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Société - Assassinat De Lokman Slim

La famille assure vouloir « coopérer entièrement » avec l’enquête libanaise

Reçue par Marie-Claude Najm, Dorothy Shea souligne l’importance de sanctionner les auteurs du crime « sans délai ni exception ».

La famille assure vouloir « coopérer entièrement » avec l’enquête libanaise

L’intellectuel Lokman Slim. Lokman Slim’s Office/HO/AFP

La famille de l’intellectuel chiite assassiné Lokman Slim, qui avait réclamé, dans la foulée de l’annonce de sa mort, une enquête internationale, a affirmé hier que toutes les informations selon lesquelles « elle ne coopère pas avec l’enquête des organes de sécurité libanais sont dénuées de tout fondement ».

Dans un communiqué publié par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), la famille a indiqué qu’il « lui importe d’assurer qu’elle coopère entièrement avec les autorités libanaises, qu’il s’agisse de la justice ou de la police, depuis les premières heures de sa disparition, et elle compte sur la justice libanaise pour dévoiler au plus vite les criminels qui ont planifié, commis et couvert l’assassinat ». La famille précise dans son communiqué que la référence à une enquête internationale « signifie réclamer une enquête qui, dans son efficacité et son professionnalisme, serait au niveau des investigations internationales ». Le communiqué souligne que Lokman Slim « n’a jamais voulu une autre nationalité que la nationalité libanaise, dont il était fier ».

L'édito de Michel TOUMA

Comme un vase communicant

L’intellectuel, éditeur et écrivain, de confession chiite mais farouchement hostile au Hezbollah, a été retrouvé assassiné dans sa voiture le 4 février au Liban-Sud, dans la région d’al-Adoussiyeh. Il avait disparu la veille au soir après s’être rendu chez des amis dans la région de Nabatiyé. Son épouse, Monika Borgmann, et sa sœur, Rasha al-Ameer Slim, avaient alors réclamé une enquête internationale sur son assassinat, disant ne pas avoir confiance en la justice libanaise. Cependant, une meilleure appréciation de la situation leur a permis, à froid, de réaliser qu’il était important de coopérer avec les enquêteurs.

Shea au ministère de la Justice

Lundi, l’ambassadrice des États-Unis au Liban, Dorothy Shea, s’est entretenue avec la ministre de la Justice du cabinet sortant, Marie-Claude Najm, avec laquelle elle a évoqué la nécessité d’une enquête rapide sur l’assassinat de l’intellectuel libanais. Selon le compte Twitter de l’ambassade américaine, la diplomate a dit avoir évoqué avec la ministre de la Justice « des affaires bilatérales importantes, ainsi que l’enquête sur l’assassinat de Lokman Slim et l’importance d’en sanctionner les auteurs (…) sans délai ni exception ». La diplomate avait condamné l’assassinat de l’intellectuel, qui entretenait des liens privilégiés avec plusieurs responsables américains, dont l’ancien secrétaire d’État adjoint pour le Proche-Orient David Schenker, dénonçant « une agression lâche contre les principes de démocratie, de liberté d’expression et de participation civique ».

« Dénoncer ne suffit pas »

Jointe par L’Orient-Le Jour, la ministre de la Justice a rappelé que dans un tweet publié le jour de l’annonce de l’assassinat, elle avait relevé que « dénoncer ce crime ne suffit pas » et que les graves circonstances que traverse le Liban « amplifient la responsabilité qui pèse sur les enquêteurs d’aller au bout de cette enquête, comme des autres ».

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Pour sa part, l’ambassadeur d’Allemagne au Liban, Andreas Kindl, a évoqué l’assassinat de Lokman Slim – dont l’épouse, la cinéaste Monika Borgmann, est de nationalité allemande – lors d’un entretien avec le président de la République Michel Aoun. L’ambassadeur « a souligné la nécessité d’assurer la sécurité de l’épouse de la victime et des membres de sa famille », selon l’ANI. La famille de Lokman Slim réside toujours à Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, connue pour être un fief du Hezbollah. L’ambassadeur d’Allemagne avait vivement dénoncé jeudi l’assassinat de M. Slim, « un intellectuel sans peur qui militait pour la paix et la réconciliation », par « des hommes de main brutaux et lâches ».

L’enquête

Sur le plan judiciaire, l’enquête se concentre pour l’instant sur les communications téléphoniques de Lokman Slim, sachant par ailleurs que les FSI possèdent les données relatives au portable de l’intellectuel assassiné. Localisé par GPS grâce à l’aide de l’ambassade d’Allemagne, sollicitée mercredi soir par la famille inquiète, le portable se trouverait en possession de Mohammad el-Amine, l’ami chez lequel il se trouvait avant son enlèvement, mercredi. Avec l’approbation des proches de l’intellectuel assassiné, il devrait normalement être remis aux enquêteurs avant jeudi, croit-on savoir.

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Par ailleurs, les enquêteurs tentent, grâce aux caméras de surveillance installées dans la région, de reconstituer le trajet parcouru par les criminels entre le lieu de l’enlèvement de Lokman Slim et le tronçon de route où il a été retrouvé, une quarantaine de kilomètres plus loin. Il s’agit pour les enquêteurs de savoir si les assassins se sont arrêtés en chemin, et où exactement, pour un éventuel interrogatoire de leur otage, avant de l’assassiner.

Cérémonies

Sur un autre plan, une cérémonie oratoire en hommage à Lokman Slim est prévue demain, place Samir Kassir, dans le centre-ville de Beyrouth, tandis qu’une évocation de sa mémoire plus développée se tiendra jeudi à la villa Slim, à Haret Hreik, où il avait installé le centre de documentation et de recherche Umam D&R. La cérémonie réunira, autour d’une stèle qui lui sera dédiée, des personnalités religieuses musulmanes et chrétiennes issues de toutes les communautés. Compte tenu de la foule des amis et proches qui devraient assister à la cérémonie, une force de police supplémentaire sera dépêchée pour réglementer la circulation autour du domicile. La cérémonie sera retransmise par certaines stations de télévision.

La famille de l’intellectuel chiite assassiné Lokman Slim, qui avait réclamé, dans la foulée de l’annonce de sa mort, une enquête internationale, a affirmé hier que toutes les informations selon lesquelles « elle ne coopère pas avec l’enquête des organes de sécurité libanais sont dénuées de tout fondement ».Dans un communiqué publié par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), la famille a indiqué qu’il « lui importe d’assurer qu’elle coopère entièrement avec les autorités libanaises, qu’il s’agisse de la justice ou de la police, depuis les premières heures de sa disparition, et elle compte sur la justice libanaise pour dévoiler au plus vite les criminels qui ont planifié, commis et couvert l’assassinat ». La famille précise dans son communiqué que la...
commentaires (1)

Pour être blanchi, le parti qui a été accusé d'emblée sans preuves, aurait intérêt à prouver son innocence en aidant l'enquête à découvrir les assassins quels qu'ils soient, sans hésitation. Encore, faut-il qu'il condamne officiellement le crime. Son silence est perçu de mauvais œil, et laisse planer le doute.

Esber

09 h 00, le 09 février 2021

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Commentaires (1)

  • Pour être blanchi, le parti qui a été accusé d'emblée sans preuves, aurait intérêt à prouver son innocence en aidant l'enquête à découvrir les assassins quels qu'ils soient, sans hésitation. Encore, faut-il qu'il condamne officiellement le crime. Son silence est perçu de mauvais œil, et laisse planer le doute.

    Esber

    09 h 00, le 09 février 2021

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