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Politique - Sécurité

Fahmi admet un « court flottement » avant la reprise en main de la situation

Le ministre de l’Intérieur, dont le nom a été conspué ces jours derniers à Tripoli, affirme que les FSI ont été « surprises » par l’ampleur de l’attaque contre elles.

Mis en cause par une partie des protestataires dans la tournure prise par les manifestations et les émeutes à Tripoli la semaine dernière, le ministre de l’Intérieur, Mohammad Fahmi, s’explique en affirmant que le Liban a échappé à un scénario dramatique. Selon lui, ce qui se préparait à Tripoli était destiné à avoir un effet boule de neige qui aurait dû embraser tout le pays, n’était-ce la réaction qu’il assure rapide des forces de l’ordre dans toute leur diversité. S’il admet qu’il y a eu un « court flottement » au début, étant donné que nul ne s’attendait, selon lui, à la violence des attaques contre les Forces de sécurité intérieure (FSI), il a été rapidement dépassé et la coordination s’est renforcée entre les différents services, l’armée et les FSI pour rétablir l’ordre dans la ville et couper la voie à toute extension des émeutes à d’autres régions du pays. Ce sujet a d’ailleurs occupé l’essentiel de la réunion sécuritaire de coordination à laquelle avait appelé le ministre de l’Intérieur, jeudi dernier. Mohammed Fahmi assure à L’Orient-Le Jour que tout avait commencé comme des manifestations ordinaires contre les mesures de confinement et en guise de protestation contre la crise sociale et économique. Les forces de l’ordre se trouvaient en état d’alerte, mais les rapports sécuritaires n’avaient pas prévu l’ampleur des débordements, ni même « l’existence d’un plan global pour détruire et effriter l’État libanais », selon ses termes. Il estime que c’est sans doute là une lacune. Selon lui, non seulement les FSI et les différents services manquent d’effectifs, mais de plus, leurs informateurs – sur les rapports desquels ils basent généralement leurs prévisions – peuvent travailler pour plus d’une partie, en cette période de crise sociale et d’effondrement de la monnaie. Selon la version du ministre, ce qui a mis la puce à l’oreille des responsables sécuritaires, c’est l’attaque – qui a précédé les débordements – contre une position des services de renseignements des FSI à l’entrée du sérail de Tripoli. Les gardiens de cette position n’étaient pas préparés à y faire face et ils ont malgré tout réagi, obligeant les attaquants à reculer et à se diriger vers le bâtiment de la municipalité. Le ministre est catégorique : il n’y avait pas 600 éléments des FSI à l’intérieur de la municipalité, mais une centaine. Plus tard, près de 125 membres de l’unité des commandos et de la force de frappe des FSI les ont rejoints. Au total, il y avait donc près de 225 éléments des FSI pour défendre la municipalité. La violence des attaques les a surpris et ces forces n’étaient pas, selon lui, préparées à faire face à des bombes militaires. Les assaillants ont en effet utilisé 16 bombes, des armes militaires, et 600 cocktails Molotov, qui sont généralement fabriqués sur place. Des feux d’artifice ont aussi été utilisés et, en général, ils sont chers. Les affrontements ont fait au final 72 blessés parmi les éléments des FSI, dont 5 officiers, et 31 blessés au sein de l’armée. « Ce qui signifie, précise-t-il, que nous nous trouvions devant un acte prémédité. Dans ce cas, il faut immédiatement se demander qui l’a planifié, qui l’a financé, qui en a bénéficié et qui l’a exécuté. »

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En réponse à une question, il insiste sur le fait qu’aucune unité de pompiers ne se trouvait à l’intérieur de la municipalité. Au contraire, il dit avoir lui-même appelé ces derniers au secours, lorsque le bâtiment a été incendié, mais il a fallu du temps pour leur assurer une voie sûre qui leur permette d’arriver sur place.

