par la nécessité de pallier à la situation économique catastrophique du Liban. Nul n’est cependant dupe que, dans une étape ultérieure, le Hezbollah chercherait à l’imposer comme solution unique. Le dernier discours de Hassan Nasrallah en dit long.

C’est ainsi que le Liban serait forcé de rentrer dans l’orbite de la République islamique d’Iran. Cette situation n’est pas sans rappeler le Pacte de Varsovie au temps de l’Union soviétique. Du point de vue stratégique, le Hezbollah considère cette étape, de son point de vue, comme étant transitoire pour préparer la longue marche vers la réalisation de l’objectif ultime de la République islamique en Iran : l’islamisation du monde sur la base du wilayet el-faqih, qui constitue la vision de Khomeyni de l’islam chiite duodécimain.

Par ailleurs, il ne fait aucun doute que l’accord stratégique irano-chinois constitue une consolidation de la position de l’Iran dans la région dans cette phase critique qu’elle traverse. Il aura ses retombées sur l’ensemble de la conjoncture régionale et mondiale.

Il consolide aussi la position et le rôle de la Chine dans la région et dans le monde au moment où le rôle obsolète de la « vieille » Europe et celui combien hésitant de l’Amérique de Biden (qui laisse sous-entendre qu’elle veut évacuer l’arène du Moyen-Orient) sont en plein déclin. De plus, force est de constater que la pandémie de Covid19 a gravement endommagé les économies des pays occidentaux, tandis que la Chine, responsable de la propagation du virus, s’en est remise.

Cela explique également « les réponses radicales de l’Iran sur le terrain » (Yémen, Irak, Syrie, Liban) et le durcissement de sa position à l’égard de la politique laxiste de l’administration Biden qui ne cesse d’exhiber ses bonnes intentions concernant le retour à l’accord nucléaire.

Il faut également noter que la Chine, la Russie et l’Iran cherchent à se débarrasser de l’hégémonie du dollar dans le système économique mondial en le remplaçant dans leurs échanges par les monnaies nationales ou le troc. Cela rendrait la politique de sanctions des États-Unis caduque.

D’autre part, Téhéran, armé de son accord stratégique avec Pékin, pourrait ne pas être disposé à l’application de l’accord sur la limitation de son programme nucléaire. Bien qu’il s’en défende, il voudrait vraisemblablement aller de l’avant dans son programme militaire dans le but de produire ses armes nucléaires. En complément, il ne serait pas disposé à interrompre son programme de missiles stratégiques, et certainement pas sa politique d’exportation de la révolution qui est la raison d’être du régime islamique en Iran.

En tout état de cause, l’Europe devrait se rendre à l’évidence que les substantiels et juteux contrats avec l’Iran appartiennent déjà à un passé révolu.

Il reste à l’Occident, ainsi qu’à ses alliés partenaires et amis, de se rendre compte que le monde est entré dans une phase de mutations stratégiques majeures et qu’il devient impossible d’intégrer l’Iran dans un ordre mondial en pleine déconfiture. Il s’agit pour eux de tirer les leçons et d’agir en conséquence.


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Il est aisé pour les pays totalitaires de conclure des accords stratégiques à long terme. L’histoire nous enseigne que de pareils accords ne disparaissent qu’avec la disparition de l’une des parties contractantes.Il ne fait aucun doute que l’accord Iran-Chine qui vient d’être ratifié exprime la nouvelle orientation de l’Iran vers l’Est, amorcée par le guide Suprême Ali...

commentaires (2)

allez faire comprendre aux dirigeants libanais que leur allegeance outre mer ne sera payante que pour l'outre mer et ses vassaux libanais !

gaby sioufi

12 h 20, le 30 mars 2021

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Commentaires (2)

  • allez faire comprendre aux dirigeants libanais que leur allegeance outre mer ne sera payante que pour l'outre mer et ses vassaux libanais !

    gaby sioufi

    12 h 20, le 30 mars 2021

  • grace a la legerte, l'inconscience,la duplicite des politiques libanais le guide supreme neo persan a les moyens de nous emmener vers ou bon lui semble via son serf nasroullah. inutile d'y reflechir plus longtemps. en attendant un miracle qui ne sera qu'apres de longues annees de purgatoire.

    gaby sioufi

    12 h 13, le 30 mars 2021

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