L'explosion d'une mine terrestre dans l'est de la Békaa, près de la frontière avec la Syrie, a blessé deux ressortissants syriens âgés de 28 et 29 ans, a indiqué une source sécuritaire à notre correspondante Sarah Abdallah. L'incident s'est produit dans la nuit de jeudi à vendredi dans la région de Anjar.
D'après la source sécuritaire, les deux hommes ont rapidement été pris en charge par la Défense civile, avec le soutien de membres de l'armée, avant d'être transférés à l'hôpital de la Békaa à Taalabaya. Sans apporter de précisions sur la gravité de leur état de santé, la source indique que les deux victimes sont toujours en vie.
L'explosion accidentelle de mines antipersonnel, disséminées dans de nombreuses régions au cours de la guerre civile et des conflits successifs traversés par le Liban, est un fléau qui continue chaque année de faire des victimes. Environ 40 % des mines n'explosent pas au moment de l'impact initial, mais restent sous le sol et explosent lorsque des civils marchent dessus, parfois des décennies plus tard.
15 000 hectares piégés
Lorsque les opérations de déminage ont commencé au Liban en 2000, menées par l'armée libanaise en coordination avec plusieurs organisations internationales (dont l'ONG britannique Mines Advisory Group) on estimait qu'environ 15 000 hectares étaient piégés par des mines antipersonnel et des munitions non explosées. Si 80 % des zones auraient été « décontaminées », une proportion non négligeable du territoire demeure truffée d'engins explosifs.
Pendant ses 18 années d'occupation du Liban-Sud, puis la guerre de 2006, l'armée israélienne aurait posé environ 400 000 mines antipersonnel et antichar dans les zones frontalières d'après des estimations.
Plus récemment, des combats liés à l'occupation de plusieurs régions de l'est du pays et de l'Anti-Liban, entre 2013 et 2017, par des membres des organisations État islamique et du Front al-Nosra, a largement contribué à piéger le sol de la région. C'est ainsi qu'un autre incident survenu en février 2022 près de Ras Baalbeck, une des villes les plus touchées par la présence djihadiste avec Ersal, a coûté la vie à un jeune Libanais et blessé un autre. D'autres engins explosifs ont été installés par l'armée syrienne le long de sa frontière avec le Liban pour lutter contre la contrebande d'armes.
Selon le rapport annuel de l'Observatoire des mines publié en novembre dernier, 4710 personnes ont été blessées ou tuées par des mines et des restes explosifs de guerre (REG) en 2023.
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