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Politique - Élections

Les partielles, une échéance aux enjeux à la fois politiciens et éthiques

Les parties concernées font preuve de prudence en attendant d’y voir plus clair.

Les partielles, une échéance aux enjeux à la fois politiciens et éthiques

Une foule massée à l’entrée d’un bureau de vote en 2018 : un spectacle qu’on ne reverra plus en temps de corona. Photo Michel Sayegh

Le flou continue d’entourer les chances de tenue d’élections partielles pour combler dix sièges vacants au Parlement, depuis la démission de plusieurs députés à la suite des explosions dévastatrices du 4 août 2020 à Beyrouth et du décès de deux autres.

Entretenue par divers bords, l’incertitude est alimentée par la politique politicienne. Les autorités continuent de prendre pour prétexte l’épidémie de coronavirus afin d’éviter d’organiser des consultations populaires. De leur côté, certains protagonistes insistent pour tenir des partielles, alors que d’autres avancent des raisons éthiques pour réclamer la démission de tout le Parlement, élu en 2018, et la tenue d’élections générales.

Les démissions des députés hostiles au pouvoir en place avaient été annoncées, pour la plupart, dans la foulée de la tragédie du port de Beyrouth. Le premier à franchir le pas, quelques heures plus tard, fut Marwan Hamadé, député du Chouf (druze, pro-Joumblatt). Il a été suivi par les parlementaires Kataëb : Samy Gemayel (Metn, maronite), Nadim Gemayel (Beyrouth I, maronite) et Élias Hankache (Metn, maronite). Les démissions se sont ensuite succédé les 9 et 10 août : Paula Yacoubian (Beyrouth I, arménienne-orthodoxe), Neemat Frem (Kesrouan, maronite), Henri Hélou (Aley, maronite) et Michel Moawad (Zghorta, maronite). Deux députés sont décédés par la suite, victimes du Covid-19 : Jean Obeid (Tripoli, maronite) et Michel Murr (Metn, grec-orthodoxe).

Dans le contexte tendu où elles sont intervenues, les démissions des parlementaires après le 4 août revêtent une dimension symbolique, mais surtout éthique. Pour les députés démissionnaires, il s’agissait de transmettre un message clair au pouvoir : le business as usual, ou les affaires comme d’habitude, ne pouvait plus être de mise comme si des tonnes de nitrate d’ammonium n’avaient pas explosé au port, provoquant plus de 200 morts, dévastant des quartiers entiers de la capitale et ravivant la colère de la population. En jetant l’éponge, les députés cherchaient à exercer une pression pour susciter le changement nécessaire au niveau d’une classe politique largement conspuée.

Ce message ne semble pas avoir été saisi par les protagonistes. C’est ce qui explique le fait que le pouvoir traite les partielles comme s’il s’agissait d’un scrutin visant simplement à remplacer des députés qui ont renoncé à leurs mandats pour des motifs banals, alors que la démarche des démissionnaires visait à tenter de combler le fossé qui n’en finit pas de se creuser entre la classe politique et la population.

Pour mémoire

Sur la scène politique, 2022 est déjà dans toutes les têtes

Conformément à l’article 41 de la Constitution qui stipule que des élections partielles doivent se tenir deux mois après la vacance d’un siège parlementaire, le ministre sortant de l’Intérieur, Mohammad Fahmi, a fixé au 28 mars courant la date des partielles, puis il les a reportées à la première semaine d’avril, dans la mesure où les restrictions en rapport avec la pandémie devraient être levées en principe le 31 mars.

Reporter les législatives de 2022 ?

Le ministre de l’Intérieur cherchait ainsi à conférer à sa démarche une double couverture légale et constitutionnelle. Mais la véritable question consiste à savoir si la tenue de partielles est légitime. Interrogé par L’Orient-Le Jour, l’ex-député Hankache exclut l’éventualité de ces scrutins. « Ils (le pouvoir) n’organiseront pas des élections pour plusieurs raisons : nous vivons dans un pays en faillite envahi par le coronavirus et où le pouvoir est incapable d’organiser de telles consultations », explique-t-il. M. Hankache souligne, en outre, que dans les circonstances actuelles, il faudrait organiser des législatives générales en bonne et due forme. « La révolte du 17 octobre et la double explosion au port ont prouvé que le divorce entre le peuple et la classe dirigeante est consommé. C’est pour cette raison que nous avons démissionné, d’autant plus que nous sommes convaincus que la Chambre actuelle ne représente plus le peuple. » « Faire de la politique, c’est agir avec éthique. Tel n’est pas le cas de la caste politique. Mais ils finiront par se voir forcés d’aller vers des élections générales, au lieu de se noyer dans leurs futiles règlements de comptes », poursuit M. Hankache, en formulant la crainte que le pouvoir agisse sciemment pour proroger le mandat de la Chambre actuelle, qui expire en mai 2022.

