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Lifestyle - Coolitude

La bière, une histoire de femmes... et de sorcières

Le 8 mars était la Journée officielle de la femme, mais depuis 1987 tout ce mois de l’année lui est dédié à travers moult célébrations. Parmi celles-ci, il est de tradition de boire à sa santé un broc de bière pour se rappeler qu’elle en était la première brasseuse !

La bière, une histoire de femmes... et de sorcières

La sorcière au chapeau en pointe, une identité qui perdure. Photo d’illustration Bigstock

« Cherchez la femme ! » dit la célèbre expression. On la cherche alors qu’elle est partout… En ce mois de mars qui lui est dédié, plusieurs blogs et études ont souligné ses performances méconnues du grand public, car elles relevaient de son quotidien au foyer. Ainsi, apprend-on que vers le XVIIe siècle, par exemple, une maîtresse de maison accomplie devait, outre être une bonne cuisinière, maîtriser les recettes médicinales pour le bien-être de ses proches. Mais surtout, ces recherches ont permis de découvrir le rôle immense qu’elle a longtemps joué dans un domaine où on ne l’attendait peut-être pas, le brassage de la bière. Dans l’Antiquité déjà, des femmes préparaient de la bière notamment pour les cérémonies religieuses. Dans un passé plus proche, cette activité féminine a connu un plus grand essor. Selon The Conversation, média en ligne à but non lucratif, le brassage de la bière au Moyen Âge était principalement le travail des femmes, jusqu’à ce que les brasseuses soient assimilées à des sorcières. Une grande partie de l’iconographie des sorcières (du chapeau pointu au balai et au chat) leur a ainsi été associée. Ces brasseuses avaient pourtant si bien développé leur technique pour produire une boisson riche en calories, d’abord destinée à leurs familles, qu’elles étaient arrivées à en faire un commerce.

Chapeaux pointus et chaudrons

Ces femmes portaient notamment de hauts chapeaux pointus pour que leurs clients puissent les repérer de loin quand elles vendaient leur bière au marché toujours bondé. Elles transportaient en outre leur bière dans de grands chaudrons. Elles n’avaient pas de chats-démons, comme le dit la légende, mais elles utilisaient les félins pour éloigner les souris du grain.

Car toute cette histoire aurait commencé avec des graines de céréales mal entreposées, qui avaient germé en raison d’humidité, comme l’explique le site du brasseur Ninkasi. Les femmes ont alors eu l’idée de les sécher au soleil avant de les broyer pour en faire une soupe fermentée appelée pain liquide (l’autre surnom de la bière à l’époque). Le brassage devenait ainsi une partie intégrante de leur quotidien. Puis elles ont reproduit cette opération en laissant mûrir leur préparation en cave. Certaines ayant le sens des affaires ont mis à profit ces compétences ménagères, après en avoir fait profiter leurs voisins, et ont commencé à vendre leur bière. Les veuves ou les femmes célibataires y ont aussi trouvé une bonne source de revenu, alors que les femmes mariées ont, petit à petit, associé leurs maris à la gestion de leur entreprise.C’est au moment où les femmes s’établissaient bien sur les marchés de la bière en Angleterre, en Irlande et dans le reste de l’Europe, que l’Inquisition a commencé, condamnant entre autres pratiques celle de la sorcellerie. Des hommes ont vu là une opportunité pour s’approprier ce travail. Pour ce faire, ils ont accusé les femmes brasseuses d’être des sorcières et d’utiliser leurs chaudrons pour préparer des potions magiques au lieu de l’alcool. La rumeur s’est propagée et a fait le reste...

Les cannettes illustrées par Vanessa Lovegrove. Photo tirée de son site

Détrônées par les hommes avec l’Inquisition

Au fil du temps, il est donc devenu dangereux pour les femmes de fabriquer de la bière et de la vendre, une accusation de sorcellerie pouvant mener à la prison, voire à la mort. Les hommes ont avancé un autre argument pour les détrôner : si elles cessaient de produire de la bière, les femmes auraient plus de temps à consacrer à l’éducation de leurs enfants. La distillation et le brassage sont alors devenus une affaire d’hommes.

Mais les historiens aiment rappeler que la bière a été aussi une affaire de femme, portant plus précisément la signature d’une célèbre nonne de l’ordre bénédictin de Rhénanie, Hildegarde de Bingen (1098-1179), abbesse du monastère Saint-Rupert de Bingen. Compositrice de musique, femme de lettres et de sciences, c’est à elle que l’on doit la découverte des vertus du houblon ajouté à la bière. « L’amertume du houblon combat certaines fermentations nuisibles dans les boissons et permet de les conserver plus longtemps », avait-elle écrit. Dès lors, le houblon va supplanter les autres plantes amères utilisées pour aromatiser la bière (gentiane, coriandre, sauge, absinthe). Autres temps, autres mœurs, les femmes ont aujourd’hui évidemment repris du service dans ce domaine. Partout dans le monde, on les retrouve de plus en plus actives dans l’industrie de la bière, propriétaires d’une marque ou maîtres brasseuses. Néanmoins, les légendes ayant la vie dure, l’ancienne iconographie est toujours interprétée selon les tendances du jour sur des brocs ou autres éléments de promotion de la boisson. Elle amuse, attire, inspire. Pour exemple celle de Vanessa Lovegrove, illustratrice qui a créé, pour le plaisir, deux canettes ornées d’images de sorcières en rose et mauve. Mais l’appellation reste, la bière baptisée Witches’ Brew est déclinée en deux saveurs : Stout (brune et profonde) et IPA (blonde et ambrée).


« Cherchez la femme ! » dit la célèbre expression. On la cherche alors qu’elle est partout… En ce mois de mars qui lui est dédié, plusieurs blogs et études ont souligné ses performances méconnues du grand public, car elles relevaient de son quotidien au foyer. Ainsi, apprend-on que vers le XVIIe siècle, par exemple, une maîtresse de maison accomplie devait, outre être...

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