Pour M. Fahmi, les FSI ont fait de leur mieux pour protéger le sérail. Il affirme qu’il a évidemment une autorité hiérarchique sur le directeur des FSI, le général Imad Osman, et sur le chef des SR, le général Khaled Hammoud. « Même s’ils ont des affinités avec certaines forces politiques, ils restent des militaires et respectent la discipline et la hiérarchie. Ils ne prennent pas leurs ordres du courant du Futur et notre collaboration ne connaît aucun couac », dit-il. Pour le ministre, la seule lacune de la part des services de sécurité, c’est de ne pas avoir prévu l’ampleur de l’attaque. Il y aurait eu aussi un certain flottement au niveau de l’arrivée des renforts. Tous ces points ont d’ailleurs été évoqués lors de la réunion sécuritaire organisée au ministère de l’Intérieur jeudi après-midi, à laquelle ont participé, à la demande de M. Fahmi, le général Joseph Aoun, commandant en chef de l’armée, le général Osman et les chefs des différents services de sécurité. Le ministre a même demandé au général Aoun de tenir une réunion similaire à Tripoli, entre tous les responsables militaires et sécuritaires de la région du Nord. Celle-ci a eu lieu samedi, sous la présidence du chef des opérations militaires de l’armée, le général Jean Chidiac, délégué sur place par Joseph Aoun. « Nous avons ainsi neutralisé un plan de déstabilisation qui voulait que l’étincelle parte du Liban-Nord et s’étende ensuite à tout le pays », affirme M. Fahmi.

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Dans cette affaire, près de 18 personnes sont arrêtées et l’enquête se poursuit. Le ministre de l’Intérieur ne peut donc encore rien divulguer. Mais son impression est qu’il pourrait très bien y avoir une dimension terroriste dans les incidents de Tripoli.

Des parties étrangères, comme la Turquie, seraient-elles impliquées dans ces incidents ? « Pour l’instant, rien ne permet de dire cela », répond le ministre. Toutefois, certaines informations parues dans les médias précisent que le général Osman aurait demandé à ses hommes d’apprendre le turc... M. Fahmi répond : « Certaines ambassades offrent des bourses, en même temps que des aides, pour ceux qui veulent apprendre la langue du pays. C’est le cas de la Grande-Bretagne, de l’Espagne, de l’Italie, de la France et aussi de la Turquie. Ceux, au sein des FSI, qui le souhaitent, peuvent donc bénéficier de ces bourses. C’est aussi simple que cela », dit-il.


Mis en cause par une partie des protestataires dans la tournure prise par les manifestations et les émeutes à Tripoli la semaine dernière, le ministre de l’Intérieur, Mohammad Fahmi, s’explique en affirmant que le Liban a échappé à un scénario dramatique. Selon lui, ce qui se préparait à Tripoli était destiné à avoir un effet boule de neige qui aurait dû embraser tout le pays,...

commentaires (4)

Ce n'est pas le pays que les manifestant veulent détruire, mais la classe qui le dirige. Ca s'appelle une révolution, qui veut sauver le pays. Tout le contraire de ce que ce petit ministre dit!

Bachir Karim

14 h 19, le 02 février 2021

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Commentaires (4)

  • Ce n'est pas le pays que les manifestant veulent détruire, mais la classe qui le dirige. Ca s'appelle une révolution, qui veut sauver le pays. Tout le contraire de ce que ce petit ministre dit!

    Bachir Karim

    14 h 19, le 02 février 2021

  • Comme par hasard. A chaque fois que les libanais se révoltent ils les associent à des agents étrangers œuvrant pour la destruction du pays. Alors que les destructeurs ont le monopole depuis des décennies et se réclament ouvertement agents spéciaux des ennemis de la république, eux ne sont aucunement inquiétés et continuent leur sape au nez et à la barbe des responsables politiques dans son ensemble. Une tragédie est en marche faute de solidarité ou par ignorance de la part des libanais. Même si à la base c’était un complot pour renverser le régime on aurait pu se montrer solidaire et renverser la vapeur pour sauver notre pays. N’est ce pas que l’union fait la force?

    Sissi zayyat

    11 h 38, le 02 février 2021

  • c'est bien ca . continuer a responsabiliser X, Y ou Z en laissant de cote le vrai responsable de la situation . LA MAFIA DES ANNEES 90-2021. PS. en exclure ceux 2020-2021 en tant que mafieux mais pas en tant qu'incompetents pour la plupart,

    gaby sioufi

    10 h 52, le 02 février 2021

  • Nous sommes malheureusement gouverné par une bande de menteurs, mafieux, incompétents et incapables. Impossible de croire a un iota de ce que ces gens disent!!!

    Hanna Philipe

    10 h 19, le 02 février 2021

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