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Santé - Covid-19

Vaccins à ARN messager : aucun risque pour l’ADN

Cette technologie consiste à injecter dans le corps des informations sur le virus pour que le système immunitaire réagisse de façon adaptée. Ce concept n’est pas nouveau, il est étudié depuis une vingtaine d’années en tant que moyen de traitement contre certaines maladies génétiques et surtout certains types de cancers.

Vaccins à ARN messager : aucun risque pour l’ADN

L’ARNm contenu dans les vaccins est fragile et rapidement détruit dans l’organisme. Il ne pourra pas pénétrer dans le noyau et s’intégrer au plan de fonctionnement de la cellule la rendant cancéreuse ou différente. Anwar Amro/AFP

« Vas-tu te faire vacciner ? » Une question qui revient sur toutes les lèvres, laissant deviner une appréhension vis-à-vis de ce moyen de lutte contre le Covid-19, devenu réalité avec le coup d’envoi dimanche de la campagne nationale de vaccination. Les sondages ont montré qu’au Liban, une grande majorité de la population refuse de se faire piquer, partagée entre l’hésitation et la peur. En cause, principalement les fausses informations qui circulent largement sur les réseaux sociaux selon lesquelles le vaccin aurait été conçu pour décimer les vieux, qu’il contiendrait une puce qui permet de contrôler la personne qui le reçoit ou encore qu’il changerait l’ADN des individus. Ce refus de la vaccination n’est pas nouveau. Déjà, en 2009, la population au Liban et dans le monde avait manifesté une même attitude lorsque le vaccin contre la pandémie de grippe alors causée par le virus H1N1 sévissait. Aujourd’hui toutefois, cette peur est amplifiée d’autant que les technologies utilisées pour développer certains de ces vaccins, dits à ARN messagers (ARNm ou mRNA), sont nouvelles et qu’il n’existe pas un recul suffisant pour mesurer leurs effets secondaires sur le long terme. Qu’est-ce que les vaccins à ARNm ? Sont-ils plus dangereux que les produits conventionnels ? Comment fonctionnent-ils ? Le point avec le Dr André Mégarbané, médecin généticien.

Quelle est la différence entre l’ARN et l’ADN ?

L’ADN est le support de l’information génétique de chaque individu. Il contient les plans de fonctionnement de l’organisme. Toutes les cellules d’un même individu possèdent le même ADN, mais seule une partie de ces plans de fonctionnement est importante pour la cellule, selon l’endroit où elle se trouve dans l’organisme. Pour ne pas surcharger la cellule, le noyau envoie une photocopie des quelques pages importantes de ces plans de fonctionnement permettant son bon fonctionnement. Ce sont les ARN messagers. Ils ont pour principal rôle de transformer cette information génétique en une « fonction » pour la cellule. L’ARNm sera ainsi lu par les ribosomes (éléments présents dans la partie interne de la cellule, le cytoplasme) et traduit en protéines. Celles-ci ont différentes fonctions au sein de la cellule et de l’organisme.

Quelle est la différence entre les virus à ARN et ceux à ADN ?

On connaît actuellement des milliers de virus. Ils sont classifiés suivant le fait que leur matériel génétique est de l’ADN ou directement de l’ARN. Les virus à ADN les plus connus sont ceux de l’herpès, de la variole, de l’hépatite B et les adénovirus… Les virus à ARN sont ceux de la grippe, du sida, de la fièvre jaune, ainsi que les coronavirus. Les virus à ADN sont plus stables que ceux à ARN. Ces derniers mutent beaucoup. Cela est dû au fait qu’ils ne sont pas capables de réparer les erreurs de leur génome lors de leur division cellulaire, parce qu’ils n’ont pas un plan de fonctionnement qui leur permet de le faire.

La technologie utilisant les ARN messagers est-elle nouvelle ? A-t-elle jamais été utilisée dans un traitement chez l’homme ?

La possibilité d’utiliser des vecteurs contenant un ARNm est étudiée depuis une vingtaine d’années comme un moyen de traitement contre certaines maladies génétiques et surtout certains types de cancers. La grande difficulté était davantage liée au coût de cette technologie qu’à sa prouesse.

https://www.lorientlejour.com/article/1252127/de-beyrouth-la-campagne-de-vaccination-setend-a-lensemble-du-pays.html

Par ailleurs, pour s’assurer qu’un traitement est efficace et ne présente aucun danger, il doit être testé sur un grand nombre de patients. Il est évident que plus la maladie est rare, plus le recrutement est long. Ce qui n’est pas le cas avec la pandémie actuelle de Covid-19, avec des centaines de millions de personnes contaminées dans le monde. Les moyens utilisés pour contrer le Covid-19 ont permis de surmonter ces obstacles financiers et de recrutement de malades. D’ailleurs, le vaccin à ARNm a été testé chez plus de 40 000 volontaires avant d’être homologué.

Il est clair que les firmes pharmaceutiques se lancent aussi pour développer des vaccins à ARNm pour d’autres maladies infectieuses comme le sida.

Il convient de noter que, depuis 2018, un vaccin vétérinaire à ARNm contre la fièvre porcine est utilisé.

Quels sont les avantages d’une telle technologie ? Ses inconvénients et ses limites ?

