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Société - Initiative

L’aide aux étudiants libanais en France, projet phare du Fonds de dotation France-Liban

« La générosité des donateurs est grande, mais les besoins sont énormes », confie Farid Aractingi, président du FDFL.


L’aide aux étudiants libanais en France, projet phare du Fonds de dotation France-Liban

Farid Aractingi, président du FDFL. Photo DR

Il est heureux que les actions de solidarité en faveur des Libanais s’intensifient pour contrebalancer un tant soit peu les carences et exactions de l’État, responsables de leurs désastreuses conditions de vie. La création du Fonds de dotation France-Liban (FDFL) fait partie de ces actions de soutien à une population privée de ses droits primordiaux à cause de la corruption et de la mauvaise gouvernance des dirigeants. Fondé à Paris le 1er août, le FDFL est l’œuvre d’hommes d’affaires de la diaspora, affiliés à la Chambre de commerce franco-libanaise (CCFL) et de professionnels de l’Association franco-libanaise des professionnels de l’informatique (AFLPI). L’initiative, qui vient d’abord d’une volonté de subvenir aux besoins d’étudiants libanais en France, s’est étendue à la réhabilitation de logements beyrouthins sinistrés par la double explosion au port, survenue seulement 3 jours après la création du fonds (4 août).

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« Notre projet phare est l’aide aux étudiants libanais qui désirent suivre une formation en France alors que la crise économique et financière les a démunis », indique Farid Aractingi, président du Fonds de dotation France-Liban. « Lorsque la structure du FDFL a été mise en place, la double explosion au port ne s’était pas encore produite. Après la catastrophe, notre fondation a trouvé naturel de vouloir répondre aux nombreuses demandes d’aide formulées par ceux dont les habitations ont été détruites », note-t-il.


Le logo du Fonds de dotation France-Liban.


Véhicule juridique

Le secours aux étudiants avait commencé cinq mois auparavant, dès l’apparition du coronavirus en France, en mars dernier. « Malgré les fortes restrictions bancaires imposées depuis octobre 2019 sur les dépôts d’argent, les universitaires parvenaient à se suffire à eux-mêmes, enchaînant stages et petits boulots. Mais les mesures adoptées en France à partir de mi-mars pour freiner la propagation du Covid-19 ont contribué à réduire fortement leurs opportunités de travail », relève ce cadre d’entreprise, ingénieur de formation. De nombreux étudiants se sont alors adressés à l’ambassadeur du Liban Rami Adwan pour l’exhorter à trouver une solution qui leur permettrait de poursuivre leurs études. « L’ambassade du Liban n’étant pas habilitée à collecter des fonds, M. Adwan a eu l’idée de se tourner vers la Chambre de commerce franco-libanaise qui a aussitôt acquiescé », poursuit Farid Aractingi, lui-même secrétaire général de la CCFL. L’organisme a alors sollicité ses adhérents, recueillant 145 000 euros qu’il a répartis en juillet dernier sur 463 étudiants. Mais les professionnels de la CCFL ont réalisé que cette opération ponctuelle n’était pas suffisante.

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Avec des membres de l’Association franco-libanaise des professionnels de l’informatique, ils décident de choisir « un bon véhicule juridique », en l’occurrence de procéder à la création d’une fondation. Le FDFL voit donc le jour le 1er août. « En France, les dons faits à une fondation ou à une association d’intérêt général favorisent une réduction d’impôts dus par le donateur à hauteur de 60 % s’il s’agit d’une entreprise et de 66 % si c’est un particulier », souligne le président du FDFL, en référence au fait qu’une déduction fiscale peut davantage attirer les bienfaiteurs. « Si un résident fiscal veut donner 100 euros, son don ne lui en coûtera pratiquement que 34 », explique-t-il.

Près de 1 200 dossiers

À peine créé, le FDFL a entrepris une nouvelle levée de fonds, rassemblant 227 000 euros, dont 90 000 ont été notamment octroyés à Save Beirut Heritage et l’Apsad (deux associations vouées à la préservation du patrimoine), ainsi qu’au collège du Sacré-Cœur situé rue Gouraud (Gemmayzé). Deux mois plus tard, en octobre, une nouvelle vague d’étudiants est arrivée en France. Heureusement, note M. Aractingi, la majorité des universités françaises a permis d’échelonner le paiement des frais universitaires. Pour le FDFL, dont le conseil d’administration est composé de représentants de la CCFL et de l’AFLPI, ainsi que de représentants de partenaires et d’experts, il s’agit désormais de se pencher sur près de 1 200 dossiers de demandes. Composée de bénévoles et supervisée par le conseil d’administration, la Société des amis du Fonds de dotation France-Liban fournit une assistance opérationnelle. Farid Aractingi évoque une « sélection » des dossiers soumis. « Un jury indépendant est chargé de trier les demandes sur base de critères académiques et sociaux, avec une focalisation sur les disciplines utiles pour le Liban », précise-t-il. « Nous voulons accorder 50 bourses annuelles de 3 000 euros chacune ainsi que 500 aides ponctuelles », affirme le président du FDFL, soulignant que « pour pouvoir le faire, il faudrait une collecte de 200 000 euros ». La générosité des donateurs est grande, mais les besoins sont énormes, relève-t-il, sans manquer par ailleurs de souligner que le fonds de dotation œuvre également à aider les élèves au Liban à travers la Voix de la femme libanaise, une association qui se mobilise pour financer la scolarité des enfants défavorisés.

« Toutes les donations sont bienvenues », lance Farid Aractingi, précisant que les montants offerts peuvent aller de 10 à plusieurs milliers d’euros. Pour accéder au site du FDLF, il suffit de cliquer sur

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https://www.fd-fl.org/. S’ouvre alors une page au haut de laquelle s’affiche un cercle où est inscrite la phrase « Faire un don », permettant de choisir parmi les différentes actions de soutien du Fonds. Au bas de la page, le rectangle rouge est réservé aux demandeurs d’aide, qui peuvent remplir un formulaire comportant notamment leurs coordonnées et les projets pour lesquels ils veulent être soutenus.


Il est heureux que les actions de solidarité en faveur des Libanais s’intensifient pour contrebalancer un tant soit peu les carences et exactions de l’État, responsables de leurs désastreuses conditions de vie. La création du Fonds de dotation France-Liban (FDFL) fait partie de ces actions de soutien à une population privée de ses droits primordiaux à cause de la corruption et de la...

commentaires (2)

Au Liban, les aides versées aux sinistrés de l’explosion du port seront imposables selon la proposition du technocrate du budget. Pourquoi voler un peu d’argent lorsque on peut voler beaucoup d’argent aux citoyens

Liberté de Penser

16 h 32, le 13 février 2021

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Commentaires (2)

  • Au Liban, les aides versées aux sinistrés de l’explosion du port seront imposables selon la proposition du technocrate du budget. Pourquoi voler un peu d’argent lorsque on peut voler beaucoup d’argent aux citoyens

    Liberté de Penser

    16 h 32, le 13 février 2021

  • Oui les dons faits à des associations d'intérêt général ouvrent droit à une réduction d'impôt à hauteur de 66% en France, raison pour laquelle nous avons été nombreux à faire des dons pour le Liban en France après l'affreuse explosion du 4 août. A quand des incitations fiscales aux dons au Liban? Y en a besoin!

    Marionet

    12 h 20, le 13 février 2021

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