Calculs politiciens

Outre sa dimension éthique, le dossier des partielles doit être abordé, naturellement, sous un angle politique. Le président de la Chambre, Nabih Berry, qui a des relations assez agitées avec Baabda, était le premier à plaider pour la tenue de ces partielles, alors qu’il n’avait pas fait de même pour pourvoir aux sièges vacants de Michel Aoun, élu à la présidence en 2016, Robert Fadel, député de Tripoli qui avait démissionné au lendemain des municipales de mai 2016, et Badr Wannous, autre député de Tripoli, décédé en janvier 2017.

L'édito de Issa GORAIEB

Pire que les fléaux

Une éventuelle consultation parlementaire constituerait, en fait, un test pour tous les partis politiques, notamment ceux qui sont au pouvoir, tels que le Courant patriotique libre (CPL) de Gebran Bassil, gendre de M. Aoun, et ses opposants.

En cas de tenue des élections, les observateurs s’attendent à de chaudes batailles interchrétiennes, notamment dans le Kesrouan et le Metn, deux fiefs du CPL, sachant que le scrutin devrait se dérouler conformément à la loi électorale actuelle au Metn (proportionnelle avec vote préférentiel) avec trois sièges à pourvoir, et que le système majoritaire classique serait adopté dans le reste des circonscriptions concernées, où un seul siège est vacant, comme c’est le cas à Zghorta, Tripoli, le Kesrouan, Aley et le Chouf, ou deux sièges, comme à Beyrouth I.

Pour le moment, la prudence est de rigueur du côté des Forces libanaises, où l’on affirme que la décision finale au sujet de la participation, ou non, à un scrutin n’a pas encore été prise, en attendant que le pouvoir dise son dernier mot à ce sujet.

À Saïfi, et en dépit du fait que les fiefs des Kataëb seront au centre de la bataille électorale, le parti de Samy Gemayel aborde la question sous son angle moral. « Est-il logique et éthique de revenir au galop à un Parlement dont nous avons claqué la porte ? » s’interroge Salim Sayegh, vice-président du parti, dans une déclaration à L’OLJ. « Nous demandons que tous les députés démissionnent pour aller immédiatement vers des législatives générales sous surveillance internationale », déclare l’ex-ministre des Affaires sociales. À la question de savoir si les Kataëb resteront les bras croisés face à de possibles tentatives du camp loyaliste d’élargir sa représentation parlementaire, M. Sayegh répond : « Nous ne raisonnons pas suivant une logique de politique politicienne. Nous allons vers des horizons plus larges en nous impliquant dans la préparation des alternatives. »

La position critique du CPL

Il reste que les regards sont braqués sur le Courant patriotique libre (CPL), pour plusieurs motifs. Outre le fait que le scrutin partiel concerne d’importants fiefs aounistes, le CPL constitue le principal appui du mandat Aoun, tout en étant vivement décrié par le mouvement de contestation. Dans ce contexte, toute décision du CPL a forcément une interprétation politique. Prendre part au scrutin serait ainsi une occasion pour le parti de Gebran Bassil de mesurer sa représentativité parmi les électeurs chrétiens, qui sont frappés de plein fouet par la crise actuelle, bien qu’aucun des sièges vacants n’était occupé par un partisan pur et dur de M. Aoun. Et un boycottage du scrutin ne pourrait s’expliquer que par la crainte d’une désaffection de la mouvance aouniste à l’heure où la contestation reprend de plus belle. Pour le moment donc, le CPL s’intéresse peu à cette possible échéance. Il n’a pas encore pris de décision finale, comme le confie une source de ce courant en faisant valoir que l’heure est à la préparation du document politique que le parti devrait présenter lors de son rassemblement annuel prévu le 14 mars.

Le flou continue d’entourer les chances de tenue d’élections partielles pour combler dix sièges vacants au Parlement, depuis la démission de plusieurs députés à la suite des explosions dévastatrices du 4 août 2020 à Beyrouth et du décès de deux autres.
Entretenue par divers bords, l’incertitude est alimentée par la politique politicienne. Les autorités continuent de prendre pour prétexte l’épidémie de coronavirus afin d’éviter d’organiser des consultations populaires. De leur côté, certains protagonistes insistent pour tenir des partielles, alors que d’autres avancent des raisons éthiques pour réclamer la démission de tout le Parlement, élu en 2018, et la tenue d’élections générales.
Les démissions des députés hostiles au pouvoir en place avaient été annoncées, pour la plupart, dans la...
commentaires (6)

Élections partielles ou totales n’auront lieu que si le résultat garantirait l’élection des mêmes et de leurs alliés. Je ne sais pas pourquoi certains s’évertuent à demander des élections anticipées avant le grand nettoyage et surtout le dépôt des armes des milices iraniennes tout en sachant que ce serait du pareil au même. Procédons donc par priorité d’abord le nettoyage et ensuite des élections où l’élite libanaise serait représentée et non des illettrés vendus qui se retrouvent ministres et députés parce que collabos.