Le principal avantage reste la rapidité dans la production de ces vaccins, ce qui n’est pas le cas avec les vaccins à base d’un virus atténué ou inactivé. Ainsi, si une souche mutée ne répond pas aux vaccins à ARNm, il sera possible, dans peu de temps (de l’ordre de deux mois), de l’isoler, d’identifier la (les) mutation(s) du gène et de développer un nouvel ARNm qui sera inclus dans un nouveau vaccin contre le mutant. Et ce tout en bénéficiant de l’expérience acquise concernant l’innocuité vaccinale. Ce processus peut s’étaler sur plusieurs mois avec les vaccins conventionnels.

L’inconvénient majeur de cette technologie reste le fait qu’il faut préserver les vaccins à des températures très basses (-30/-70 °C) et l’injecter rapidement, parce que l’ARNm est très fragile et par conséquent se dégrade rapidement.

Comment fonctionnent les vaccins à ARN messager ?

Le virus responsable de la pandémie du Covid-19 est un coronavirus. C’est la protéine S (spicule ou spike) du virus qui lui donne cet aspect de couronne, d’où il tire son nom. Ces protéines S permettent au virus de se lier aux cellules et de les infecter. Le principe d’un vaccin anti-Covid est donc de présenter spécifiquement ces protéines S au système immunitaire, qui va développer des anticorps. Ainsi, si on est contaminé, le système immunitaire, déjà rodé à reconnaître ces protéines S, va pouvoir lutter plus rapidement et plus efficacement contre le virus.

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Dans les vaccins à ARN (comme ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna, NDLR), c’est l’ARNm mis dans une enveloppe de graisse qui est injecté. Il est libéré une fois qu’il pénètre dans les cellules musculaires autour du point d’injection. La lecture de cet ARNm va se faire permettant exclusivement la production de protéines S. Aucun autre gène du virus n’est produit. Comme ces protéines S sont différentes et étrangères aux protéines de l’organisme, elles seront reconnues par le système immunitaire. Celui-ci développera alors des anticorps qui protègent lors d’une infection.

En quoi le principe de ces vaccins est-il différent des vaccins conventionnels ?

Dans les vaccins conventionnels, on n’injecte pas des informations sur le virus, en l’occurrence sa protéine S, mais le virus inactivé pour que le corps apprenne à s’en défendre.

Les vaccins à ARNm ont-ils plus d’effets secondaires que les vaccins conventionnels ?

Absolument pas. De plus, les vaccins à ARNm ne contiennent pas d’adjuvants toxiques ou d’aluminium, comme c’est le cas avec les vaccins conventionnels.

L’ARN messager peut-il modifier l’ADN de l’être humain, comme certains le pensent ?

Le vaccin permet l’introduction dans une cellule humaine d’un ARNm. Celui-ci ne peut pas se transformer en ADN. Donc, il ne pourra pas pénétrer dans le noyau et s’intégrer au plan de fonctionnement de la cellule la rendant cancéreuse ou différente. Au contraire, il est rapidement détruit par l’organisme. En effet, cette molécule d’ARN est assez fragile et assez vite détruite après quelques phases de lecture. L’idée qu’il puisse transformer les générations futures est infondée. Comme il est injecté dans les cellules musculaires, il ne présente aucun risque de transmission aux descendants.

Cela dit, le risque zéro est impossible. C’est le cas d’ailleurs de n’importe quel médicament. On peut aujourd’hui, en se basant sur le recul de quelques mois, dire que les effets secondaires d’une vaccination contre le Covid-19 sont très minimes. Pour certaines personnes, ils sont sûrement moindres que le fait d’être contaminé par le virus. Dans la balance risque-bénéfice, si on calcule le nombre de vies qui seront sauvées, les avantages de la vaccination sont évidents.

Quid des vaccins basés sur les adénovirus ?

Dans ce cas, on a recours à un vecteur viral, c’est-à-dire à un virus rendu inoffensif, en l’occurrence l’adénovirus qui cause le rhume chez l’homme ou l’adénovirus de singe. Le virus est alors rendu soit atténué, soit inactivé par altération de sa capacité à se reproduire. Une fois injecté dans le corps, il va directement produire la protéine S du SARS-CoV-2 et déclencher ainsi la réponse immunitaire contre le virus. Un article publié récemment dans le journal médical Lancet montre une efficacité de plus de 90 % pour le vaccin russe Spoutnik V et un peu moins pour les vaccins développé par AstraZeneca/Oxford et Johnson & Johnson (Janssen Pharmaceuticals).


« Vas-tu te faire vacciner ? » Une question qui revient sur toutes les lèvres, laissant deviner une appréhension vis-à-vis de ce moyen de lutte contre le Covid-19, devenu réalité avec le coup d’envoi dimanche de la campagne nationale de vaccination. Les sondages ont montré qu’au Liban, une grande majorité de la population refuse de se faire piquer, partagée entre...

commentaires (1)

Selon les experts en vaccins , il faut entre 7 ans et 10 ans pour evaluer un vaccin.. c est donc tres irresponsable de la part des medias de dire qu un produit experimental, teste sur quelques mois est sans danger...quand des pays evolues comme la Suisse par exemple refusent de le faire...les medias sont donc responsables des dommages que ce produit experimental pourrait generer...

Kantar Maan

20 h 45, le 16 février 2021

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Commentaires (1)

  • Selon les experts en vaccins , il faut entre 7 ans et 10 ans pour evaluer un vaccin.. c est donc tres irresponsable de la part des medias de dire qu un produit experimental, teste sur quelques mois est sans danger...quand des pays evolues comme la Suisse par exemple refusent de le faire...les medias sont donc responsables des dommages que ce produit experimental pourrait generer...

    Kantar Maan

    20 h 45, le 16 février 2021

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