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Société - Liban

À son tour, la LAU indexera les scolarités au taux de 3 900 livres pour un dollar

Sur les réseaux sociaux, les comptes de groupes d’étudiants de la LAU grouillent de protestations et d’appels à des manifestations.

À son tour, la LAU indexera les scolarités au taux de 3 900 livres pour un dollar

Le campus de la Lebanese American University de Jbeil. Photo d'archives DR

Au lendemain et à l’instar de l’AUB, la Lebanese American University (LAU) a annoncé mercredi à ses étudiants qu’elle indexera désormais ses frais de scolarité au taux de 3 900 livres pour un dollar (le taux employé dans les banques), au lieu de 1 500 livres (le taux officiel), comme cela était le cas jusque-là. L’Orient-Le Jour a pu vérifier, auprès d’une source de la LAU, que les scolarités en dollars resteront inchangées, mais qu’elles seront comptabilisées en livres libanaises suivant le nouveau taux de change adopté. Toutefois, toujours selon cette source, afin que les étudiants en difficulté ne ressentent pas trop cette différence de prix, l’université a décidé d’augmenter le budget des aides de presque 25 millions de dollars, soulignant que 65 % des étudiants à la LAU bénéficient d’une forme d’aide. D’ailleurs, les étudiants boursiers ont reçu un mail leur assurant que les aides qui leur seront versées seront réajustées sur la base de leur situation financière actuelle et du taux de change récemment révisé.

Ces assurances n’ont pas suffi à calmer les esprits. Ainsi, sur les réseaux sociaux, les comptes de groupes d’étudiants de la LAU grouillaient de protestations et d’appels à des manifestations. Sur une page Instagram, le conseil estudiantin de l’université se plaint de ne pas avoir été impliqué dans les discussions qui ont mené à cette décision, assurant que « les étudiants ne pourront pas payer leurs frais d’inscription à un taux de change supérieur » au taux de 1 500 LL/dollar. Un rassemblement pourrait avoir lieu demain devant le campus de Beyrouth, selon des sources estudiantines.

La lutte contre la dollarisation des frais de scolarité est une des principales batailles des représentants indépendants aux élections estudiantines à la LAU, qui ont remporté la majorité des sièges dans les deux campus de l'établissement universitaire.

Depuis le début de la crise financière et économique au Liban, il y a plus d'un an, les banques ont imposé des restrictions aussi drastiques qu'illégales sur les retraits des dépôts. La monnaie nationale, indexée sur le dollar, a connu une forte dévaluation. Il faut dernièrement plus de 8 000 livres pour un dollar au taux du marché noir. Toutefois, le taux de change officiel, en vigueur avant la crise, n'a pas bougé et demeure de 1 515 livres pour un dollar. C'est à ce taux que sont par exemple payés les salaires des employés du secteur public, ce qui a engendré un effondrement conséquent de leur pouvoir d'achat. De son côté, la Banque du Liban a mis en place un taux de 3 900 livres pour un dollar pour les retraits d'argent à partir de comptes en devises.

Les universités du pays ont déjà tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises depuis déjà des mois, se disant être en péril dans ce contexte de crise. Il y a quelques mois, des licenciements massifs ont eu lieu au sein de l'hôpital universitaire de l'AUB, l'AUBMC, provoquant un tollé.


Au lendemain et à l’instar de l’AUB, la Lebanese American University (LAU) a annoncé mercredi à ses étudiants qu’elle indexera désormais ses frais de scolarité au taux de 3 900 livres pour un dollar (le taux employé dans les banques), au lieu de 1 500 livres (le taux officiel), comme cela était le cas jusque-là. L’Orient-Le Jour a pu vérifier, auprès d’une source de la LAU,...

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Et comment échapper à ce dilemme: qui doit payer les pots cassés de la crise?

PPZZ58

19 h 11, le 09 décembre 2020

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Commentaires (1)

  • Et comment échapper à ce dilemme: qui doit payer les pots cassés de la crise?

    PPZZ58

    19 h 11, le 09 décembre 2020

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