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Nos lecteurs ont la parole

Le Liban entre Londres et Manchester

Je voyageais récemment dans un train en partance de Londres à destination de Manchester. J’étais en première classe et, à ma grande surprise, mes voisins étaient Sherlock Holmes et le Dr Watson.

Comme je lisais un journal arabe, ils ont déduit que je ne comprenais pas l’anglais et j’ai entendu la conversation suivante :

Dr Watson : Sherlock, tu es en train de suivre l’actualité de ce qui se passe au Liban ?

Holmes : Oui et de très près. Je suis curieux des événements et tout ce qui se passe là-bas m’intrigue au plus haut point.

W : Que penses-tu de l’enquête au sujet de l’explosion du port ?

H : Ce qui m’intrigue au plus haut point, je ne comprends pas pourquoi le juge d’instruction n’a pas encore demandé la levée du secret bancaire sur les comptes de tous les responsables au port ainsi que leurs familles. Tout compte suspect peut aider soit à définir les responsabilités au niveau du nitrate emmagasiné depuis des années dans le hangar n° 12, soit à découvrir d’autres magouilles financières.

W : Tu es vraiment au courant des plus petits détails. Pourquoi tu approfondis ce sujet à ce point ?

H : Tout d’abord, par curiosité. Tu sais à quel point j’aime m’attaquer à des événements presque insolubles. Ensuite, je suis intéressé de savoir comment les responsables libanais ou étrangers qui sont mêlés de près ou de loin à cette catastrophe vont s’en sortir. Quelles explications ils vont inventer. Quelles raisons ils vont avancer et quels coupables ils vont offrir aux Libanais.

W : Que penses-tu de la politique des États-Unis ? Ils sont quand même en train de mettre des moyens énormes pour dénoncer des politiciens véreux. Les sanctions qu’ils appliquent sont du niveau le plus élevé qui existe dans leur système judiciaire. Tu penses vraiment qu’ils ont des preuves solides ou c’est plutôt pour des raisons politiques ?

H : Il y a certainement des raisons politiques qui font que les États-Unis investissent tellement de temps et d’argent pour mettre au jour des preuves solides. Ce qui m’étonne dans le cas précis du chef du plus grand parti politique chrétien, c’est la véhémence et la conviction avec lesquelles lui-même et ses partisans réfutent les accusations de corruption.

W : Ils ont peut-être raison, puisque les États-Unis n’ont publié aucune accusation précise ni aucune preuve.

H : Oui. D’ailleurs, son beau-père, le président, ainsi que l’accusé ont demandé que les États-Unis dévoilent précisément les cas de corruption et preuves à l’appui.

W : Donc, j’en déduis que si les États-Unis ne présentent pas ces preuves, ces politiciens sont innocents.

H : Non, mon cher Watson. Ce n’est pas aussi simple que ça. L’accusé peut charger un cabinet d’avocats aux États-Unis et porter plainte auprès d’un tribunal américain. C’est déjà le chemin pour parvenir à prouver son innocence.

W : Mais ça coûte une fortune pour engager des avocats américains et engager des poursuites contre l’État.

H : Watson, as-tu idée, si les avocats parviennent à innocenter leur client, du montant des compensations financières que le tribunal va accorder à l’accusé ? La réputation faussement entachée d’un homme, surtout politicien haut placé, sera estimée à des millions de dollars. De quoi payer les avocats et gagner un pécule très intéressant.

W : Donc, je conclus que s’ils ne prennent pas la décision de se défendre, c’est parce qu’ils savent d’avance qu’ils vont perdre le procès et que les États-Unis détiennent des preuves accablantes.

H : Bravo cher Watson. Tu devances mes conclusions.

Dommage que le train à ce moment soit entré dans la gare de Manchester.


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Je voyageais récemment dans un train en partance de Londres à destination de Manchester. J’étais en première classe et, à ma grande surprise, mes voisins étaient Sherlock Holmes et le Dr Watson.Comme je lisais un journal arabe, ils ont déduit que je ne comprenais pas l’anglais et j’ai entendu la conversation suivante :Dr Watson : Sherlock, tu es en train de suivre l’actualité de ce qui se passe au Liban ? Holmes : Oui et de très près. Je suis curieux des événements et tout ce qui se passe là-bas m’intrigue au plus haut point.W : Que penses-tu de l’enquête au sujet de l’explosion du port ? H : Ce qui m’intrigue au plus haut point, je ne comprends pas pourquoi le juge d’instruction n’a pas encore demandé la levée du secret bancaire sur les comptes de tous les responsables au port...
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