Sissi zayyat

13 h 31, le 14 mars 2021

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Commentaires (6)

  • Élections partielles ou totales n’auront lieu que si le résultat garantirait l’élection des mêmes et de leurs alliés. Je ne sais pas pourquoi certains s’évertuent à demander des élections anticipées avant le grand nettoyage et surtout le dépôt des armes des milices iraniennes tout en sachant que ce serait du pareil au même. Procédons donc par priorité d’abord le nettoyage et ensuite des élections où l’élite libanaise serait représentée et non des illettrés vendus qui se retrouvent ministres et députés parce que collabos.

    Sissi zayyat

    13 h 31, le 14 mars 2021

  • PAUVRE LIBAN ! PAUVRE PAYS ! PAUVRE PEUPLE MALGRE TOUT ENCORE MAJORITAIREMENT COMPOSE DE PANURGES ET DE MOUTONS SUIVEURS. QUAND ALLEZ-VOUS VOUS LIBERER DES CARCANS ET DES JOUGS QUI PESENT SUR VOS COUS ET VOS EPAULES ? N,AVEZ-VOUS ENCORE COMPRIS QUE LE CHANGEMENT, LES REFORMES, LA LIBERTE ET LA PROSPERITE NE SE DONNENT PAS MAIS ILS SE PRENNENT ? N,AVEZ-VOUS PAS ENCORE COMPRIS QUE LES CLIQUES MAFIEUSES ET LES MERCENAIRES NE DEGAGENT PAS DE BONGRE MAIS IL FAUT LES DEGAGER DE MALGRE ? N,AVEZ-VOUS PAS ENCORE COMPRIS QUE L,ARGENT VOLE DES CAISSES DE L,ETAT ET DES DEPOTS DES GENS NE SERA PAS RESTITUE DE BONGRE MAIS REPRIS DE MALGRE ? QU,ATTENDEZ-VOUS POUR VOUS UNIR EN UNE GIGANTESQUE REVOLUTION QUI NETTOYERA SUR SON PASSAGE TOUTES LES ETABLES... CAR D,ETABLES ET NON D,ECURIES IL S,AGIT ICI... DES AUGIAS LIBANAIS... OU PRETENDUS TELS.... ? SAUVEZ VOS FAMILLES DE LA FAIM ET RECUPERER VOS ECONOMIES TOUT EN SAUVANT LE PAYS. - SINON VOUS VOUS SUICIDEZ ET CONDAMNEZ AVEC VOUS VOS FAMILLES, PARENTS, AMIS ET LE PAYS ! - QUE L,ECHO DE CETTE VOIX RESONNE DANS VOS COEURS ET VOTRE CONSCIENCE AVANT VOS OREILLES. CA SUFFIT ! AVAIT DIT LEDRIAN. OUI, CA SUFFIT ET C,EST VOTRE DEVOIR DE CITOYENS DE CHANGER LES CHOSES.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    21 h 46, le 13 mars 2021

  • Tous doivent démissionner mais ils sont collés aux fauteuils et ils faut aussi demander l'autorisation aux ayatollahs d'Iran ......

    Eleni Caridopoulou

    18 h 22, le 13 mars 2021

  • Les élections partielles, tout comme l'enquête sur l'explosion au port, seront reportées en comité Gustave, c'est-à-dire siné dié.

    Annie

    17 h 41, le 13 mars 2021

  • Article clair et bien precis. Mais à mon avis, avant les partielles ou les legisletives. Il faut voter une nouvelle loi electorale juste et equitable qui repond aux aspirations des jeunes et leur donne une chance et un role dans la vie politique pour le mieux et l'interet du Liban.

    May abiakl

    14 h 33, le 13 mars 2021

  • ETHIQUES ? J'AI BIEN LU ETHIQUES ? tres drole ! bon ben ce papier dit les choses qu'il faut qui confirment une verite: Kellon restent ce que Kellon ont toujours ete : racaille sans dignite ni le moindre sens patriotique.

    Gaby SIOUFI

    11 h 07, le 13 mars 2021

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